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sur eux , les frappait par uç extérieur de repos et de régularité qu'ils préféraient à Togitatfon de leurs petites républiques. Ces grands corps de prêtres qui |^ur confiaient par fois des découvertes alors précieuses, et plus souvent les éblouissaient par des hypothèses hardies , plaisaient à leurs regards , en leur offrant le spectacle d*houimes voués exclusivement et pour toute leur vie à la science , et flattaient leur vanité , en présentant cette science, comme devant être renfermée dans un sanctuaire, et non pas abandonnée, comme en Grèce , aux tâtonnemens et aux profanations du vulgaire.
Disciples dociles , mais volontaires, des sages de rOrient et du Midi , ils ne remarquaient pas les bornes étroites qu'une autorité ombrageuse traçait à Tin tell igence humaine^ parce que, de retour chez eux , ils reprenaient leur indépendance , et façonnaient à leur génie ce qu'ils avaient recueilli do toutes parts. Il était de riiftérét de leur gloire d'exagérer à leurs concitoyens • et de s'exagérer à eux' mêmes la valeur de ce qu'ils avaient acquis par d'opiniâtres études et de longs pèlerinages. Les cosaiogonies et théogonies sacerdotales étaîeivl
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séduisantes pour eux , précisément parce qu'elles différaient , d'une manière esseo-.
tielle^ de la mythologie homérique. Cette mythologie choquait ^s philosophes , par son antropomorphisme , par Tindividualité quelle attribuait à chaque Dieu, et qui , le mettant presque sur la même ligne que lés hommes , ôtait à la nature divine ces attii* buts de grandeur et d'immenûté, qui char-^ ment Vimagination et confondent la .peniée. ; Les cosmogonies des prêtres étaient rem{4m de figures colossales , à demi - cachées- par d'épaisjses ténèbres, qui, ne permettant pas d'en distinguer les contours , suppléaient è l'infini par le vague. L'accumulation des attributs attachés à chacune de ces divinité»
mystérieuses , les faisait , pour ainsi dire-, rentrer l'tme dans l'autre , et leur donnait une teinte uniforme , qui reposait des yeux fatigués de la bigarrure perpétuelle et des.
couleurs contrastantes du polythéisme grec.
Cette variété paraissait morceler la nature: l'uniformité des cosmogonies sacerdotales âemblait lui rendre Tordre et l'unité. Si , dans la partie, (le ces religions qu'on peut nommer dramatique , ccst-à-dire , dans les récits où
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les divinités agissaient , on rencontrait des fictions du même genre, et plus a%urdes encore que celles d'Homère , et si le caractère des dieux était entaché des mêmes imtf^erfectioos et souillé des mêmes vices , des explications allégoriques , révélées aux philosophes , coitime à des initiés , levaient leurs objections et'^atisfesaient leurs scrupules. Aussi professaient-ils presque tous une admiration profonde pour les doctrines de ces mêmes peuples 9 qu'en leur qualité de citoyens , ils méprisaient ccmime des barbares ; et chacun d'eux s'efforçait d'introduire quelques fragniéns de ces doctrines dans l'édifice qu'il' mettait sa gloire à construire et qui devait immortaliser son nom.
-Souvent ces fragmens , isolés ou mal compris , n'avaient presque point de liaison avec le reste du système ; Thaïes , revenu de Lydie où il avait été appelé par le roi Crésus , rapporta peut-être de cette contrée^ dont les habitans étaient originaires de Tiff ace , une certaine préférence , que , dans sa cosmogonie il accordait à la nuit sur le jour (i).
(i) Pelloutier, III. ch. 12. note 1.
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Mais cette préférence n'iofluait en rien shp ses hypodH^s ultérieures. Il n'est pas impossible qu'Heraclite qui déposa , comme une pieuse (|ffrande , ses livres sur la nature , dans le temple de Diane d'Ephèsc, la grande déesse de sa patrie, (i) neùt, malgré ses protestations d'originalité , emprunté des prêtres éphésiens le fonds de la théorie suivant laquelle le feu était le principe créateur. Les prètrejE^ ,. imbus des opinion^ de TAsie , n'étaient certainement pas étrangers à Tadoration des élé-. mens. La dégradation par laquelle , de celui du feu , le plus subtil de tous , se composent les autres plus grossiers, pour remonter ;de nouTeau jusqu'à lui par une épuration ré*trograde , ressemble aux dogmes Indiens et à ceux de l'Egypte. Les deux forces d'Heraclite , la discorde et l'harmonie , se retrouvent dans> presque toutes les cosmogouies de l'Orient Mais il séparait ces hypothèses de toute notion religieuse , en affirmant que le feu éternel > substance m l'univers , obéissait à des lois in^dépendantes des Dieux et des hommes.
(i) Diog. Lacrt. !X. G.
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D'autres fois les philosophes grecs amalgamaient indistinctemeBt des 4octrines opposées. Nous en ayons l'exemple dans Ëmpédocle. Outre cpie ce qu'il appdait l'antipathie ou la sympathie n'était qu'une idée cosmogonique , comme la discorde et l'harmonie d'Heraclite (ij , sa philosophie était une mosaïque formée de dogmes sacerdotaux. Les âmes , disait-il j sont d*une origine céleste : leur descente dans les corps n'est qu'un exil , suite de leurs fautes y et qui les tient éloignées des Dieux • dont elles font néanmoins partie {2). Quand des purifications douloureuses leur ont rendu le droit de s'élever au ciel , elles quittent la terre , se* jour de la souffrance (3) et berceau du mal (4) • Toutes ces expressions appartiennent à la doctrine indienne , et tiennent au désir professé • par les Indiens de ne plus retourner dans un corps mortel (5). Mais en même temps Empé-
(i) Bonamy , Vie d'£ropédocIe. Mém. de l'Acdd. des Insc. X, 54-
(2) Plutarq. , dé exilio, — Stobœi Serm. 58.
(3) Plat, de Isîde.
(4) Hierocles , Comment, in Carm. Pph. éd. Needk. p. 186.
(5) Eippedocles SturzU, p. 448.
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docle, bien qu'il donnât le nom de Dieux aux quatre élémens , déclarait le chaos Tunité première et la véritable divinité; «t par un aitassement de notions incompatibles, il rap<* pelait à-la-fois un être sans intelligence) qui agissait aveuglément , et Un être paifait , souverainement heureux, la seule réalité imnraâble. C'est que, probablement, il avait priscf» dernières idées dans la cosmogonie chaidéennê ou phénicienne , où Ton a vu que ces forces non intelligentes jouaient un grand rôle. Pour s*expliquer les inconséquences des philo^pb^ grecs et leurs assertions inconciliables , il faut toujours réfléchir qu'ils fesaient entrer dans leurs cpiTlbinaiSons des matériaux de trois es^ pèces: premièrement, la mythologie popur laîre ; en second lieu , les allégories sacerdotales ; troisièmement enfin , leurs propres mé- . ditations.
Ecoutons maintenant Phérécyde, l'un des fondateurs de l'école Ionienne, el le contemporain de Thaïes. Il admettait trois principes du monde, le temps, la matière et l'éther; il appelait le premier Saturne ou Chronos, le second Chronia, le troisième Jupiter. Ces trois principes étaient éternels. Jupiter, pour créer