‹ Du polythéisme romainChapitre 130 sur 134 · LIV. VIII. CHAP, II · texte numérisé non relu

LIV. VIII. CHAP, II

leurs. Malgré la fatalité qui découlait nécessairement de leur système , les stoïciens répugnaient à abandonner l'idée d'une providence particulière , à laquelle ils tâchaient d'arriver par une route qui seiùble ûMiiduire à un terme tout opposé. Us prétendKnt conclure de ce que les dieux gouverniMpnt le monde par des lois générales , qu'ils présidaient aussi au sort des villes et même à celui des individus, ajoutant que les grands hommes ne seraient jamais devenui(||els, sans une assistance divine* Mais il est probable que cette opinion , qui contrastait avec leurs premiers principes, était plutôt celle de quelques philosophes , que celle de la secte entière, car ceux ttiêmes qui la professaient retournent sans cesse au dogme de la nécessité , de la destinée, à laquelle tout ce qui existe doit se soumettre sans murmure.

Les'stoïciens n'étaient pas d'accord entre eux sur l'immortalité dej'âme (i). Quelques-uns considéraient l'âme comme mortelle ; d'autres

(1) Diog. Laert. "VII. — Cicer. Quœnt. Tusc. I. '^x. — Sencc. Ep/sl. 5o. de Ira. 1^3. — Plutarch. de Décret. Phys. Philos. ÏV. de Bep, Stoiû.Jtdv. Sioic,

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ajournaient sa destruction jusqu'à Tembrasement général du monde ; d'autres supposaient, après cet embrasement , le retour des âmes dans leurs anciens ccnrpr, et des puti^Q* cationsgÉdes punitions et des récompenses.

Nous^^fvons souvent , sur ce point , dai^s le méflfe philosophe , des opinions contraires. Sénèque semble quelquefois ne s'exprimer qu'a?ec tristesse et incertitude (1) ;. d'aut];e$ fois il présente ses eçpérances comme des a^sertiont^sitives (a). Il est difiGicile dans tous les temps , il était difficile , surtout dans le siècle de Sénèqy ç , de ne pas céder au besoin , de s'élancer vers un autre monde.

Les rapports de la métaphysique stoïcienne avec le Polythéismé.populaire ne sont pas très différens de ceux du platonisme avec la même croyance. Les stoïciens pensaient que du feu primitif s'étaient formés beaucoup de dieux , de génies et de démons subalternes (3). Les

(1) Foirasse y si modo sapientîum fama vera est, recepitque nos locus aliquisuem putamus , etc. Episi, 63. ^

(q) In Consolât, passim.

(3) Plut, de Stoic. Repugn.

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asiles ^aieot, à leurs yeux , des diviait^ ( i J; ; i^assignarent le même raag à toutes les parties dé I9 nature. L'allégorie enfin venait à leur secours. Les dénominations de la religion publique leur servaient à désigner les divers attributs de l'Etre suprême (a) ; mais on doit appliquer aux conformités apparentes de la métaphysique stoïcienne avec le Polythéisoie ce que nous avons dit des conformités du mêaaie genre qui $e reopiarquent dans les Hy« pothè8e$ de Platon : celles-ci tendaient au théisme. Le panthéisme était le résultat nécessaire de la philosophie des stoiiciens.

Cette • tendance ne peut être contestée , malgré les efforts de quelques (sectateurs cle cette philosophie , pour s'élever au théisme d'une part, et pour conserver, de l'autre , ces déterminations du Polythéismie : la définition que Ghrysippe donne de Dieu montre qu'il ne le distingue p^^de l'univers. Presque tous les argumens que Cicéron o^et dans la bouche des stoïciens procurent plutôt la Diviqité. du monde en lui-même que celle d'un être.^i^aré

•"(i) Cicer. rftfiVa/. J9«w>r.

(2) Diog. La«rjL,. \1|.

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