‹ Du polythéisme romainChapitre 71 sur 134 · LIV. IV. CHAP. 1. 1 l · texte numérisé non relu

LIV. IV. CHAP. 1. 1 l

leur vie plus ou moins spéculative , ou plus ou inoius agitée j surtout du climat qu'ils habitent et de leur situation physique , deux causes puissantes de variations dans la religion. Mais tous les polythéismes qui ont existé , tous ceux qu'on peut concevoir , se rangent dans Tune des quatre cathégories que nous avons indiquées.

Il ne faut pas se laisser tromper par quelques déviations apparentes ou momentanées.

La religion n'est pas une chose fixe , une , in- Tariable , telle qu'on puisse , a chaque changement qu'elle éprouve , élever derrière elle une barrière qu'elle ne repasse jamais. La crainte et l'espérance s'agitent sans cesse dans les ténèbres ; elles s'efforcent , infatigables , de reconquérir quelques-unes des illusions que la raison leur enlève. Le polythéisme primitif retourne quelquefois vers le plus grossier fétichisme , en prêtant à ses Dieux un égoîsme, une acidité , une violence qui dégradent la nature humaine. Le polythéisme , devenu moral , se confond assez souvent avec le polythéisme primitif. Les Dieux oublient qu'ils sont les gardiens de la justice, et que leur emploi le plus éminent est de protéger ses lois sacrées. Le Tome I. 8

Il4 POLYTHÉISME.

polythéisme, dèvetiu spirituel, dévie à chaque instant de la doctrine de la st>irituaHté , les prêtres, pour faire agir leurs Dieux sur les hommes, leur rendent des sens , des or|g[ane^, des forces, des passions entièrement corporelles. Mais en dépit de ces inconséquences passagères, là force des choses entraîne iuvinciblefn^nt tes idées religieuses dans une direction unifofme. Il en est de leiïrs agitations, comme de celle des flots après la tempête. Bien qu'on ne puiste dire précisément jusqu'où viendra "se briser encore chacune des vagues, elles quittent paartant graduellement la terre » et'cbaque instant voit reparaître quelque portion du rivage, qu elles ne peuvent plus recouvrir.

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