‹ Du Pouls Lent PermanentChapitre 9 sur 16 · LE · texte numérisé non relu

LE

presque ronde allant du bord supérieur de la 3° côte au creux sus-sternal. Pas de thrill. Premier bruit éclatant avec léger souffle à la pointe. Autres bruits normaux.

Rien aux poumons, rien au larynx. Pas de tirage de la trachée. Artères radiales dures, en forme de corde Pouls à 48.

Urines acides. 950 cent. cubes en 24 heures avec 12 gr. d’urée.

Sort de l'hôpital, le 18 mars et y rentre le 21 avril 1902, après une attaque de perte de connaissance. Trois jours après, nouvelle attaque. Aura précédant immédiatement l'attaque.

En juin, œdème des pieds. Pouls en moyenne à 40,6.

En septembre, moyenne du pouls 35,4.

En octobre, moyenne 29,6 ; en même temps la quantité des urines diminue : 500 gr.en moyenne par jour. Mort le 21 octobre.

Autopsie. — Le péricarde mesure 13 cent. d’un côté à l’autre. Le cœur est très mou et pèse avec l'aorte thoracique 790 gr. L’oreillette droite est très large. Le ventricule droit est distendu par le sang et mesure 12 cent. Le ventricule gauche a 10 cent. de long, l'épaisseur moyenne des parois du ventricule gauche est de {5 millim. ; du ventricule droit 7 muillim. Les valvules mitrales et les sigmoïdes aortiques sont épaissies mais unies. Il y a un épaississement considérable à la paroi du ventricule gauche # cent. au-dessous des valvules aortiques.

La partie supérieure du septum ventriculaire est très m'nce, blanche, fibreuse et transparente à la lumière.

Cet amincissement est beaucoup plus marqué qu’on ne le voit dans l'infundibulum normal. [l y à une aire fibreuse blanche dans le myocarde, près de la base du ventricule gauche. Le foramen ovale est fermé.

Artères coronaires saines.

Aorte : quelques plaques de calcification.

Cerveau semble normal : poids 1.370 gr.

Examen histologique. — Cœur : péricarde épaissi avec cellules rondes mononucléaires autour des vaisseaux. Dans le myocarde, infiltration cireumvasculaire ; cellules rondes entre les fibres cardiaques. Beaucoup de cellules rondes sont de la variété des polynucléaires. Par endroits les fibres cardiaques sont séparées par du tissu fibreux. Les fibres museulaires sont segmentées de fragments.

Septum ventriculaire : tissu fibreux avec épaississement des vaisseaux et collections circumvasculaires considérables de cellules rondes.

Aorte calcifiée avec dégénérescence graisseuse.

Cerveau. — Rien sur les coupes de circonvolutions. Deux coupes des parties supérieures et inférieures de la moelle allongée, traitées par la méthode de Marchi, ne montrent aucune dégénérescence

Le reste de la moelle allongée est coupé en coupes sériées, traitées par

Le d

see 8" ne la méthode de Weigert-Pal, AIS éosine et par la méthode d Van Giesen. Fibres nerveuses normales partout et en particulier au niveau des noyaux du pneumogastrique. Vaisseaux normaux. ;

De méme la partie supérieure de la moelle cervicale, examinée au Weigert-Pal, a été trouvée normale.

Observation 46. — Rexou (Soc. méd. des Hôpitaux, 1895). — Fernand L., 43 ans, plombier, entre à Necker le 3 décembre dernier avec tous les signes d'une affection cardiaque en apparence classique.

Son histoire est simple. Quelques rhumatismes il y a une dizaine d'années, pas de traumatisme ni de coliques de plomb, santé générale toujours excellente. Il y a un an seulement que sont apparus les pre miers signes de la maladie de cœur, caractérisée par de la dyspnée d’effort et surtout des vertiges. À deux reprises il a dû faire un séjour dans le service de M. Dieulafoy et de Huchard. Une cerise de dyspnée plus forte l'amène dans mes salles.

Le malade à son entrée est en pleine asystolie, eyanosé, jambes enflées,. anhélant, ne peut se coucher dans un hit, passe ses nuits dans un tu Ne. teuil. Les urines sont rares. Il tousse. Les jours précédents, il a craché un peu de sang. : 4

L'examen du cœur montre l'organe volumineux : la matité précordiale est de 15 em. le long du bord droit, de 13 em. transversalement, la pointe bat dans le 6° espace, sur la ligne axillaire. Les pulsations cardiaques sont inégales et irrégulières, le choc dur, mal soutenu, sans frémissement cataire ; il y à une arythmie très prononcée, malgré la lenteur remarquable des battements du cœur (36 à 40).

Ausculiation. — Bruit de souffle systolique dont le maximum ne correspond pas à la pointe, mais à la partie moyenne du ventricule, Ce souffle a un timbre rapeux, rude, et s'accompagne d'un piaulement musical, surtout perceptible au niveau du bord gauche du sternum. #

Les poumons sont engoués, surtout aux deux bases, sans foyers nets d'apoplexie ni de congestion. Les urines sont rares et foncées, très chargées d'urates, sans albumine, le foie est un peu sensible à la pression. FSS

Le cas semble être un exemple d'insuflisance mitrale classique, avec des phénomènes d'asystolie récente, Digitale (30 centigr. de poudre en 2 macération), régime lacté. ee

Au bout de 48 heures, l'arythmie à disparu. Le cœur se contracte | s très régulièrement, avec une lenteur singulière (30) que je rattache = 2 l’action de la digitale. Pourtant le malade n’éprouve pas l'amélioration habituellement observée en pareil cas. L'orthopnée est toujours extrème et le décubitus impossible, L'état vertigineux, au lieu de diminuer, s’es accentué, L. ne peut faire de mouvement sans avoir des étourdissements

| accompagnés d’ net et de boutdcneinents d'oreille. té phé-

nomènes sont si prononcés qu'à plusieurs reprises surviennent des

à menaces de syncope avec päleur, lipothymies et sueurs froides. hr x à

Je suspends en présence de ces signes la digitale et je fais prendre re 3

1 gramme de caféine dans les 24 heures. F4

Une certaine amélioration se produit. Les urines sont plus abon-

__ dantes, la dyspnée et la somnolence sont moindres, mais les pulsations

continuent à être remarquablement lentes. A R

Cette particularité me paraissant insolite, j'étudie avec grand soin le © paul du malade. Il est plein, dur, et donne au sphygmographe une dns ligne d’ascension verticale très accusée, La descente se fait brusquement TO

d'abord, puis lentement, sans ondulation directe intermédiaire, Ces -

caractères indiquent une forte contraction ventriculaire, et une tension

sanguine assez soutenue, mais n’expliquent pas la lenteur inusitée des

battements du cœur.

Pendant près de trois semaines, en effet, les signes restent absolument

les mêmes, et malgré tous les stimulants cardiaques, éther, caféine,

inhalations d'O, nous n’arrivons jamais à un chiffre supérieur à 38 pulsations par minute. Le plus souvent le nombre des battements est de 32 exactement à la minute; approximativement une systole ventricu-

laire toutes les deux secondes.

Le cœur. pendant toute cette période garde à peu de choses près les mêmes dimensions : il se contracte bien, mais les cavités droites sont évidemment dilatées, car les veines jugulaires sont constamment turges- L centes et animées de battements qui simulent le pouls veineux. Mais il

US ne s’agit pas d'une insuffisance tricuspidienne, car les soulèvements de Ja veine ne sont pas isochrones avec la contraction ventriculaire. Le

premier précède la systole auriculaire, le second coïncide avec cette:

systole.

Cet état de chose se maintient jusqu’au 22 décembre. A partir de ce

moment de nouveaux signes apparaissent. Les urines sont toujours

rares, deviennent albumineuses, et le pouls, sans augmenter de fré-

| quence est manifestement plus faible. Il y a de l’augmentation de la cyanose des membres et du refroidissement des extrémités. Le choc pré-

cordial est moins prononcé, le piaulement du premier bruit cardiaque

disparait, le souffle lui-même est moins rude. ;

Ces signes d’affaiblissement du cœur se confirment les jours suivants, | et le 26 décembre le malade meurt subitement ayant gardé jusqu'à la

: "4 fin toute sa connaissance, et sans avoir présenté la tachycardie, l’ary- ut

AR thmie croissante et la semnolence qui accompagnent d'ordinaire les

ce 2 dernières périodes des maladies du ecur. Le matin même de la mort,

le pouls battait encore à 36 pulsations.

Pt

Page 1