LOI
* .le crois avoir montré suffisamment que ma demande est bien fondée en droit, et que l’action n’est pas recevable. Vous allez voir maintenant uno adroite manœuvre de celui qui a été l’âme do toute celte allaire, je veux parler d’Arislophon.*Jugoantbien, d’après tout ce qui s’était passé, qu’ils n’avaient absolument aucun droit, ils entrent en arrangement avec Protos, et le décident à leur abaudonher toute l’affaire. Dès le début, nous le voyons bien maintenant, ils travaillaient en ce sens, et cela était naturel, mais ils étaient restés longtemps sans rien obtenir. En effet, tant que Pfotos put espérer un bénéfice à faire sur le blé lyndu à Athènes, il y tenait fort, aimant mieux prendre le gain pour lui en nous payant, que d'entrer en société avec coux-ci, et de partager le profit avec eux en nous faisant tort. Mais, do retour ici, il eut à s’occuper des difficultés qui s’élevaient. Cependant le blé baissa, et aussitôt notre homme changea d’avis. En môme temps (car il faut. Athéniens, vous dire toute la vérité), nous aus.si, ses créanciers, nous le pressions, bous étions mécontents do voir que la perte allait retomber sur nous, nous lui reprochions do n’avolr amené qu’un plaideur de mauvaise foi, au lieu du chargement que nous attendions. Alors cet homme, qui par nature n'est pas des meilleurs apparemment, se tourne du côté de nos adversaires, et consent à faire défaut sur l’action que Zénothémis lui avait intentée avant qu’ils ne fussent d’accord. Si ce dernier se fût désisté envers Protos, on aurait aperçu tout d’abord la manoeuvre dirigée contre nous. D’antre part. Protos no Voulait pas laisser prendra contre lui un jugement contradictoire.
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Si.on lui tenait parole, il était toujours à temps de s’exécuter, sinon il avait la ressource de former opposition. Mais à quoi bon eos précautions? Si Protos a fait ce que Zénolhéinis lui reproche dans son assignation, cen’est pas une condamnation civile, c’est la peine capitale que Protos a justomcnt oncourue. Si, au fort du danger et pendant la tempête il a bu du vin jusqu’à perdre la raison, quel châtiment n'a-t-il pas mérité de subir? ou bien encores’il a volé dos papiers, brisé des cachets? Au surplus, c'est entre vous deux que vous aurez à discuter toutes ces choses. Pour toi, Zénolhémis, garde-toi de confondre ma cause et la sienne. Si Protos t’a fait tort, on parole ou on action, tu l’es fait rendre justice, c’était ton droit. Mul de nous ne t’en a empêché, et aujourd'hui môme nous ne to demandons que d’épargner Protos. Si tu l’as calomnié, ce n’est pas notre affaire. Mais il a dispai^i, dites-vous, oui, c’est vous qui l’avez fait disparaître, pour nous priver do son témoignage, et pour pouvoir dire tout ce ffu’il volts plaira contre lui. Si ce défaut n’avait pas été contesté entre vous, tu l’aurais cité devant le polémarquo, tu lui aurais demandé caution, et s’il avait fourni caution, il aurait été bien forcé do se représenter, ou du moins lu aurais eu à qui t’en prendre, .'â’il n’avait pas fourni caution, il serait allé en prison. Au lieu do cola vous avez fait cause commune. Il espère, grâce h loi, échapper au payement de la différence dont il est responsable envers nous, et toi, tu l’accuses afin de l’approprier ce qui nous appartit'iil. El la preuve, c'est que je l’assignerai; toi, tu no lui as pas demandé caution, et aujourd’hui même, tu to gardes bien de l’assigner.
Ils ont encore un autre moyen sur lequel ils comptent pour vous tromper et vous .surprendre. Ils accusent Démoslhèno, ils diront quo si jeeo l’avais pas eu avec moi, je n’aurais pas osé faire ce procès. Son talent, sa réputation leur paraissent propres à donner du crédit à cotto supposition. Il est vrai, .Athéniens, quo Dômo.sthèno est mon parent, mais (j’atteste ici tous les Dieux que je dis la vérité) le jour où j'allai le trouver, où je lui demandai de m’assister et de me défendre, comme pour une affaire grave ; «Démon, me dit-il, je ferai ce que tu voudras, car il serait dur do te refuser. Pourtant avec ta position il faut voir aussi la mienne. Depuis qUe j'ai commencé à parler sur les affaires publiques, il ne m’est pas arrivé une seule fois do plaider une cause
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privée. Je me suis même abstenu de celles qui touchent à la politique... »