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Autopsie, — Outre l'engouement des poumons et un certain degré d'épanchement pleural produit pendant les derniers jours de la vie, les reins offrent des altérations importantes. Irréguliers, bosselés, parsemés de petits kystes, ils ont l'aspect de petits reins gras, granuleux, bien plutôt que de reins cardiaques. La capsule de Glisson est adhérente ; à la coupe, les pyramides sont injectées, tandis que la substance corticale est päle et atrophiée : le tissu conjonctif interstitiel est hypertrophié. La rate est petite et scléreuse.
Le cœur, vu extérieurement, présente la forme et l'aspect du cœur de Traube : le ventricule gauche, énorme, et dur, constitue les trois quarts de l'organe, et porte appendu sur son côté le ventricule droit de dimensions moitié moindres : pas trace de péricardite ni de plaques laiteuses ventriculaires.
L'examen de la conformation intérieure du cœur fait découvrir des lésions inattendues.
L'endocarde est sain partout, sauf sur une zone exactement circonserite. Il existe une large plaque jaune, uniformément épaissie et de consistance quasi cartilagineuse, qui s'étend depuis l'insertion des valvules sigmoïdes aortiques jusqu'aux muscles papillaires antérieurs, en englobant la grande valve de la mitrale. En arrière, elle envahit la eloison interventriculaire et acquiert une épaisseur considérable à la partie supérieure de cette cloison. Il en résulte un canal rétréci, sous-aortique
dont les parois sont transformées en tissu fibreux induré et rigide. Nul
doute que ce ne fût en ce point que la colonne sanguine produisait le souffle râpeux entendu pendant la vie, et dont le maximum ne répondait exactement ni à la pointe ni à la base.
Il est probable, pour le dire en passant, que le piaulement systolique constaté d'une façon constante pendant près de trois semaines, reconnaissait comme cause les lésions des tendons des museles papillaires qui, épaissis, rétractés, et soudés intimement à la valvule, formaient une série de pertuis dont les bords étaient susceptibles de vibrer à la façon d'un archet.
Cette plaque athéromateuse et uniformément jaunâtre de l’endocarde constitue par elle-même une lésion déjà peu commune, qui ne ressemble en rien à l'aspect habituel de l'endocardite chronique. La nature de cette altération nous est révélée par les lésions beaucoup plus considérables qui siègent dans le myocarde.
On constate en effet, à la partie supérieure et antérieure du ventrieule gauche, au niveau de l'orifice auriculo-ventriculaire, une saillie qui correspond à un épaississement énorme de la paroi musculaire. Cette tuméfaction bombe également en dedans de la cavité ventriculaire et
contribue à compléter le rétrécissement sous-aortique dont nous avons parlé.
Sur une section de la partie ainsi déformée, on découvre une tumeur arrondie, ou plutôt ovoïde de 5 em. environ de diamètre, plus grosse qu'un œuf de pigeon. Sa consistance est élastique et ferme. Le centre de la néoplasie est de couleur jaunâtre et d’apparence caséeuse : la périphérie est manifestement fibreuse et translucide, entourée d’une zone embryonnaire où serpentent de nombreux vaisseaux sanguins. Les portions centrales sont exsangues et en état de régression.
Le tissu musculaire du myocarde est à ce niveau aminci, les fibres sont dissociées, pâles, et d'aspect jaunâtre, surtout celles qui sont immédiatement contiguës à la tumeur : les autres sont rouges et paraissent saines. Le reste du ventricule est hypertrophié, mais la fibre musculaire n'offre pas d'altérations apparentes.
Cette tumeur est manifestement une gomme syphilitique parvenue au stade de régression : elle à tous les caractères extérieurs de ces productions nodulaires, et en offre la structure histologique : une zone embryonnaire périphérique avec néo-vaisseaux à parois minces, entourant une zone fibreuse moins vasculaire, ef un centre caséeux où les éléments anatomiques sont difficilement reconnaissables.
Il est probable par analogie que la plaque d'aspect fibro-cartilagineux est également de nature syphilitique, car elle ressemble singulièrement aux figures publiées dans l’atlas de Lancereaux et dans son Traité de la syphilis .
La ligne de démarcation tranchée entre les parties malades et les parties saines en est également un caractère démonstratif.
A part le rein dont les lésions complexes, assez analogues à celles du rein granuleux, peuvent peut-être se rapporter à la syphilis, les autres viscères n'offrent pas d’altérations spécifiques. Le foie a les caractères du foie muscade, chroniquement congestionné : il n'est pas segmenté, ni traversé par des tractus fibreux. On n’y découvre aucune cicatrice gommeuse.
L'examen des centres nerveux a été poursuivi avec le plus grand soin dans l'hypothèse que des lésions bulbaires eussent pu déterminer le pouls lent permanent constaté pendant la vie. Je n'ai trouvé aucune lésion appréciable du cerveau ni du bulbe; les artères ne sont ni épaissies, ni athéromateuses, ni thrombosées. A l'œil nu, tout au moins, la moelle allongée est absolument normale.
Observation 17. — SrencEeL (American journal of the Méd. Sc. décembre 1905). — J. B., 57 ans, d'origine allemande. Marié, père de
6 enfants dont 2 sont morts en bas âse, l’un de pneumonie, l’autre de rougeole.
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