‹ Du polythéisme romainChapitre 28 sur 134 · LIV. I. CHAP. m · texte numérisé non relu

LIV. I. CHAP. m

ailleurs le Dieu plus féroce que ses ondes (i). li le peint toutefois ici élevant au-dessus des vagues sa tête paisible , et cette inexactitude a entrainé dans la même faute Silius Italicus, son seryile imitateur. L'erreur de Virgile s'explique de deux manières. Premièrement , à l'époque à laquelle il écrivait, on commençait à modifier, sans y regarder de près , les dogmes mythologiques; et en second lieu le progrès des idées avait fait sentir la convenance de donner une espèce de calme même aux Dieux en courroux, pour ne pas les montrer dégradés par la colère (2).

Il est impossible de traiter une mythologie que l'on étudie pour s'en servir poétiquement, avec le même respect qu'une religion que l'on professe. Le scrupule d'auteur ne remplace pas la ferveur de la foi. De la vient que l'Enéide est beaucoup plus froide que l'Iliade et l'Odyssée. Les fables de Virgile sont à peine de la mythologie, parce qu'elles ne spnt plus du tout

de la religion.

(i) Suisgue imnumior undis. V, He/ne. Excurs» ¥^, ad, jEnéid. I. '

(2) On peut consulter sur ce passage Homé*s EUnuns

lO DU POLYTHÉISME.

Cependant, nous n'en disconYiendrons pas, Virgile , en imitant les fables d^Homère , répanddans CQS fable^ plus d'idées iaorales que le poète dont il les emprunte (i j. L'atmosphère wyîronnante n'est jamais sans quelq^ilnfluence.

Mais ces traits fugitifs ne suffisent pas pour former un tableau , et il n'en est pas moins vrai que le poème de Virgile, n'offre sous aucun rapport une peinture exacte du Polythéisme ro'^ main. '

Ce Polythéisme ne se trouve fidèlement représenté que dans les ouvrages historiques et philosophiques de quelques anciens, particulièrement dans ceux de Cicéron , de Tite Live^ et de Denis d'Halicarnasse. Nous plaçons à regret Denis d'Halicarnasse avec deux hommea qiijilui sont fort supérieurs ; maïs son attentiçn scrupuleuse a rapporter tout ce qu'on avait dit

ofcriUcism , où l'auteur anglais fait plusieurs objections contre la description du poète.

(ij Sigenus humanum et mbrtalia somnitis arma . At sperate Deos mèmores fandi aique nefandi

Disc. dlon. à Did. Mnéià. i. 542-5^3.

Di tibi , . si qiia pios respectant numina , siquid Usquamjustitia est , et mens sihi conscia recti. Prœmia digna ferant,

Disc, d'^nëe à Di<Ion. ib. 6o3*6o5.

UV. I. CHàP. IV. Il

aryant lui ^ bien quelle soit souvent fastidieuse et fatigante^ le rend , pour tout ce qui concerne les antiquités de Rome, d'une éminente utilité».

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