DÉFINITION
Le pouls lent permanent, maladie de Stokes-Adams, est une affection ou plus exactement un syndrôme caractérisé par le ralentissement permanent des battements cardiaques et des pulsations artérielles, et par des crises syncopales et épileptiformes. dont le retour coïncide avec des paroxysmes dans le ralentissement du pouls. Ces troubles du système nerveux, pour n'avoir pas l’importance capitale de la bradycardie, n’en représentent pas moins un élément essentiel et caractéristique.
Nous n’aurons donc pas à nous oceuper dans cette étude du phénomène du pouls lent transitoire que l’on rencontre dans de nombreuses affections soit aiguës soit chroniques : la bradycardie de l’ictère biliphéique, celle des intoxications par la digitale, la cocaïne, le plomb, l'aconit, la ciguë, le strophantus, la mus-
carine ; celle qu'on rencontre dans certaines formes graves à
tendances syncopales de la grippe, de la diphtérie, du rhumatisme aigu, de la variole, ou encore à la suite du surmenage musculaire et qui d’après Saurel doit être rapportée à l’intoxication par les produits de désassimilation musculaire. Le pouls lent transitoire se rencontre encore dans certaines pyrexies, dans l’anémie, les suites immédiates de couchés ; chez les neurasthéniques. C’est enfin un phénomène très important dans la symptomatologie des affections des méninges et des centres nerveux, en particulier dans la méningite tuberculeuse. On l’observe de plus dans les traumatismes avec contusion cérébrale, dans les fractures de la base du crâne ou des vertèbres cervicales. Le
k DU POULS LENT PERMANENT
pouls lent transitoire par action réflexe s'observe dans les douleurs vives ou au cours de violentes émotions.
Dans tous ces cas, il est facile de rapporter le ralentissement du pouls à sa véritable cause. L'ensemble des symptômes constituant la maladie causale fournit des éléments suffisants de diagnoslie : au cours d'un ictère biliphéique, par exemple, au cours d’une intoxication, d’une pyrexie quelconque, au cours d'une méningite surtout, il ne saurait être question de discuter le diagnostic du pouls lent permanent. La disparition du ralentissement du pouls en cas de guérison ne laisserait aucun doute à ce sujet.
Nous devons encore éliminer du cadre de la maladie de Stokes-Adams le pouls lent permanent physiologique qui se rencontre chez des sujets sains et parfaitement constitués. Il ne semble avoir pour origine aucune lésion pathologique et parait être congénital. On a signalé comme cause de ce phénomène anormal l'influence de la race : les Bretons, les Nègres présenteraient un pouls un peu plus lent que la normale. Le cas célèbre de Napoléon 1° dont le pouls ne battait que 40 fois par minute ne doit pas être admis sans réserves. Napoléon présentait d'ailleurs des crises de petit mal.
Les observations caractéristiques de pouls lent physiologique ne sont pas très nombreuses : Haller en rapporte deux cas avec pouls à 25 à 30, Tripier un cas où le pouls lent serait apparu chez une jeune fille et aurait persisté pendant 62 ans, le pouls battant à 40-50. Dans la plupart des cas publiés, Le pouls battait 40 à 50 fois à la minute, cependant nous devons signaler plus spéclalement le cas rapporté par Vigouroux qui a connu pendant cinq ans un laboureur dont le cœur et le pouls battaient 20 fois par minute. Dans une observation de Rendu publiée dans la Semaine médicale en 1891, il s'agit d'un jeune homme dont le pouls battait de 16 à 18 ; la fréquence du pouls ne s'élevait même pas si le malade travaillait, courait ou montait précipitamment un escalier, Ge sujet était d’ailleurs très bien portant.
Le pouls lent physiologique, pour être rare, n’en existe done pas moins; il se distingue d'ailleurs très facilement du pouls
perm pathologique par l'intégrité absolue et complète à &n sant générale, et par l’absence totale des troubles nerveux Ï accompagnent la maladie de Stokes-Adams. Le =