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Fetfipreinte profonde qii*avait laissée dans Icui^ esprit !a religion populaire , qu'ils se confor-^ maient à ses dogmes dans leurs liypothèdes sur la matière de FuniVers* Ainsi Thaïes, Wsqu'if isliéisissaH Teau pour le principe constitutif da nlende(i), était probablement dirigé par le désir âe ne pas s'écarter des idées reçues. Hésiode , dans su Théogoilie , avait fait de FOcéafn et de Thétis les parens db tous les Dieux , qm ar?aient rapport à la nature ptrysitpie. Aristote place ce motif parmi ceux du philosophe de BKIet (2). Thaïes aurait fait dans cette hypothèse , pour la religion populaire de la Grèce , cte que plu^ieul's savans modernes ont fait pour la Genèse. Il serait parti d'une donnée convenue , pour expliquer seulement ce qu'elle n'expliquait pas. Cette observation est importante, en ce qu'elle rend raison 'de beaucoup de choses" qui nous paraissent inintelligibles dans la philosophie grecque. Nous sommes fréquemmentembarrassés de concevoir pourquoi les philo -
(i) Cicero , acad, quœsU IV. 87. ^ De nat. Deor. I. 10. ■ Sext. IX. 7. — Àrîsl. Met. I. 3. — Dîog. LaèVt. L «4*
(2) Aristot. Mëtaph, I. 3.
spphes faisaient entrer dans Içurs systèmes de^ opinions qui ne nous semble^!;, nullement satisfaisantes , et que rien, suivant nos idées, ne les obligeait d'adopter : c'est que ces idées t^ naient d'une manière que nous n'apercevomi^ plus à la religion dont ces philosophes ne vour laient pas s'écarter. Le même étonnement se reproduira peut-être un }ouf, lorsqu'on exai» minera les systèmes philosophique» des pli^i illustres modernes , de Leibnltz par exemple t de Descartes, ou de Bufibn. L'on pensera que c'était librement qu'ils prenaient pour base telle ou telle opinion qui ne paraîtra plus admissible. On leur reprochera comme un ^cte de leur volonté , comme un choix arbitraire , ce qui n'était qu'un effet de la nécessité dans laquelle les plaçaient ou leur attachement à des opinions antérieures, ou les ménagement prescrits par les circonstances. Tant il est difficile, pour un siècle, de juger les siècles, sesprédécesseurs. ,
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