‹ Du polythéisme romainChapitre 98 sur 134 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

De la marche de la Philosophie grecque depuis Thaïes jusgu'q Pythagore.

En examinant la question permise , celle qui avait rapport simplement à la substance du monde , la philosophie approchait , sans le savoir, de la question défendue ; elle ne pouvait tarder à se demander comment cette substance avait été mise en œuvre, et dès lors elle se constituait d'abord observatrice, bientôt juge dés actes de la puissance divine et de l'arrangement de cet univers. Elle ne suivit pas néanmoins cette route directe. Elle passa , de ^s recherches sur la matière élémentaire du monde , à des recherches sur la substance des Dieux. Anaximène, substituant à Tenu, premier principe admis par Thaïes , Taîr producteur de tout, établit que les Dieux, comme les hommes , comme toutes choses animées , lui devaient leur origine : cette doctrine infirmait

(i) Thaïes naquit vers la 35«. Olympiade; Pythagore , ver» la 49*»

170 P01TTHÉI8ME.

indirectement l'il^iônie reconnu d'abord par les premiers philosophes, que les Dieux étaient éternels. L'idée d'une substance implique la priorité du moins possible de cette substance» sur ce qui eti est composé. Le système d' Anaximène conduisait de p^us à rechercher tôt ou tard comment avaient été formés ces Dieux»

puisqu'ils étaient formés (îes mêmes éléinens que le reste du monde. Aussi ce philosophe s'est-it attiré, de la paft de beaucoup d'anciens et de presque tous les modernes, l'imputation d'athéisme. Mais rien ne nous annonce qu'il eût tiré dé sa théorie cette conséquence positive ; et son hypothèse ne contredisait encorô^ en rien les bases fondamentales du polythéisme^ puisque cette croyance admettait parmi ses dogmes, la génération et la naissance des Dieux. Ce qui vient à l'appui de notre a3sertion,.

c'est que Pythagore n'était certainement pas athée. Il pensait néanmoins, comme Anaxîmène , que les Dieux étaient composés d'une certaine substance éternelle , universelle , qu'il nommait l'éther ou le feu centraL 11 faisait donc fiûre à la philosophie le même' pas qii'A-

naximène ( 1 ) .

(i) Arîst. Ph/s. lY. 6 De Cœlo. II. i3.

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