III. — PLAIDOYER CONTRE LACIUTE
La conduite de ces PhaséUtes n'a rien qui doive vous étonnor, a juges, c’est l’habitude chez eux. Ils sont très-habiles à se faire prêter des fonds sur notre place, mais dès qu’ils les ont reçus et qu’ils ont souscrit le contrat maritime, iis oublient aussitôt les contrats, les lois, l’obligation do rendre ce qu’ils ont reçu. Rendre, pour eux, c’est perdre du leur. Aussi, au lieu de rendre, ils inventent des sophismes, des déclinatoires, des prétextes -, on no saurait pous.sor plus loin l’improbité et la mauvaise foi. 11 y
a une preure de ce fait : De tous ceux qui Tiennent en grand nombre à votre marché, Grecs et Barbares, les Phasélites ont toujours à eux seuls plus de procès que tous les autres ensemble. Voilà comme ils sont tous. J’ai donc fait, juges, un prêt à là grosse à Artémon, frère de mon adversaire, conformément aux lois commerciales, pour un voyage au Pont et retour à Athènes. Artémon étant mort avant de m’avoir rendu l’argent, j’ai intenté cette action à Lacrite, que vous voyez, aux termes de ces mêmes lois d'après lesquelles j'ai contracté. Lacrite est le frère d’Artémon, il possède tous les biens de ce dernier, ceux qu’il a laissés ici comme ceux qu’il possédait à Phasélis; il est son héritier universel, et il ne peut alléguer aucune loi, qui, lorsqu'il a appréhendé la succession de son frère, lorsqu’il en a disposé comme il lui a semblé bon, l’autorise à ne pas payer ses dettes, et à dire maintenant qu’il n’est pas héritier, et qu’il s’abstient. Telle est l’improbité de ce Lacrite. Je vous prie donc, juges, de m’écouter avec bienveillance dans cette affaire. Si je prouvequ’i! a fait tort, à nous prêteurs, et qu’il n’a pas moins fait tort à vousmêmes, en CO cas venez-nous en aide et maintenez nos droits.
Personnellement, juges, je ne connaissais pas le moins du mond<f ces gens-là. àlais j’ai pour amis Thrasymède, fils de Diophante, j’entends celui de Sphette, et son frère Mélanope, et nous nous voyons le plus possible. Un jour ils vinrent me trouver, avec Lacrite que voici (d’où le connaissaient-ils? je ne sais), et me prièrent de prêter de l’argent pour un voyage au Pont à Artémon , frère de Lacrite, et à Apollodore, et de les mettre ainsi en état do prendre la mer. Ni Thrasymède, ni moi, juges, ne connaissions la mauvaise foi de ces gcns-là. Nous pensions avoir affaire à d'honnêtes gens, puisqu’ils .se donnaient et se faisaient passer pour honnêtas, et nous ne doutions pas qu’ils no tinssent toutes les promesses que Lacrite faisait pour eux. Thra- • ■ symède se trompait fort, et ne savait pas à quels oiseaux do proie
il se trouvait mêlé. Je cédai donc à ses instances, à celles do son frère, à Lacrite, qui se faisait fort que ses frères rempliraient envers moi tous leurs engagements, et avec l’aide d’un homme do Caryste, qui est notre hôte, je prêtai trente mines d’argent. Je commencerai, juges, par vous faire entendrela lecture do l’acte par lequel nous avons fait ce prêt, et les dépositions des témoins qui ont assisté à l’emprunt. Nous passerons ensuite au reste, et
CHEZ US ATHÉNIENS
nons vous montrerons tous les vols commis par nos adversaires dans l'exécution du contrat. Lis d’abord l’acte, et ensuite les dépositions.
CONTRAT
<1 Androclès de Sphette et Nausicrate de Caryste ont prôté à Artémon et ApoUodore, de Phasélis, trois mille drachmes d’argent pour un voyage à Mondé et Scioné, de là au Bosphore, et môme, s’ilsle veulent, jusqu’au Borysthène,en longeant la côte à gauche, avec retour à Athènes, à raison do deux cent vingtcinq drachmes par mille, et de trois cents drachmes par mille s’ils ne re[>rennent la mer qu’à l’automne pour aller du Pont à Hiéron. Ce prôl est affecté sur trois mille amphores de vin de Mendé, qui sera chargé à Mende ou à Scioné, dans le navire à vingt rames commandé par Ilyblésios. Il est déclaré que les objets ainsi affectés sont francs et quittes do toute autre dette, et no seront point affectés à un nouvel emprunt. Ils ramèneront à Athènes sur le mémo navire toutes les marchandises qu'ils auront prises en échange au Pont. Si ces marchandises arrivent à bon port à Athènes, les emprunteurs payeront aux préteurs la somme qu’ils leur devront, aux termes du contrat, dans les vingt jours de l’arrivée à Athènes, sans autre déduction que celle du jet, pour le cas où des marchandises auraient été jetées à la mer par tous les passagers délibérant on commun, et colle des rançons qui pourront être payées aux ennemis. Sauf ces déductions, le payement devra être intégral. Ils mettront à la disposition des prêteurs le gage intact, ju.squ'à ce qu’ils payent la somme due, 'aux termes du contrat. A défaut de payement au terme convenu, les prêteurs pourront se mettre en possession du gage et le vendre au prix qu’ils on trouveront. Et si le prix est insuffisant pour remplir les prêteurs do la somme qu’ils devront recevoir aux termes du contrat, les prêteurs pourront poursuivre Artémon et ApoUodore sur tous leurs biens de terre et de mer, en quelque lieu que ces biens se trouvent, comme s’il y avait contre eux jugement de condamnation et mise en demeure, et ce droit appartiendra à chacun des préteurs comme à tous les deux. Si les emprunteurs n’entrent pas dans le l’ont-Euxin, ils feront relâche dans l'Uellespont pendant les dix jours après la canicule, et mettront les marchandises à terre dans un lieu où les
Athéniens n’ont pas droit de représailles, et lorsqu’ils reviendront de ce lieu à Athènes, ils payeront les intérêts portés au contrat l’année précédente. En cas d’accident arrivé au navire sur lequel seront transportées les marchandises, on s’efforcera de sauver les marchandises affectées à l'emprunt, et le produit du sauvetage appartiendra par indivis aux prêteurs. A l’égard de tous ces points, rien ne pourra prévaloir sur la présente convention. Témoins : Phormion du Pirée, Céphisodoro de Béotie, Héliodore do Pitthée. I)
Lis maintenant les témoignages.
TÊHOIGNAflES.
« Archonomide, fils d’Archédamas, d’Anagyrasiou, déclare qu’un acte a été déposé chez lui par Androclès do Sphotto, Nausicrato do Caryste, Artéraon et Apollodore de Phasélis, et que l’acte est encore chez lui. »
Lis aussi le témoignage des assistants.
TÉMOIGNAGE
<1 Théodote, isotèle, Charinos fils d’Épicharès de Leuconoé, Phormion, fils de Céphisophon, du Pirée, Céphisodore de Béotie, Héliodore de Pitthée déclarent avoir été présents lorsque Androclès a prêté trois mille drachmes d’argent à Apollodore et Artémon, et savoir que l’acte a été déposé chez Archénomido d’Anagyrasion. »
Aux termes de eet acte, juges, j’ai prêté les fonds à Artémon, frère de Lacrite, sur la recommandation do ce dernier, et sur la promasso qu’il m’a faite que tous les engagements pris envers moi dans l’acte de prêt seraient fidèlement remplis. C’est luimême qui écrivit l’acte, et, après l’avoir écrit, y apposa son cachet avec moi. Ses frères, en effet, étaient encore mineurs, et tout enfants, mais lui, Lacrite de Phasélis, était un personnage, un élève d’Isocrate. C'est lui qui conduisait toute l'affaire, et c’est sur lui qu’il m’engageait à compter. Il disait, en effet, qu’il pourvoirait lui-même à tout ce que j’avais le droit d’exiger, et qu’il resterait à Athènes pendant que son frère Arlémon voyagerait avec l’argent. A ce moment, juges, lorsqu’il
voulait so procurer notre argent, il se disait frère ot associé d’Artéuion, . et tenait le langage le plus séduisant du monde. Mais dès qu’ils eurent Tes fonds entre les mains, ils se les partagèrent, et en firent l’usage qu'ils voulurent ; quant au contrat marifimc qu’ils avaient passé pour avoir les fonds, ils ne l’ont exécuté ni peu ni prou, comme le fait mémo l’a montré. Toute cette trame a été ourdie par ce Lacrite que vous voyez. Je vais prendre tous les articles du contrat, l’un après l'autre, et je vous montrerai que mes adversaires n’ont rien fait qui puisse être justifié.
L’acte porte en premier lieu qu’ils ont emprunté de nous trontu mines sur trois mille amphores do vin, d’une valeur suffisante pour garantir encore un autre emprunt de trente mines. Ainsi la valeur du vin était fixée par là même à un talent d’argent, plus de quoi couvrir les frais quo ce vin exigeait pour sa conservation. Ces trois mille amphores devaient être portées dans le Pont sur le navire à vingt rames commandé par Ilyhlé.sios. Voilà, juges, ce qui est écrit dans l’acte dont vous avez entendu la lecture. Qu’ont fait nos adversaires? Au lieu de trois mille amphores, ils n’en ont pas chargé cinq cents sur le navire. Au lieu d’acheter la quantité do vin convenue, ils ont employé les fonds comme il leur a plu; mais quant aux trois mille amphores, ils ne se sont jamais occupés de les charger sur le navire aux ternies du contrat. Ils n’y ont même pas songé. Pour preuve de ce quo j'avance, prends le témoignage de ceux qui étaient avec eux sur le même navire.
TÉMOIGNAGE
« Erasiclès déclare qu’il gouvernait le navire commandé par Hyblé.sios, et qu'à sa connaissance Apollodoro avait mis sur ce navire quatre cent cinquante amphores de vin do Mendé, pas davantage. Du reste Apollodore n’avait sur ce navire en allant au Pont aucune autre marchandise.
g Ilippias, fils d’Athénippo, d’Halicarnasse, déclare qu’il a fait le voyage sur le navire d'Hyblésios, comme contre-maitro, et qu’à sa connaissance Apollodore de Phasélis conduisait do Mendé au Pont dans son lAtiment quatre cent cinquante amphores de vin de Mendé, et aucune autre marchandise.
« Ont encore déposé : Archiade fils do Mnésonido, d’Acliarnes, Sostrate fils de Philippe, d'Histiée, Eumariquo fils d’Eubéo,
DU PR^.T A LA GROSSE
d’Histiéo, Philliade fils de Ctésias, de Xypété, Donys fils de Üéoiocratide, de Chollé. »
En ce qui concerne la quantité du vin qu’ils devaient charger sur le navire, voilà ce qu’ils ont fait, et c’est ainsi qu’ils ont enfreint le contrat et refusé de l'exécuter, en commençant par le premier article. Après cela, il est dit dans le contrat qu’ils affectentees marchandises libres de toute cliarge, qu’ils nedoivent rien à personne, qu’ils no feront à qui que ce soit aucun autre emprunt sur les mômes marchandises. Cela est écrit, juges, en termes formels. Or qu'ont-ils fait? Oubliant ce qui est écrit dans l’acte, ils empruntontàje ne sais quel jeune homme, à qui iis se donnent comme no devant rien à personne. Ainsi ils usaient de dol envers nous en empruntant sur nos biens, à notre insu, et en môme temps ils trompaient ce jeune homme, leur prôteur, en donnant pour libres les biens qu’ils afTectaient à ce nouvel emprunt. Telle est la fraude dont ils .se sont rendus coupables, et c'est Lacrite que voici qui a tout conduit. Pour prouver que je dis vrai, et qu'ils ont contracté un nouvel emprunt, contrairement au contrat, on va vous lire le témoignage du nouveau prêteur lui-môme. Lis le témoignage.
TÉMOIGNAGE
Il Aratus d’Halicarnassc déclare avoir prêté à Apollodore onze mines d’argent sur le fret qu’il conduisait au Pont dans le navire d’Uyblésios, et .sur le fret de retour, et n’avoir pas su qu’Apollodore avait déjà emprunté de l’argent à Androclôs, autrement il n’aurait pas lui-même fait ce prêt à Apollodore. »
Telle a été la mauvaise foi de ces gcns-là. Après cola, juges, il est écrit dans l’acte qu’après s’être défait, au Pont, des marchandises par eux apportées, ils en achèteront d’autres qu’ils oliargeront comme fret do retour et qu’ils conduiront à .Athènes, et qu’après leur retour à Athènes ils nous rendront l'argent en bonne monnaie, dans un délai de* vingt jours. Kn outre, jusqu’à ce qu’ils nous aient payés, cos marchandises sont à nous, et ils .sont tenus do les tenir intactes à notre disposition jusqu’à ce que nous ayons louché. Tout cola est écrit dans l’acte on
termes précis. C’est ici, juges, que nos adversaires ont montré de la manière la plus éclatante leur audace et leur eiïronterie, no tenant aucun compte do ce qui ost écrit dans l’acte, et ne voyant d’ailleurs dans tout cet acte que de vains propos etdes paroles en l’air. Ils n’ont rien acheté au Pont, en remplacement des marchandises vendues, et n’ont pris aucun fret de retour pour Athènes, et nous, préteurs, après leur retour du Pont, nous n’avons trouvé aucun gage dont nous pussions nous saisir, et nous mettre eu possession en attendant que nous fussions remboursés, puisqu’ils ne rapportaient aucun chargement dans votre port. Loin de là, juges, on nous i traités do la façon la plus inouïe. Uans notre propre ville, sans que nous leur eussions fait aucun tort, sans qu’ils eussent aucun jugement contre nous, ils ont exercé sur nos biens un droit de prise, eux, citoyens de Phasélis, comme si le droit de prise était reconnu aux Phasélites contre des Athéniens. Et en effet, s’ils ne veulent pas rendre ce qu’ils ont reçu, n’est-ce pas appeler les choses de leur vrai nom que de dire qu’ils enlèvent de vive force le bien d’autrui. Pour moi je ne sache pas qu’il ait jamais été commis de fraude plus noire que celle dont ils se sont rendus coupables envers nous, et cola, lorsqu’ils reconnaissent qu’ils ont reçu de nous l’argent. Toutes les fois qu’on n’est pas d’accord au sujet d’un contrat, en ce cas, juges, |il faut qu’un tribunal décide ; mais quand les faits sont reconnus do part et d’autre, et expressément prévus par le contrat maritime, personne ne doute qu’on ce cas tout est fini, et qu’il faut s’en tenir à la lettre de l'acte. Ainsi, loin do rien faire pour exécuter le contrat, ils ont, dès le début, employé des manœuvres et un concert frauduleux pour une conduite qui n’a rien d'honnête, et c’est de quoi, vous le voyez, ils sont manifestement convaincus tant par les dépositions des témoins que parleurs propres aveux.
Il faut maintenant vous faire connaître le plus grave des griefs que j’ai contre Lacrito ; car c’est lui qui dirigeait tout. Lorsqu’ils durent de retour ici, au lieu d’aborder dans votre port, ils ont pris terre au port des Voleurs, situé hors des barrières do votre marché. Prendre terre au port des Voleurs, c’est comme si l'on prenait terre à Égine ou à .Mégaro. On peut sortir de ce port pour aller où l’on veut, et au moment que l’on jugo opportun. Le bâtiment resta là pendant plus de vingt-cinq jours. Cependant
4(i UO PRÊT A LA GROSSE
ils allaient et venaient devant notre magasin, nous nous approchons d’eui, nous échangeons quelques paroles, et nous les motions en demeure de pourvoir à ce que nous soyons payés le plus tôt possible. Ils reconnurent la dette, et promirent de terminorraffairo. Nous ne les perdions pas de vue, et nous restions aus aguets pour voir s’ils no déchargeraient rien hors du bAtiincnt, ou s’ils ne feraient aucune déclaration on douane. Cependant les jours so suivaient, eux étaient toujours ici et nous n’apprenions pas qu’il eût été rien déchargé ni déclaré en leur nom, nous commençâmes alors à réclamer avec plus d'insistance. Comme nous les pressions vivement, Lacrlle, le frère d'Artémon, répond qu'il leur est impossible de nous rembourser, que toutes les marchandises ont péri, et qu’il a un bon moyen de défense contre nous. Nous fûmes indignés, juges, d’entendre un pareil langage, mais toute notre indignation no servait de rien. Ils ne s’en souciaient nullement. Nous leur demandâmes pourtant comment les marchandises avaient péri, l.acrite nous dit que le bâtiment avait fait naufrage dans la traversée do Panticapée à Théodo.sie, et que dans ce naufrage ses frères avaient perdu toutes les marchandises qui so trouvaient sur le navire, c’étaient des salaisons, du vin de Cos, et autres choses pareilles. Ils ajoutèrent que c’était leur fret de retour, et qu’ils allaient le conduire à Athènes si tout n’avait pas péri avec le navire. Tel fut son langage. Voyez maintenant la mauvaise foi de ces gens et leur mensonge. D’abord ils n’avaient aucun intérêt dans le navire qui a fait naufrage, c’était un autre qu’eux qui avait ]irôlé, à Athènes môme, sur le fret à ftiire dans le voyage au Pont, et sur le corps et quille du navire (le nom du prêteur était Aulipatros, de Cittion). Quant au vin do Cos (quatre-vingts amphores de vin passé), et aux salaisons, tout cela appartenait â un propriétaire qui les faisait venir do Panticapée à Théodosie pour nourrir les ouvriers employés à la culture de ses terres. Pourquoi donc tons ces prétextes? car enfin ils n’avaient aucun intérêt sur ce navire. Prends-moi les témoignages, d’abord celui* d’Apollonide qui déclare que le prêt fait sur ce navire avait été fait par Antipatros, et que le naufrage n’intéresse en rien nos adversaires, ensuite ceux d’Erasiclès et d’Ilippias attestant que le navire transportait seulement quatre-vingts amphores et pas davantage.
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CHEZ LES ATHéNIENSi
TEMOIGNAGES
a Apollonide d’Halicarnasse déclare qu’il est à sa connaissance qu'Antipatros do Cittion a prêté à Hjblésios, pour un voyage au Pont, sur le navire commandé par Hyblésios, et sur le fret d’A- ^
thèncs au Pont; qu’il était copropriétaire du navire avec Hyhlé- '
sios; que des esclaves à lui accompagnaient le navire, et qu’au moment du naufrage ses esclaves «yürouvaient là et lui ont ^
porté la nouvelle, et que le navire étanvide lorsqu'il périt dans ^
la traversée de Panticapéo à Théodosie.
« Érasiclès déclare qu’il a fait le voyage du Pont avec Hyblôsios, en qualité do pilote, et qu’il est à sa connaissance que le navire était ride lorsqu’il a fait la traversée de Panlicapée à Théodosie ; qu’il n’y avait pas, sur le bâtiment, do vin appartenant à Apollodorc, le défendeur au procès actuel, mais qu’il s’y trouvait environ quatre-vingts amphores de vin de Cos, appartenant à une personne de Théodosie.
« llippias fils d'Athénippo, d'Halicarnasse, déclare qu’il a fait *
le voyage avec Hyblésios, comme surveillant, et qu’au moment ou le navire partit do Panticapée pour se rendre à Théodosie,
Apollodore y chargea un oudeux ballots do laine, onze ou douze vases de salaison, et deux ou trois paquets do peaux do chèvre, rien de plus.
U Ont fait les mêmes déclarations Euphilète fils de Damotiine, d’Aphidnœ, Uippias fils de Timoxène, de Thymæta, Sostrato fils de Philippe, d’Histiée, Archénomide fils de Straton, de Thriase, Philtiade fils de Ctésiclès, de Xypété. »
Telle est l'impudence de ces gens-là. Pour vous, juges, réfléchissez en vous-mêmes, si vous avez jamais vu ou entendu dire qu’on ait apporté du vin du Pont à Athènes, pour le vendre, et surtout du vin de Cos. Au contraire, c’est de nos environs qu’on porto du vin dans le Pont, c’est doPéparèthe et de Cos, do Thasos et de Mendé, et d’autres villes encore. Ce qu’on apporte du Pont ici est toute autre chose que du vin. Cependant nous les retenions, nous les pressions pour savoir si quelques ciïets avaient été sauvés dans le Pont ; Lacrite répondit alors qu’il avait sauvé cent statères de Cyzique, et que son frère avait prêté cet or dans IcPont à un capitaine de Phasélis, son concitoyen et son
ami, ot qu’il ne pouvait le ravoir, en sorte que cela même (levait être considéré comme perdu. Voilà ce qu’a dit Lacrile, mais l'acte ne dit pas cela, juges. 11 prescrit à nos adversaires d’employer le prix de leur fret à acheter un fret de retour qu'ils rapporteront à Athènes ; il ne les autorise nullement à prêter nos fonds à qui ils voudront, dans le Pont, sans notre aveu. Ils doivent mettre à notre disposition le gage intact jusqu’à ce que nous ayons régulé remboursement des sommes prêtées. Lis-moi l'acte encore une foi?,