LIV. II. CHAI». V
b tyrannie et le meurtre. Les prêtres arméniiens pardonnent tes attentats les plus noirs , plutôt que Tinfraction de$ abstinences prescrites (i). Un Yoyageur raconte que des brigands lUy riens tuèrent le chef qui depuis longtemps les con* di«sait au carnage , et dont ils admiraient et imitaient la férocité , parce qu'il avait bu du lait dans im jour de jeiiBie (2). Aucun forfait , disent les Turcs , ne ferme les portes du ciel à celui qui meurt en jeûnant (3). Suivant le code des Gentous , Fhomme qui lit un shaster hétérodoxe est aussi coupable que s*il avait tué son ami. Le Bahguat Gita place Tamour du travail et Findustrie de pair avec Fintempérancé et les désirs déré^s (4) • ^ Lç polythéisme grec est en général étranger aux devoirs factices. Cependant, nous trouvons dans Hésiode quelques actions innocentes ou indifférentes qui sont défendues comme outrageant les Dieux (5) : et les préceptes de ce
(i) Tournent , Voyage aa Lèvent. IL 167^.
(2) Taube , descript. d'Ë^claTonie I. 7 5.
(3) Chardin , FV, 157.
(4) Bahguat Gita. p. 1 24*
(5; P^. CEuY. cl Jouru. 725-738.
poète ont à cet égard , pour le fonds ainsi (Jtlè pour ia forme , assez de rapport avec ceux qui sont inculqués dans les religions sacerdotales. C'est qu'ils en étaient probablement emprunt tés , à rinsçu même d'Hésiode ^ qui les ayait recueillis , sans s'informer de leur origilte. Mais ils n'avaient aucune influence sur la mo-^ raie de là religion grecque, telle fu'elle était conçue par le peuple.
Dans les religions sacerdotales , au contraire, l'homme , garotté par tant de commandemens et tant d'interdictions arbitraires, s'agite eii aveugle dans l'espace insuffisant qui lui reirtiè. De quelque côté qu'il se tourne, il se sent froissé dans sa liberté. BienWt, il ne distingue plus le bien d'avec le mal , ni la loi d'avec }§, nature : ce qui préserve du crime la majorité des hommes , c'ei^t le sentiment de n'avoir jamais franchi la ligne de l'innocence ; plus on resserre cette ligne, plus on expose l'homme à la dépasser, et quelque légère que soit l'infraction, par cela seul qu'il a vaincu le premier scrupule, il a perdu sa sauve-garde la plus assurée.
Plusieurs écrivains ont remarqué ce danger.
Les lois qui font regarder comme nécessaire ce qui est indifférent , dit M. de Montesquieu,
Uf. li. CUAP. V. Jï
fettf bientôt regarder comme indifférent ce qui ètt néceissaire (i).
Pour arrhrer à la vérité, il faut toujours cM>n8Îdérer les questions sous toutes leurs fa« ces. Cette exigence dé la religion a son avantage : elle accoutume Thomme au sacrifice; Ellerhàbitué à ne pas scT proposer dans tout ce \ qs'iL fait un- bût ignoble et repproc^^é, ' 'H est utile* que Thomme se prescrire quelquefob dies devoirs inutiles , ne fût-ce que pour apprendre qtie tout ce qu'il y a de bon sor la lerare ne réside pas dans ce qu'il nomme* ùtiUlé.
':fiMais^ 41 en^ est de ceci comme de tout ce qvî- tient à l'exaltation < a Tenthousiasme , au sentiment intérieur de Fhomme; ce sentiment ^ aet enthousiasme , cette exhaltation sublimes quand ils sont spontanés , deviennent terrible» qtoandon en abuse, La pubsance de créer d'un mot les vertus et les crimes, quand elle est remise entre les mains d'une classe d'hommes r n'est plus qu un moyen redoutable de despo^ tisme et de eorruption. Cette classe ne se borne
(i)\)ilonteaqui£o, Ësp^^detlob , XXiV^ i4^
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1^ . VOisYinilf^Ef •
p9f àpiftcetf au premi^v rai^ dâ fqrfeit» toute résistance à son pouvoir. Elle ne sebcMi^pfis d-tçomman^er des actions indiQ'éy^t,ç& et hiu-^ tUes : clïe.e^.pFescrit de nuisibles ^et de criminell^p, La pitié pour les: enmwis du ciel ail y ne. ffiiblesfl!e , dép^prouyée ou pi?osCHte, aâ mépris des Ueas Icftjl^^ les plus tâfidres. Il est dëfepdu 4e .portev 4y sebQiirs à qui s'est owdu Tobjet de l'iodigAation dîvfne. La cr^auté contre les impies et les infidèles est ua de^roir sacvé. la perfidie à . teur égard est une vertu : «k de même, que dans la théorie du dévouement , poussée :à r^xcès, le sacrifice le, plus douloureux pai^t le plus méritoire , les veotuisi religieuses ^ quaàa^ lesjactions n'ont de mérité qufen . étant . camÀ fonmés à Fordrô de» Dieux , sont dautaîit plu» méiitoireS' : «qu'elleft sont Topposé des' vertuf hitibaines. Nous; voyons , dans les fastes* di^ rÉgypte, un roi puni pour sa douceur et s»' bienfaisance. Un oracle iiyant signifié à Myderinus qu'il n'avait plus à vivre que: six années^ d'où ' irient. , cépoadit41 , que mes prédéces^ seurs , les fléaux de leurs sujets , sont parvenus paisiblement à une vieillesse avancée, et que les Dieux jxie traitent avec tant de rigueur^ moi