‹ Du prêtreChapitre 11 sur 17 · AV · texte numérisé non relu

AV

uno môme chose ; le mari en est pcrsuadéj oli n'en iloule plus dans l'endroit; sa triste compagne va se voir déchirée, torturée dans sa religion après l'avoir été dans tous ses sentiments; la source qui lui restait pour aller puiser un peu de vie, ne lui sera plus ouverte qu'au prix d'amertumes cruelles et d'outrages sanglants ; elle aura un autre supplice dans l'ûme de ses fils, ils seront sous ses yeux ravis à sa religion, à son espérance, à sa foi; oh les aura sauvés de la confession et du christianisme, mais non pas toujours de la honte et du crime, non pas du bagne quelque jour, des échafauds peut-être.

Voilà quel sera, dans plusieurs cas, le l'ésuUat de vos doctrines; ô vous si remarquable par la bonté du cœur, comment avez-vous pu courir ce terrible hasard? Et prenez garde à tout ce qui respire làdessous de mépris pour la femme.

Vous faites a})pel au chef de la famille , il faut que sa compagne adopte les pensées qu'il a et n'en reçoive d'aucun autre. Vous n'en exceptez pas mémo la religion; mais dites, a-t-elle une Ame? Faut-il parmi nous, comme en certains lieux d'Orient, poser cett« question? Mais si vous no lui refusez pas une Ame, laissez-lui donc la liberté d'en exercer les droits. Est-ce que le premier de tous n'est pas celui de la conscience? Vous ne voyez en elle qu'un être faible qui se décide par de faibk's instincts. Le christianisme pour les femmes, c'est un directeur, c'est un homme. Voilà votre jugement sur elles : cela n'est pas trop poli ou trop

flatteur à dire. Avec la marche que prennent vos idées, ort arriverait Ijien vite à n'en faire plus qu'une brillante bagatelle , un meuble utile , un jouet, une esclave. Faites plus d'honneur à la mère de l'homme. La vie est pour elle plus lourde et plus amère ; elle souffre plus que l'homme ; elle a plus de douleurs, moins de joies. Voilà pourquoi elle est plus religieuse. Elle aime le christianisme par cet instinct élevé qui ramène toutes les âmes d'élite vers le Dieu couronné d'épines ; elle honore le christianisme et le christianisme l'honore. C'est à lui qu'elle doit ses plus nobles vertus et cette dignité morale qiii l'ont portée si haut dans les respects du monde.

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