‹ Du polythéisme romainChapitre 74 sur 134 · UV. IV. CHAP. III · texte numérisé non relu

UV. IV. CHAP. III

tandis que tout ce qui se rapporte à la génération est attribué à Neptune (ij. Diane, dan& Gallimaque, demande à être désignée par plusieurs noms, à cause dç la multiplicité de ses attribut^. Aussi dans le décret , qui termine le dialogue, intitulé l'Assemblée des Dieux, cette confusion sert-elle de texte aux plaisanteries de Lucien. Chaque divinité , dît Moinus , doit avoir un état fixe. Minerve ne doit pas se mêler de guérir les maladies , ni Esculape de prédire l'avenir.

Mais , comme en même temps , les peuples cherchent à rapprocher les divinités étrangères de leurs Dieux nationaux, et, pour y parvenir, donnent souvent aux premières les noms des seconds , il s'opère encore une autre confusion en sens inverse ; des Dieux , chargés de fonctions très différentes, ont la même désignation. Les Grecs, par exemple y voulant donner des noms indigènes aux divinités venues d'Egypte, réunirent^ sous celui de Proserpine, Isis parce qu*elle était la lune , Osiris parce qu'il avait été enlevé comme la fille de Gérés, et Anubis, à cause de sa ressemblance avec Hécate. Pluton

(I) Neptune Genetîiis., Ib. Corinth, 58.

i!à'2 POLYTUJ^ISME.

de son côté, devînt à la fois Typhon, comme le* ravisseur d'Osîrîs , et Sérapis, en sa qualité de Dieu des enfers ( * ).

Notez ici là marche des idées , et remarquez comme la vieillesse ressemble à Ténfance. Dans le fétichisme , qui est Tenfance du polytftéisme, les Dieux n'avaient aucun nom particulier, parce qu'on avait sur tous les mêmes notions confuses. Dans le polythéisme, chaque divinité reçoit un nom spécial, parce que l'homme se fait sur chaque divinité une notion distincte. Dans la décadence du polythéisme , il y a plusieurs noms pour chaque divinité , plusieurs divinités pour chaque nom, par ce que les nQtions redeviennent obscures et vagues.

Ce n'est pas que l'esprit humain ait rétrogradé : tout au contraire. Cette multiplication des Dieux , cette confusion des idées > conduit les peuples à reconnaître que tout l'univers adore les mêmes êtres sous diflférens noms. Ce pas important amène, il est vrai, momentanément l'indifférence pour tous les cultes ; mais c'est une crise nécessaire chaque fois que l'in-^ lelligence humaine , éclairée sur l'imperfection

(i) S.le-Croix, des myst., p. III.

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