LIV. IV. CIIAP. II. 1 l
La première est la multiplication infinie des Dieux , et la confusion qui en résulte dans les doctrines , dans les fables et dans les pratiques.
La seconde, est la disproportion toujours croissante entre les dogmes du polythéisme; et l'état des idées et des lumières.
La troisième , la tendance des esprits à chercher dans lallégorie un remède à cette disproportion.
X.a quatrième , les progrès des connaissances physiques, qui, découvrant à l'homme les causes naturelles des événemens qu'il considérait comme miraculeux , ébranle toujours plus les traditions religieuses relatives à ces événemens.
lia cinquième , les inconvéniens qui proviennent de la religion, lorsque l'homme, cessant de la respecter, découvre qu'il peut s'en f^ire un instrument, un moyen d'influence et de domination sur ses semblables, découveite, qui, long-temps renfermée dans le seip^^es corporations sacerdotales, et l'un des se<^i*ets des prêtres , sort de cette enceinte mystérieuse pour se révéler à l'autorité, et à toutes les factions qui veulent s'emparer de l'autorité.
La sixième, l'effet que la lutte entre le pouvoir politique et le pouvoir religieux produit
avec plus ou moins de rapidité, mais infailliblement sur Topiaion des profanes.
La septième j la marche de la philosophie , à côté du polythéisme, chez les peuples que le sacerdoce ne domine pas, et les progrès de celte même philosophie dans le sein des corporations sacerdotales, chez le peuple que le sacerdoce domine.
La huitième, l'amalgame incohérent de toutes les opinions les plus discordantes , dans la partie secrète des religions , amalgame que les. dépositaires de ces secrets sont nécessairement poussés à faire pressentir et à laisser deviner au peuple.
La neutîème enfin , les accroissemens que prend la iliagie , puissance secrète , rivale de la religion, et 'qui de tout temps existe à côté d'elle, mais qui, à mesure que la religion déclibe , lève une tête plus hardie , et appelle autôui^ de ses rites mystérieux , dans des cavernes et dans des antres , les hommes qui dédaignent le» cérémonies usitées , et qui s éloignent des temples publics.