‹ Du polythéisme romainChapitre 46 sur 134 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Résultat.

Malgré CCS taches légères et inévitables , le polythéisme romain peut être considéré comme }0 polythéisme porté à son plus haut point de perfection. C'est de toutes les religions qui oot pris pour base la pluralité deê Pi0ux , celle cpii a tiré de cette croyance le plus dà tnoyens d- iafluer utilement sur l'esprit > les mc^urs et les passions de se»adhérens.

Etroitement liée à l'état , elle servait à la fois -et^d'appui à la morale et de gâranlie à la con* stitution politique. Elle gravait profondément dans les âmes la sainteté du serment. On sait

5a POIYTHÉISME. '

ooininâit Pol^be oppose le scrupule avec le^ quel Les Romains gardaient la ^ foi promise /à L'infidélité et aux nombreux parjures de»

Grecs (i).

Tous les historiens nomains sont remplis de.

faits qni prouvent l'influence de leur culte, même au milieu des troubles civils. Lorsque Camille veut empêcher ses concitoyens de quitter Rome, pour s'établir à Veïès, après l'expulsion des Gaulois, c'est à leur sentiment religieux qu'il s'adresse , et chaque phrase de sa harangue atteste l'union intime de ce sen-tîment avec tous les souvenirs, toutes les ins-^ titutions, toutes les habitudes (2). Lorsqu'un étranger, devenu maître de la capitale pendant les guerres civiles , promet aux esclaves la liberté, aux pauvres les richesses, aux débiteurs Fabolition des dettes, aux Plébéiens la destruc*' tion de l'ordre privilégié , tous regardant ses propositions comme sacrilèges , les repoussent avec horreur ;Y3). Au milieu des dissentions acharnées que causait toujours la proposition

— -Wî

(i)DenJHar. H, 4' (a) Ht. Lir. , V. 5i-54, (3) Den. d'Haï. X. 3.

LIT. I. CUAP. \. h^

de la loi agraire, les jeuues patriciens veulent interrompre les délibérations du peuple , ils se rendent en foule sur la place publique, dispersent les votans , renversent les urnes destinées à recueillir les suffrages ; mais à 1 ap- .parition dey Tribuns , personifes sacrées , cette jeunesse fougueuse reculé avec respect , et leurs^ rangs s*<tuvrent pour leur faire place.

Ainsi, le polythéisme romain protégeait, de sa puissance invisible et mystérieuse, des institutions qui n'étaient pas sans doute paroles, mais qui certes obtiendront notre respect, si nous réfléchissons qu'un grand peuple leur £^^dû six siècles de liberté.

D'autres polythéismes , celui des Egyptiens , pav exemple , ont pu exercer une influence plus illimitée encore. Mais ils devaient au clt- Hi^t une grande partie de leur ascendant , et l'on ne peut juger, d'après ces religions , le |K>lythéisme laissé à ses propres forces , au lieu que la religion romaine nous présente, dans toute sa pureté , le résultat de cette croyance élaborée par l'esprit humain, et portée au plus haut degré de régularité et de perfection dont elle soit susceptible.

54 POtTTHÉISHE.

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