‹ Du polythéisme romainChapitre 129 sur 134 · LIV. VIII. CHAP. H. $6j · texte numérisé non relu

LIV. VIII. CHAP. H. $6j

y joignirent les interprétations historiqueç, dont Euhémëre avait le premier donné l'exemple (i).

Il est facile de concevoir quelle impéné«trahie obscurité devait résulter de ce mélange informe, non seulement d'hypothèses , mais de locutions contradictoires (2); ajoutez que les écrits des fondateurs de la secte stoïcienne ayant tous été perdus , nous ne connaissons la métaphysique de cette école que par des philosophes qui avaient cessé d'attacher à la métaphysique une grande importance ; car rhistoire de la secte stoïcienne se divise en deux époquea distinctes ; dans la première , les stoïciens , professetirs avoués , enseignaient publiquement leur doctrine ; leur considération dépendait de leurs succès polémiques contre les philosophies rivales ; ils devaient, en conséquence 9 combattre avec des armes pareilles , suivre la méthode convenue , se

(1) Les stoïcieos adoptèrent avidement la doctrine des hommes déifies. Y. Baibus'ie Stoïcien jip, Cicew loco cii. et de Qffio, III. — G. Villoison , dans iSainle'- Crois dêsMysLp, 242.

(2) Meiners , de f^ero Deo, 458.

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livrer aux disputes usitées (i), et la métaphysique devenait ainsi leur principak ôccu{>ation (â). DaDsla seconde époque du stoïc£fôme, les stoïciens étaient des hommes d'état, fêtés dans le tourbillon de la vie active, quelquefois puissanSy souvent proscrits , presque toujours menacés* Aussi, verrons-nous, quand nous serons arrivés à cette époque , que cette situation leur inspira un profond dédain pour Aes questions abstraites , sans ^ applications immédiates , et dégénérant à chaque instant en subtilités et en logomachies' inintel- ' ligibles.

Enfin les stoïciens éprouvèrent le sort inévitable de quiconque veut concilier des opinions opposées. Us déplurent également à tous

les partis et tous s'efforcèrent , en défigurant

— Il ■ I I ■ I I I H pIWi— — il— — — —

(t) Gbrjsippe fit des efforts exti^aoïiliiiair^ pour ti'ouver la solution du sophisme ajppetë sorite. Bavik.

(si) La plupart des paradoxes que Plutarque , ou celui qui a écrit sous ce nom , reproche aux stoïciens dans le Traité sur les contradictions de ces philosophes sont tirés des ouvrages de Ghrjsippe. tl fit beaucoup de tort à don patti par ses paradoxes. Senec. deBênff. — £pict. £nchirid. I. lo. II. 16. le traitent très mal. Bayle , F'ay, article Chrysippe,

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leurs hypothèses» de les reodre plus absurdes. Si , malgré ces difficultés , on veut se faire une idée du système métaphysique des stoïciens, l'on trouvera que , partant de l'axiome universellement reconnu » que rien ne se fait de rien , ils établissaient une sybstance éternelle qu'ils nommaient le monde ; ils n'admettaient que cette seule substance , se rapprochant en cela de Xénophon; ils la faisaient matérielle et se servaient à cet égard des argumens des épicuriens, avec lesquels ils étaient d'ailleurs constamment en guerre (i). Cette substance contenait deux principes , l'un actif, l'autre passif (ii). Les stoïciens empruntaient d'Heraclite ou de Pythagore la supposition que le pi^ncipe actif était le feu (3) , et dononient à ce feu céleste, qu'ils considéraient comme raisonnable, les attributs et l'appellation de Dieu^ Us auraient dû convenir, en conséquence, que Dieu n'était qu'une partie du monde : mais ils appliquaient au monde entier la mêm*e dénomination. Le principe

(i) Diog. Lacrl. VII.

(a) Ib.

(3) Bruckei. I. 902. 19.

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actif agissait sur le principe passif , d'aplës des lois fixes , déterminées, immuables. Les lois avaient été des idées dans l'esprit divin avant d'être appliquées à la nature. Mais, de leur définition de la nature divine, découlait une fatalité plus invincible dans la doctrine stoïcienne que dans aucune autre ; cependant les sto^piens s'épuisaient en sophismes pour concilier avec cette fatalité la liberté de Thomme et la liberté de Dieu (i). Dieu, disaient-ils , n'obéit pas aux lois immuables , parce que ces lois et la volonté ne sont qu'une même chose : et, bien que Thomme n'ait auaucun moyen de se dérober a Itt^écessité qui pèse sur lui , l'homme peut être libre néanmoins , parce qu'il peut vouloijpj^ce que la nécessité commande. Ces sopihismes se leproduisent dans tous les systèmes-. Les modernes n'ont pas le droit de reprocher aux stoïciens leurs mauvais raisonnemens , car ils ont à lutter contre les mêmes difficultés dans [leurs hypothèses ; et tant qu'ils recourront aux raisonnemens, ils n'en trouveront pas de meil-

(i) Senec. deProvid, — Clean^h.^/i. Epiei, Emehir» cap. 5a. — Senec . Episi. 107 et de Ben^, VI. a3.

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