LIV.' V. CHAP. II. l
le monde, avait revêtu la figure delamou* (i), et avait formé de la matière un grand chêue , que deux atles immenses soutenaient dans les àifs. Sur ce chêne mystique , il avait étendu un lissu de pourpre, et sur ce tissu , il avait placé la terre et l'océan. Le sens de ce symbole , réxtigé dans le langage des prêtres , est facile à ^isir (2). L'éther, le principe actif, la force vivifiante, avait condensé la matière, lui avait .(Jôniié le mouvement et la forme, et de là étaient résultées la terre et la mer , demeures de tout ce qui existe. Mais les trois principes de Phérécyde (3) , sont aussi les mêmes que ceux dje la cosmogonie Orphique, et deux d*entr*eux, le temps et le chaos , sont désignés par la même dénomination. Le voile dont Tœuf des Orphiques est enveloppé , enveloppe ce chêne
. (1) L'Ërds cosmogouique , principe de la coalition ies ëlémens.
(a) Arist metaph,WV\ 4- — i^iog, Laert, I. 119 — Max.
Tyr. Diss. 29. — Damaschs, de princip. vbi supra.-^SexL
Emp. hrpotys. III. 3o. — Adv, mathem. X 260. — Clan.
Ahx. Strom. VI. — Suidas y in voce Pherècyd. — Tiedemann^
pag. 172.
(3) Max, T/r. X. 4. — Clem. Alex, VI.
lb8 DU POLYTHÉISME.
de Phérécyde , et les aMes de cet arbre men^flleux sont les ailes d'Ericapée; ajoutons que Phérécyde parle d'un Dieu sous la forme d'un serpent ( i } , qui combat le temps , dans Tarrangement du monde. Ce serpent ressemble à celui que nous avons vu sur la tête de Phanès* Peut-être est-îl de plus le Typhon des Égyptiens ou rArimanb des Perses (â). Dans une autre cosmogonie des Orphiques , Féther est le premier principe (3) ; et suivant Phérécyde, Féther, sous le nom de Jupiter , est en effet le principe actif (4).
Il y a donc une identité parfaite entre lès premières hypothèses de la philosophie grecque,
(l) 'OÇHovtoS,
(a) JosèpliCi cont. App., dit positivement que la philosophie de Phérécyde était empruntée des Egyptiens. Pbilon de Byblos ( dans Ëusèbe , Praep. Évang. ) prétend que ce philosophe avait puisé l'idée d'un serpent » mauvais principe , dans la doçtrii^e des Chaldéens.
(3) P^, Suidas , in voce Orpheus,
(4-) /^. Pour une comparaison de Jupiter darts la doctrine sacerdotale et dans les dogmes orphiques , Creuzcr II. 38i-382 , cec.