X INTRODUCTION
très sur une composition si immense , embrajElsant tous les â^es, toutes les idées de rhum^nité , toutes les langues, tous les. sys-. tèmes et tous les monumens du mon,de aacien , nous n'avons riep à ajouter , si ce n'est cette remarque, que le livre de la religion e6t le discours préliminaire , la véritable introduction des volumes qu'on publie aujourd'bui. Ce sont ces volupaes qui constituent l'oUvràge , qui présentent, le résultat d'un si long travail et renferment le dernier mot d'un auteur si célèbre.
Sous ce point de vue , le Polythéisipe de Rome , considéré dans ses. rapports avec la.
philosophie de la Grèce et le théisme: de la ireligion chrétienne, est peut-être l'ouvrage le plqs remarquable des derniers, temps. , Il épuise deux questions au lieu d'unq, upe question générale et une question particulière : la question d'une religion , et la question particulière du christianisme. Ni la sur périorité du christianisme sur tout autre sys-
INTRODUGTfOIf. Xt
tème, ni la nécessité d'un système religieux quelconque ', à quelque degré de civilîs4kin que puisse arriver Thumanité , ne paraissent' désormais contestables. Si Texamen de ces deux points avait jamais pu être plus complet, il n*eût jamais été si impartial; aussi jamais solution n'a offert ce degré d'évidence, cette puissance de démonstration, qui distinguent le résultat qu'on nous douane.
Ce résultat ne peut toutefois nous surprendre. En lisant l'ouvrage de la Religion considérée dans sa source^ chacun a dû le pressentit.
Sans doute dans ces volumes, BenjajEhin Constant ne parle pas le langage d'un homme bien extraordinairement religieux*, d'un ami déclaré de tels ou tels dogmes , d'un partisan
démonstratif de telle église^ ou de telle autre;
■ * il n'est le fidèle d'aucun temple; maïs son
âme est profondément empieinte de la i*Î8sance des émotions et du charme des espérances religieuses. Cette intelligence claire et nette, ceHe sévère raison qu'a façonnée le dix-
»i IImMDUGTIO^•
buitièiQe siècle , qui s'est nourrie de VoltaijBe^^ d&M>ât68quieu et de Bayle et qui a parcouru tout le cercle des opinions huœaineaà l'écoU des libres penseurs de tous les pays, ne se dément pas un instant dans ces pages; mai& c'est pour cela même que toute sa marche est si imposante etque-a^s dernières découvi^rtes ont tant d^autorité. Cette pensée^ touj^ours si lucide , se revêtant constamment d'un langage si simple et si pur , si libre et si chaste ; cette faison à la fois si subtile et si ferme , dédai<^ gaant toute espèce d'illusions, bannissant toute espèce de sophîsmes , et ne respectant , de toutes les erreurs , que celle de la bonne foi, est elle-même d'autant plus respectable qu'elle obéit plus sagement auip lois éternelles de l'intelligence divine,
A l'époque où furent tracées ces premières pagCs de la religian , il fallait à> un philosophe une sorte de courage, non certes pournsubir la conséquenee de ses propres méditations, mais pour venir proclamer» dans r4>rganisation
*■ I^itRODUCTIOn. ' itit
de l-homiÀe» atec le cëUbre péleriD dé la Palestine «t réloquent prêtre de Saiot^Salpice , la puteeance fondamentale et indestnic* tible de rëlément religieux. Et Beâjamin Constant est Tenu développer ce fait moral comftie une sorte de découverte, au moment même où les hommes auxquels l'unissaient toutes ses syflâpathiesi en avaient fini avec cette question dans un sens tout différent. Mais téfle était la puissance de -sa conviction ou ^ascendant du génie qui l'entraînait, que partoM, en dépit de l'œuvre et des peines que lui mesurait chaque jour et au travers des traditionà les plus absurdes, des plus étrangps symboles et des formes les plus bkarres , il recherchait et venait dénoncer partout ce sentiment religieux qui était pour lui toute Fénigme de Thumanité , le plus noble pfivi* iégeet le plus, inaliénable des titres de notre grandeur.
Je Tais ici à la rencontre d'une objeil^tion,
d^ne accusation même; Si le célèbre écrivain,