CHAPITRE V
Des rapports du Polythéisme soumis aux prêtres,
avec ta morale.
Dans le polythéisme sacerdotal , les prêtres, maîtres du peuple, se hâtaient de lui donner un code de lois. Au lieu de se répandre dans les diverses fables et de se fondre, comme en Grèce, avec la partie de la croyance qu'on peut nommer historique, la morale compose un corps de doctrine. Mous la trouvons sous cette forme, dans le Yendidad des Perses, dans THavamaal des Scandinaves , dans le Samavedam des Indous. ( Y. la Préf. franc, du Bk.
Gità , p. V. )
Il s'ensuit que les Dieux, au nom desquels on a promulgué ce code , ne sont pas seulement des juges , mais sont aussi des législateurs. Ils créent la loi morale ; ils peuvent la changer. Ils déclarent ce qui est mal et ce qui est bien. La règle du juste et de l'injuste est bouleversée. Une révolution incalculable est produite dans la conscience de l'homme. Les actions tirent toute leur valeur du mérite que les Dieux y attachent. Elles ne leur plaisent plus, parce
qu'elles sont bonnes : elles sont bonnes , parce qu'elles leur plaident.
. U s'introduit dans la morale deux espèces de crimes et deux esp^es de' devoirs; ceux qui sont tels par leur nature , et ceux que la religion déclare tels. Mille choses sans utilité réelle de- Tiennent des vertus; mille choses sans ip^ fluencé nuisible sont transformées en crimes.' Ce qui ne sert de rien aux hommes peut être exigé par les Dieux. Ce qui ne blesse personne peut les oflfenser. Les délits factices sont punfo avec plus de rigueur qu^ les véritables, tes premiers sont des péchés , tandis que les seconds ne sont que deç fautes. Chez les Perses, enterrer un chien , jeter de l'eau sur le feu (i) { chez les Égyptiens, causer involontairement Ih mort d'un animal sacré (2) ; aux Indes , franchir, eYi s'approchant d'un membre d'une autre caste, la distance ordonnée , ou rompre une branche de figuier (3) , sont des actions non moins sévèrement dëfendues que la violence ,
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(i) Hydc , 1. Strabon.
(2) Dîod. L 2.
' (3) Préf. Bahguat Gila , p. 62.