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du culte qu'elle professe, éprouve le besoin d'en découvrir un meilleur.
En attendant , le polythéisme devient un véritable chaos. Les fables se multiplient comme les divinités. Les cérémonies varient encore pJus que les fables. Sur chaque cérémonie, 9ur chaque fête , il y a des traditions opposées , incohérentes et contradictoires.
Les prêtres et les hommes d'état s'opposent vaifiement à ce bouleversement des croyances, ^ à cette inondation de divinités. Le gouvernail échappe de leurs mains, leurs efforts sont inu* tiles. L'aréopage d'Athènes , le sénat de Rome promulguentdes loissévères. Le premier défend sous peine de mort l'admission d'un culte étranger; le second charge les Ediles d'astreindre, par la force , tous les citoyens à se contenter des rites de leur patrie. Chaque olympiade, ou chaque lustre , est marqué par la proscription des divinités Barbares , par Texpulsion de leurs prêtres et le renversement de lents temples, lies hommes les plus distingués opposent leur ascendant à la superstition populaire Paul Emile arme d'une hache ses mains victorieuses, pour abattre les autels de Sérapis (i).
(i) Valer. Max. , 1. 3 , o.
1P4 POLTTirÉiSME.
Mais partout le polythéisme réagit : sa tendance remporte, les. lois sont enfreintes ou éludée», des temples Egyptiens s'élèvent à Ithome (i) et à Sparte (2) ; des Dieux coiffés du bonnet Phrygien sont révérés à Athènes (3). Le sénat Romain vainqueur du monde ne peut résister à l'opinion, il essaie de transiger avec elle, il permet l'adoration des Dieux étrangers hors de l'enceinte de la ville (4). Mais le torrent sur- V- monte ces barrières impuissantes. Dès le temps de Sylla , un collège de Pastophores , sur lé modèle de ceux de Memphis ou de ThèbeS', se place à côté du collège des augures (5). Les prêtres chaldéens s'emparent de l'esprit des grands, des consuls, des généraux (6). Encouragé par de tels exemples , le peuple rétablit violemment dans leur sanctuaire les statues d'Anubis, de Sérapis, d'Isis et d'Harpocratc {7).
(i) Pausaii. Messen. 32.
(2) 1(1. , Lâcon. 14.
(3) Plat. Republ. Deinosl. , de corortâ, Strabon , anach. Hl. i45.
(4) Dio. Cass. XL. 47* (Sj Apul. met, in fine.
(G) Plularch. in Mario,
(7) Terlul. adç, nat, et Arnoh, Lib. II.
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Rome condescend à emprunter )usqu'à la religion 'des pirates dispersés par Pompée, et puise dans cette honteuse source le culte de Mithra, qui devait acquérir en peu de temps, par ses sanglans mystères , une célébrité déplorable (i). Les triumvirs, destructeurs de toutes les institutions comme de toutes les vertus antiques , consacrent enfin solennelleniènt toutes les supertitions repoussées. Ils ordonnent la construction d'un temple consacré particulièrement aux objets principaux de l'adoration des Egyptiens (2). Mais avant cette époque les prêtres de cette contrée étaient si nombreux à Rome, qu'un proscrit , Volusius , prit leurs vêtemens pour se dérober aux bour* reaux qui l'entouraient (3). Le Judaïsme trouve aussi des prosélytes. Ovide place le sabat des Juifs parmi les fêtes que les Romains célébraient. C'est vainement qu'Auguste veut ramener la religion à sa pureté première (4).
(i) Plut, in Pomp. Val. Max.
(a) Dio. Cass. VIL i5.
(3) Val. Max. VII. 3,8,
{4) Ovid. de art, amat, I. 76. Ib. ^16. V. aussi Séné-
que , dans St.-Aug. de cw, DeL VI. 1 1 , et Tac. hist. V.