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àTexamen d'une raison téméraire une grande portion du territoire qu'ils possédaient jadis tout entier : triste présage pour celle qui leur restait à défendre. Les sceptiques établissaient de plus, que, dans la vie co^lmune^, il fai-* lait agir d'après les apparences , et se conformer en conséquence aux institutions et aux usages reçus (i). Ils ne contestaient que les assertions qu'on roulait appuyer des démonstration» de la dialectique. Rs accordaient tout à quiconque renonçait à leur rien démontrer par des argumens : de là leur résistance inflexible contre les philosophes, leurs riraux , qui prétendaient forcer leur assentiment par uiie série de syllogismes , et leur indulgence po^Hs prêtres^qui n'exigeaient d'eux que des compiaisances^ extérieures. Ils s'y prêtaient sans répugnance. Pyrrhon ^ de retour dans sa patrie y qu'il avait quittée, pour sipcompagner Alexaiylre dans son expédition contre la. Perse, fut créé grand-prétrip par ses concitoyens , et s'acquitta conrenablement des devoirs de cette charge. Les sceptiques et les prêtres pouvaient vivre en paix. La tran-
(i) Sextûs Bm^ir. ID. i.
ag^ I>^ POLYTHEISME.
saction n'était point difficile entre Tamour'* propre des uns et Tintérêt des autres. Les religions sont moins menacées par Taxiome , que rien ne peut se prouver, que par la détermination de ne rien croire sans preuves^ Le scepticisme et la religion partent d'un principe qui leur est commun, c'est que la raison est insuffisante pour arriver à la vérité. Le scepticisme y renonce. La religion la fait descendre des cieux» Ârcésilas louait Hésiode d'avoir dit que le» dieux tenaient l'esprit bumain enveloppé d'un voile qu'aucun effort ne pouvait percer. Ce n'était qu'indirectement que le scepticisme pouvait devenir nuisible à la croyance publique , en accoutumant l'écrit , par l'incertitude, à l'indifiEérence , et eflB^iS'sant , par des agitations brusquement con-'.
traires , cette partie délicate de notre imagination qui répond à l'âme, et qui nous sert à nous élever, par le sentiment^ aunlessus des formules s^hes et sans ^ie qui^ ne sont qu'une invention de l'esprit. Le scepticisme avait ce danger , que les hommes superficiels s'en pouvaient enofgueillir , partir du pirincipe que l'examen anrëne le doute , pour se dispenser de l'examen, présenter comme le
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fruit d'une méditation profonde , ce qui n'était le fruit que de la frivolité et de la paresse ; en un mot, si Ton me permet cette compa* raison familière qui rend moi) idée» rester au gite au Ueu d'y revenir.
La philosophie sceptique avait été le résultat de la fatigue de l'esprit humain découragé par beaucoup de tentatives inutiles : la métaphysique &toïcienne fut le résultat de sa^ répugnance à demeurer dans le doute.
Le notn seul des stoïciens nous rappelle à dd grandes idées. Mous devons à cette secte admirable tout ce qui nous console dans l'histoire des siècles les plus avilis , et par conséquent les plus malheureux de l'espèce humaine ; mais nous n'avons point à l'envisager ici sous le point de vue qui commandera bientôt notre respect et notre enthousiasme. Le triomphe des stoïciens est dans la morale ; nous ne traitons maintenant que de leur mér taphysique , et nous la trouverons confuse et défectueuse.
Le but des stoïciens était de combiner entre elles les doctrines nombreuses des philosophes qui les avaient précédés, en choisissant dans ces^doctriues le^ parties suscept^>les d'être
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amélic^ées ou modifiées ^ et en les sëpatafnf an reste. Ce droit d'éleetiobqu^ils s'artoge&ietit rend Texposition de letir système assez difiBeile (i). Il est douteux, non seulement que ee système ait existé d'une manière uniforme dans la majorité de la secte, mais eàcôre que It même individu y ait conservé toujoui^s les «iêmes opinions* L'on a dû remarque^ ;c{ne , dans l'antiquité , le mot de Dieu ou de^ iftlure diyine s'appliquait tantôt à un objet, tantôt à un autre , couvent à plusieurs , quelquefois à tous ensemble. Les stoïciens, composant jleur philosc^hie de toutes tes philoë^phies précédentes , y transportèrent cette ebnfu* sioQ. Us i^pelèrent Dieu totar à tour Tuili^ i^.e^ , la matière élémentaire dont â 'élkit totmé , le principe a^tif auquel il devait Isa formation, l'âine du monde, la loi de la nature par laquelle les êtres existent, la ioi morale enfin , le soleil , les astres , et la destinée (2). En même temps ils l^e ireJË-^
(i') Cicer. Jtead, Quœst, IV. 6.
(a) TiedêimiQii, Syst. delà PRil, siëïcienne. 11. iB6. Lactànce ëtDiôgène Laërcé, 'lécrivai^ daàs un' temps oti k tedâaâee au théisme étàft doriiinantè ^ ^rêiémeni