‹ Du polythéisme romainChapitre 73 sur 134 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

De la multiplication infinie des Dieux.

11 est de la nature du polythéisme de rece^ voir dans son sein toutes les religions qui se présentent, pourvu qu'elles ne refusent pa»

ralliance qu'il leur propose ; les peuples polythéistes craignent toujours d'avoir oublié quelque Dieu. Us ne se contentent pas d'adopter ceux qu'on leur révèle , ou qu'adorent les peuples qu'ils apprennent à connaître , ils élèvent des autels à des Dieux inconnus-, à des divinités anonymes.

Cette tendance du polythéisme se fait remarquer long-temps avant qu'il approche de sa décadence. Ëpiménides, chargé par Solon de purifier la ville d'Athènes et d'introduire dans le culte plus de régularité, fit graver sur la place publique l'inscription célèbre qui attira l'attention et seconda le zèle de l'apôtre des Gentils (i). On voyait des

(i) Standliii, Rcl.niag., I. 5o5, Cette iuicri^ilion dont

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autels érigés dans ce but à Olympîe et à Phalères (i).

Cette tendance se fortifie par beaucoup de circonstances qu'amènent nécessairement, chez toutes les nations , les vicissitudes des choses humaines. Dans tous les dangers immtnens , dans toutes les calamités tant durables qutmprévues, les peuples appellent à leur aide des Dieux étrangers (2). Une peste ravage Rome, toutes les rues se remplissent de chapelh^s consacrées à des divinités bai4>ares , toutes les maisons des particuliers sont le théâtre de cérémonies et d expiations inusitées.

L'expédition contre les Marcomans frappe les Romains de terreur. Aussitôt le philosophe Marc-Aurèle , se prêtant à leurs vœux par politique , ou s'y associant pair conviction , mande des prêtres de tbus côtés , pratique tous les rites étrangers , et purifie la ville de toutes ftianières (5).

parlé Saint-Paul était amsi conçue : Aux Dieux de l^nrope , de l'Asie et de l'Afrique ; à tous les Dieux inconuus et étrangers* Saint Jérôme , Comment, sur l'é^ttre à Tite. Ch. I. Voy. Pacis. atl. ch. i.

(i) Paus. Voy. Elide. i^.

(2) Tit.-Liv. IV. 5o. Den. d'Haï. X. 10.

(3) CapîtoHn , in Marc-Aurèle,

LlV. IV. CHAP. III. 1 19

Le polythéisme sac^dotal u est point ga~ raali (ie ces iimovations par la jalousie de seë miaistres. I^es Carthaginois , vaincus par Denys de Syracuse, et menacés par leurs propres sujets, remarquent avec effroi qu'ils n'ont rendu jusqu'alors aucun hommage à Cérès et à Pro« sfinpine. Ils ^e hâtent de leur nommer des prétressas, de leur dresser des statues, et de leur ¥04ier des sacrifices conformes aux rites des Qrecg (i).

Les nouveaux Dieux une fois introduits , la préférence doit être pour eux. Us onl, moins souv^Dit que les anciennes divinités , rejeté les prières et tromptU es espérances. Depuis qu' A- Embis l'égyptien et Bendis le Thraceont obtenu des autels , dit avec humeur Jupiter d^ns Tlcaçorinéïi^ippe , les hécatombes qu'on leur offre ne preonent point de fin, l'on me regarde comme un dieu vieilli, dont les forces sont usées, et auquel il est plus que suffisant d'immoler un taureau, chaque année, aux fêtes ifOlympie (2).

A mesure que les communications (levien-

\t) Diod. sic. XW, 18.

(a) Lucien Icaro-nieu'ppo.

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nent plus fréquentes ou plus faciles entre le* nations, cette tendance du polythéisme doit multiplier à Tinfini le nombre des Dieux. Cha-< que peuple adore ceux de tous les^ autres. Le monde est accablé sous cette multitude de divinités, la terre plie sous le poids des temple».

Toutes ces nouveautés ne s'établissent point sur les débris des anciennes pratiques , maïs à côté d'elles. Les cultes des temps reculés , le» notions les plus barbares, coexistent avec le^ plus perfectionnés , avec les notions , les cultes les plus épurés par la civilisation (i).

De cette multiplication infinie des objets de l'adoration des hommes, résultent divers inconvéniens pour la religion. Les attributs de chaque divinité se confondent.

Nous voyons, dans Pausanias , Jupiter (2), Vénus (3) et Minerve (4) , présidant à la navigation et préservant les matelots des tempêtes,

(i) V. Dulaure , cuîte du Phallus, p. 5o.

(2) Jupiter Eranémiis qui donne un veut favorable, Paus. Lacon. i3.

(3) Vénus Pontia et Lîménî , surveillant la mer et les porls. id. Corinth. 34-.

(4) Minerve Anémotis , qui appaise les veuts. Id. Me»sea» 35.

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