‹ Du polythéisme romainChapitre 31 sur 134 · Tome I · texte numérisé non relu

Tome I

t8 polythéisme.

Presque toutes les nations livrées â des passiops énergiques . penchent vers le fatalisme^ Nous en voyons la preuve chez les Arabes et les Scandinaves (i). Ces nations se sentent en quelque sorte entrainées par une impulsion irrésistible , elles se pénètrcQt de la croyance d'une destinée qui les protège ^ et cette croyance fortifie la passion dominante qui en a suggéré Fidée,

L'espérance qui , dans un peuple , est une vertu, parce qu'un peuple n*est jamais oppripié jpÀ esclave que quand il le veut , r^spérançe avait son temple au milieu de Rome. 11 fut trois fois consumé par la foudre , mais les Romains le rebâtirent toujours.

La, Grèce nous présente quelques exemples du culte dçs vertus ou des qualités morales.

La Vénus Apostrophia de Thèbes (2) et de Mégare (3) ressemble à quelques égards à Ténus Yesticordia. Pausanias nous parle des autels élevés dans Athènes à là pitié (4), à la vigilance,

(i) Maltet, Introd. i.gS.

(3) Païuan. IX. 6.

(3) Ib. I. 4o.

(4) Ib. Att. 17.

UV. I. CAAP. IV. 19

i la chasteté, à la renommée (1).' Corlntheeh ayaît dt^éé à la nécessité et à la force (2) , Sycione (3) et Argos (4) à la persuasion , Olympîé à Foccasion et à la coqicorde (5) ; mais la plupart déë autels consacrés en tïrèce à des divinités de ce genre , aé tenaient point aux événemens ni aux doctrines publiques. Us étaient construits par des individus , pour perpétuer le souvenir de qudqu'incident particulier.

Ainsi le père de Pénélope, Icarius , fit , dit-on, hàdr un temple à la pudeur (6) , sur le Ueu même t)ù Isa fille , emmenée par Ulysse , avait baissé modestement sonToile en silence, comme rougissant de suivre un homme, bien que cet homme fût son époux.

n y avait , dans la religion Romaine , une classe de divinités qui existaient à peine dans là ' religion greccpie ; je veux parler des Dieux agricoles. Lé polythéisme des Romains était

(i) H. Corinth. 4.

(a) Id. ib. 7.

(3) Ih. ib. ai.

(4) F'. Meursîus. <-'

(5) Pausan. , EIM. chap. XIV.

(6) Ih. m. 30.

"10 POLYTHEISME.

GSflentiellenieiit lié à lagricuiture ; RomulQtf avait institué un collège de douze sacrificateurs des champs (i). Les statues de Séja, déesse de» semailles , et de Ségéta , déesse des moissons , se voyaient encore dans le grand Cirque du temps de Pline. Les Dieux du premier polythéisme grec étaient presque exclusivement guerriers* Ceux même dont les fonctions ne semblaient pas les appeler aux combats , y étaient entraînés par l'exemple des autres ; rien de plus naturel, puisque l'imagination qui avait créé ces dieux était celle d'un peuple belliqueux et d'4ine époque uniquement vouée à la guerre chez les Romains. Malgré leur amour pour le$ conquêtes, la classe agricole prit, dès l'origine, une grande consistance. Or l'agriculture implique beaucoup pfbs de notions d*utilité , de j ustice , et de douceur , que la vie militaire. En conséquence, les divinités agricoles des Romains contribuèrent , plus qu'on ne l'a observé jusqu'à présent , à répandre des Él^es morales dans leur religion.

(i) 11 se mit lui-même du nombre de ces sacrificateurs, •et la traduction rapporte que les autres étaient les onze iils de sa nourrice Acca Laurenlia.

r LiV. I. CHAP. V. yi

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