CHAPITRE VI
Continuation du même sujet.
Deux fêtes dans l'aniièe immortalisaient chez les Romains la destMiction de la tyrannie. Dans toutes les deux , la fuite précipitée du Roi des sacrifices retraçait au peuple républicain la fuite des Rois qu'il avait chassés (r). Ce Roi des sacrifices ne pouvait occuper aucune charge nnlitaire ou civile ; il ne pouvait être condamné à mort pour aucune cause (2). Ce privilège rappelle celui que les Bramines réclament aux Indes. Il tenait peut-être à Torigine étrusque du sacerdoce romain.
Trois jours étaient consacrés â célébrer, Tal- Iknce de tous les peuples Latins, cette première base de la grandeur Romaine (3). On y adorait Jupiter sous le nom de Latialis (4).
La fête d'Anna Perénna avait un triple
(i) Deo. d^HaL V. 1.
(2) Serv. , ad. JEnélà. VIL
(3) Dca, d'Haï. VI. 2, (4)ft,IV.^i.
30 1?0ITTHÉISMB.
sens. C'était d'abord une fête astronomique, celle du renouvellement de l'année , et comme telle , il est probable qu'elle était un héritage de l'ancien culte du Latiùtn. Les Bomains lui donnèrent ensuite une signification historique , en la combinant avec&la fête de la bieur fabance , et en désignant sous le nom d'Anna Perenna la vieille femme qui avait nourri les plébéiens , durant leur retraite sur le Mont^Sacré. Plus tard , lorsque la religion , se dénaturant j devint un objet d'amusement arbitraiçie, les poètes préférèrent une tradition plus mythologique et firent d'Anna la sceur. de Didpp. Cette dernière tradition est clairement d'une date postérieure aux deux premières ; elleçou^ vient à /Une> religion qui tQfÇ.bç et dont o;ei se joifie , Jbien jplus qu'à Ja religion grave et.so]|ç^ Belle des romains ; tout ce que. dit Ovide de,jb gaité d'Anna, est l'invention d'un poèb|.qtii s'amuse à réunir et à diversifier des faUes.auxquelles on ne croit plus.
A l'une des solemnités de la fortune forte ou virile V on avait conservé Tusage de rendre hommage , par une juste exception , à la mémoire de Servius-Tullius , de ce roi populaire qui avait médité sur le trône l'établissement de
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la république (i ). Mais on avait fait servir avec adresse la fête même d'ufa roi à renouveller dans le^ âmes romaines la haine de la royauté. Là statue dé Sehrius TuUius , victime de Timpiété filiale, pariiissait voilée au milieu du tétiipie ; elle s'étiaît vbîlée , dîsâît-on , parce qu^un jour , Thorrible TuUie avait osé se ptsé- Sèntè'r devant elle; et dti fond des abintés une voix i'était écriée : CÊtchëz le visage dta pèife à la fille ioiaù'dîte qui à foulé lé corps paternel. iSàsi 'j dvaicfut àQhéë , réponse ^de Tarqiiiiii se toyaît feipéfe Vl'anàthfemé, éftfes Romains appi*enàiënt dé la sorte , dans lès cérémonies de leiÀr cùfte j à connaître lliistmre dé leur paMe ^ et â chèHr ites hi^titutiôns.
CEAVîTtiE Vn.
Du sàcèàlôee chez tet Romains.
Il est facile de prévoir , d'après la composition du polythéisme romain, que l'organisation du sacerdoce dût être difiGéfente à Rome
(i) Den. d'Haï. , FV. 6-9. Til. Lîv. 1 , 48.
Z^ POLTTHÉlgME.
de ce qu'eUe était en Grèce. Les Romains tirant leur origine d'un peuple soumis à des corporations sacerdotale&i , pareilles, sous plusieurs rapports , , à celles des Brames , des Druides ou des prêtres de l'Egypte , conservèrent beaucoup de vestiges de cette hiérarchie consacrée.
Il se pourrait même qu'il y eût eu chez eux des traces de la division en castes, division qu'il ne serait pas surprenant de retrouver en Etrurie, puisque les Etrusques avaient emprunté plusieurs choses des Egyptiens. La difrférence entre les patriciens et le» plébéiens ^ l'opinion qui déclarait ces derniers incapables de prendre les auspices , c'est-à-dire de vaquer aux cérémonies religieuses , les obstacles opposés par les lois à toute alliance entre ces deux ordres , , rappellent à beaucoup d'égards cette institution ; il suflSt , pour s'en convaincre , de lire attentivement dans Tite^^Live ( i ) , les harangues des tribuns et des consuls , sur la proposition de permettre les mariages mégaux. La crainte que les patriciens témoignent du mélange^des deux races , l'horreur qu'ils
(i) Tit. Liv. IV. a-5.