‹ Du polythéisme romainChapitre 69 sur 134 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Que le» religions vaincues sont toujours traitées de magie par les religions triomphantes.

Le même mouvemcDt, qui engagis les prêtres, à persécuter leurs rivaux comme magiciens , les porte à flétrir du nom de magie , tout culte qui n'est pas le leur. Les religions étrangères sont partout de la magie ; leurs Divinités des démons , leurs ministres des sorciers. Nous avons indiqué , dans un livre précédent , la ville d'Ephè^e, comme l'un des entrepôts ^ pour ainsi dire , des superstitions étrangères , et rùne des routes par lesquelles les dogmes barbares pénétrèrent en Grèce. Aussi, cette ville fut-elle , plus qu'aucune des colonies grecques, le théâtre de )a magie. Une expression proverbiale appelait lettres Ephésiennes ou hiéroglyphes Ephésiens , les talismans , les amulettes , les formules magiques , auxquelles nous trouvons tant d'allusions dans les poètes et les faomiques grecs (i). C'est que les prêtres

(i) Anaxîtas, ap, Athen. XII. 70.

loS DU POLYTHEISME.

de cette nation, tout en adoj)tant , dans leur

doctrine secrèle. les opinions et les pratiques

dos religions sacerdotales , voyaient des rivaux

dans leurs ministres. Ce qui vient de rétràngeir

Ht a d'ailleurs quelque chose d'inconnu , qui ré-

• veille également !a crainte et lespérance. Les

mots empruntés du dehors passaient pour les

plus puissans danis les imprécations (i). Lai

^..>. magicienne de Thcocrité avait appris d*un

.. ; * Assyrien sfcs enchantemens et ses poisons lés

plus dangereux. Et nous devons ajouter à nos

observât ioti s antérieures sur la magie en Grèce,

que loutcâ lés fables de ce genre placent lé lieu

dé la scène, ou du moins quelques-uns des

principaux acteurs de ces récits terribles, dand

des climats étrangers (2),

Uàccusatîon de magie correspond dansieâi querelles religieuses à celle de l'évolte et d'usurpation dans les guerre^ civiles et dans les dissensions politiques. Les religions naissantes y sont exposées avant leur triomphe. Led religions qui se disputent rempîre , se prodîgùeûlt cette inculpation. Enfin, celles qui suécom-

(I) Pline. XXVUJ. 2. Arnob. Adv. GenirVIl. a^. (3) Circé , Médéc , Pasîphaé. Creuiz. IV.; aG , 28 ,.36..

LIY. Iir. CBAP. IV. 109

Itïent , sout ffétrîesde ce nom après leur chute. I^ûff^que r Assyrie fat ^[lonquUe par Ie$. Perses ; les prêtres Chaldéenç^ remplacés jiar.Je^ Mages,, descendirent au rang de sorciers. L^ relijjÎDn des Perses ayant été détruite à son tour, 1^ Mages subirent la mérae dégradation. Le culte antique de TEtrurie fut relégué à Rome P^rmi les cérémonies magiques et p^obi- 1>^.( » plusieurs auteurs ^pai^lent'des chauts y;c;}ifieux. de^ Sabins, des Ëtru&(|u^s et des Marsc;s , comme d'incantations si^^ril^ges (2; ; et Jjne loi des douze tables défendait de les empb>yer^ pour nuire ^^yx. fruits de^.teri^ (3), Le collège des Pontifes .fit poursuivre comme coupables de sorcellerie les prêtres Egyptiens. Accusés du même crime, les premiers chrétiens périrent dans les supplices. Quand le christianisme eut prévalu, les Dieux du polythéisme expirant devinrent des anges rebelles

(i) Y; Les Sacrifices à Mania. Ovid,, Fast. II.

(2) Horat. Epod. XVII. 28-29. Fesl. de Verb. signif. 1 1^7. In comUiop* Ungua ^ Plin. /a^.XK.VIlI. 2. Colum.

(3) Plîn. XXX. I'. Sciiec. H^oU quœsL IV. 6. Sgrv, ad rirg. Eclog, VllL 98. Aug. cw. Dei. VIII. 19.

bu iPOLtTHÉl^MÉ.

Après la conversion forcée de la Germabie, de la Scandinavie et de ta Gaule , les Nix des Geritiains futeikt des démons , les Déesses éf les féies Scandinaves des sorcières (i)/ On no vit pltis dans les lettres runiques qu'un moyen dé communication avec les enfers , 'et le mot de Druides dans les langues gkuloises et islandais ses fut le synonyme de celui de magiciens (i). Enfin, telle est la disposition de rhomme à ) uger ainsi des religions qii*41 r^ette, qiie bien que la vérité du christianisme dépende ^ suivàirt

Topinion reçue , de la térlté antérieure de la reÛgion juive , les chrétiens ont sans eëMè accusé les juifs de niagie.

(i) Riibs. , Scaud. anc. p. 283.

(3) Ac* /iMMTr. XXi^<^ 4-12. Oq le trouye comprié.d^i» pe seiis , daiifi lés mooiimenâ Anglo-SaYons.

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