LETTRE A
En 'ISGO, une polémique s'était engagée, touchant la mort de Uousseuu, (Ions un journal hebdomadaire, k Monde illitslré. Le petit-fils de Houdon, M. Edmond Duval, crut devoir intervenir et adressa au journal la lettre suivante, qui parut dans le numéro du 22 décembre ^860.
» Vous avez parlé, dans la chronique du Monde illustré^ du » masque de J.-J. Rousseau, moulé par le sculpteur Houdon.
» Je suis le petit-ûls de Houdon, et j'ai vu dans ma jeunesse )) ce masque dans l'atelier de mon grand-père.
» Souvent j'ai entendu parler du genre de mort de Jean-Jac- » ques, et j'ai toujours entendu nier absolument qu'il se fût n suicidé.
» Mon grand-père ne trouva sur le cadavre , presqu'encore » chaud, qu'une légère égratignure sur le front. Cette blessure n n'attaquait que l'épiderme, car on peut suivre encore sur le I) masque les lignes formées par les rides.
» Mon grand-père affirmait que Rousseau était assis, et que, » se sentant tout-h-coup indisposé, il avait voulu se lever, et )) était tombé le front contre terre.
» Suivant M. Houdon, Rousseau serait donc mort d'un coup I) de sang (1), et la blessure du front serait une suite toute natu- » relie de la chute du corps.
(I) Lo procès-verbal tlil : une attaque d'apoplexie séreuse. La nuance est indilïorente et la conscquenco est la niOmo.
ANNEXKS. 39
» En 1822, le masque de Rousseau fut vendu avec les autres » objets qui composaient l'atelier de mon ayeul.
» Si mes souvenirs sont fidèles, le prix de ce masque, aux » paupières duquel adhéraient quelques cils, s'éleva à la somme » de 300 francs. M. Gossuin, l'acquéreur, le fit lilhographier !) assez fidèlement, et j'ai trouvé chez moi un exemplaire de celle I) lithographie, devenue de toute rareté.
» Dans votre dernière chronique, vous parlez de l'intérêt qu'il » y aurait à publier un dessin de ce masque ; je me fais un plai- » sir de vous l'envoyer. »
Le journal a donné en effet ce dessin dans le môme numéro que la lettre, et son inspection confirme pleinement le dire de M. Duval et de son aveul.