‹ Du prêtreChapitre 3 sur 17 · LE PRETRE ET LE SIMPLE BON SENS · texte numérisé non relu

LE PRETRE ET LE SIMPLE BON SENS

Intérieiir do la faniillo. — Deux poinis de vue.

« Il s''agit de la famille.... H y a dans la « famille un grave dissentiment..,. Nous <( pouvons parler à nos mères , à nos fem- « mes , à nos filles , des nouvelles du jour; <( nullement des choses qui touchent le « cœur et la vie morale , des choses éter- <c nelles , de religion , de Pâme , de Dieu. . . . <( Hasardez-vous à dire un mot de ces cho-

'( SOS, volro mèro sccouo Iristomonl la (ôlo, « volrc femme cou IrcJit, volrc iillc, loiit

«en se taisant, désapprouve Elles

(( sont triin côté de la table, vous de Tau- <i tre, et seul. » [Page 5. )

Il y a des Iroquois, des Patagons, des Nègres océaniens et d\iulres Sauvages. Que Tun d'eux comprehne le français ou ce qui semble tel, qu^il trouve au seuil de sa cabane Touvrage de M. Michclet, qu''il s''avise de lire. En voyant cette larmoyante peinture, il dira : La parole et Técriture ne sont point données à Pliomme pour cacher sa pensée , à plus forte raison pour exprimer le mensonge. Puisqu'elles sont écrites, ces choses sont vraies. Trois fois heureux les peuples que n'*apointvisitcsla civilisation! La nature vaut mieux. L'amour et la paix régnent souvent au sein de nos tribus, toujours dans nos familles. Au repos du soir^ chez SOI, à son foyer, comme dit ce Sage d'au delà des grandsfleuves, les douces effusions, les confidences naïves et fortifiantes, les avis paternels sagement donnés et religieusement sentis , l'union parfaite des joies et des

labeurs , des prières traditionnelles et des infinies espérances, de la foi au Grand- Êlre et de toute la vie. Les anciens ont vu des messagers d^Europe qui leur annonçaient la Bonne Nouvelle , mais ils n''en voulurent point. Ils avaient raison, puisque ainsi la Bonne Nouvelle déprave les affections et bouleverse la nature.

Quels Iroquois sommes-nous donc, pour que M. Micbelet, sur le simple exposé d^une cliimérique anomalie , soumette, à Pimprovisle nos convictions et nous fasse voirie soleil à minuit?

Mon Dieu! l'extrême inconvénient de ces productions comme de tant d'autres, c'est qu'on ne puisse les analyser sans risque d'enfantillage. Elles n'écbappent même communément au ridicule que par la ténuité du fond et les singularités ampbigouriques ou captieuses de la forme. Réduites au terme simple et positif, si elles ne s'éventent, leur niaiserie étonne el désole.

Imaginez un père de famille qui , rei>enant bien las au foyer, parle à sa femme y à sa fille ^ <V affaires ^ de nouvelles du jour ^

(les agitations parlementaires, de ralliance anglaise, des ignobles diamesdelacoiir d\issises, du mouvement de ses capitaux, etc., que sais-je?... et de mille sujets dont nous parlons aux indifférents. {Page 5.)

La femme soutient ses opinions personnelles, si elle ne juge plus convenable de n^en point avoir, ou elle ratifie majestueusement celles du mari , et tous deux se recueillent dans une pensée commune. — Quoi qu'Allen soit, elle contredit [ibid.) ^m^is sans oui'rir la bouche pour parler ni manger. (Page 284.)C^6St du moins un tour de force.

Que dira la fille? Je ne veux pas qu'acné soit absurde ; elle ignore la Charte et le bilan financier; ce que c'est que Tadullère

et .., son innocence le demanderait

d'abord ; sa modestie la contient et la distrait. Elle n'a rien à contredire, elle se taira parfaitement, et s'ennuiera peut-être à la fin.

Un fils, quel qu'il soit, ne cause jamais à sa mère des sentiments de pitié méprisante. Elle secoue tristement la téte^ en deux occasions: lorsqu'elle voit sa vie me-

iiacée sans retour et qiOelle épie sur ses lèvres déjà refroidies un dernier souffle inespéré ; ou bien encore sM se détourne d'elle pour courir obstinément aux sentiers des impies et professer d'affx'euses doctrines.

M. Michelel déclare qu'une situation pareille (la situation qu'il a rêvée) ne convient point à la famille. Je suis fort de son avis.

Bien plus , il me paraît certain que cette situation ne se rencontre nulle part j elle existe dans son cerveau seulement. A peine l'admettrais-je comme une exception déplorable.

Le premier soin des parents et leur étude constante à l'heure où nos intelligences veulent éclore , c'est précisément de les initier, autant que possible, à la science des choses éternelles.

ÉdiicalioD maternel^.

Voyez cette délicieuse mère qui tient dans sa main la petite main de son enfant et la dirige aTec une grâce inexprimable du

— ;30 -fi'ont vers la poitrine, cl (leTcpaule gauche à la droite , si bien qu'il aura fait le signe (le la Croix.

Avant même de bégayer le plus doux des noms de la terre, il entendait Celui devant lequel tout genou fléchit aux cieux et dans les éternels abîmes.

Bientôt viendront les jours du catéchisme. Sans même qu'ail puisse épeler encore, une interprète chérie servira sa mémoire; et ce passe-droit ravissant qu''il aura fait à Talphabel, Virgile et Tliucydide en profiteront par la suite , comme son bon sens et sa foi.

A ous souvient-il de la première communion? Oh, fadorable événement I Plusieurs semaines à Pavance , la maison prend un air de recueillement et de timide bonheur. Pour rédiger sa confession générale , Penfant , qui redoute Poubli et des omissions involontaires , s'adresse résolument à son conseil naturel,... et voilà un tableau digne du grand maître. La Table sainte est préparée. Dieu incline les cieux et descend ; le pauvre , Pcsclave , le dernier des honnncs va se nourJ'ir de Dieu , Manducat Domi-

nain paupcv^ sennis ^ et Jiuniilis. CVsl le pain (les anges : Tenfant pourra s^isseoir parmi les convives, avec sa blanche tunique clccorce cVinnocence et cVamour , pauvre petit ange de la terre. Et dès Taube matinale, après Tavoir fortifié par ses instructions prévoyantes et ses pieuses tendresses, la mère , en lui tenant la main , Taccompagne jusqu\aux degrés inférieurs de Tautel. Attentive à ses moindres mouvements , saisie elle-même d\me émotion violente et douce , nulle parole n''exprimerait ce qui se passe alors dans son coeur. La messe étant dite, le prêtre dévoile à cette jeune asscmbiéo lo ciboire d'or et les Irésoi'S intarissables de vie i[\C\\ renlVrmc. LMiostie sans tache s'élève dans un horizon suliiime, et, soit illusion pure de la foi qui contemple , soit quV'ffectivement il s''opère une transfiguration miraculeuse, Thostie semble inonder Fcspacc dVui immense et indéfinissable resplendissement. Le mystère se consomme. - hcpaiwj^e père, durant celtt; solennité, où était-il ? Au milieu delà foide, à genou.N , écoutant les prophétiques pensées

quitravL'i;>c'iUp;iisiblemeiUsoiiàme,jovea\ et grave, austère et triomphant, pieux et divinise, pour ainsi dire, de tout Tainour que lui inspire son fils. Au retour, il Tatr tendait. Le baiser qu'il lui donne alors ne ressemble plus à ceux des jours passes ; il s^incline un peu, mais ne le soulève pas jusqu'à lui comme il avait fait le matin même; son enfant, c''est un homme désormais, et un ami... Et voilà, derrière .les vitres, M. Michelet qui ricane : Bon pere^ hon hommc^ dormez sur les deux oreilles.

{Page 325j . Sacrilège balourdise I En

certaines localités où survivent encore quelques vestiges des vieilles moeurs patriarcales, la première communion confère à Tenfant le droit, bien longtemps désiré, de s''asseoir à la table des grands parents , et les bonnes gens du peuple ne comprennent pas qu''il soit possible de Tcnvoyer plus tôt en apprentissage \

Ici commence l'éducation supérieure.

1 Voyez, dans la Gazette de France du 24 janvier 1845, un portrait de la Temmc chrétienne par M. de Chàteaubriandi

Quel sera rinslitiUeur de l'enfant? M. Miclielet simule une guerre au coin du feu : la femme exi^a V école c/uétienne, le mari veut Vécole; celui-ci le collège, celle-là le petit séminaire. « Si Phomme était obstiné^ la « femme peut-être ne résisterait pas, mais « elle ne boit ni ne mange^ et jusque sur

« Poreiller — Entendez-vous ? — Elle

« maigrit ^\'^^^\evci.e'ai. J'aime mieux saw^er « ma femme... Voilà ce que dit Phomme. » Et la femme Temporte, « n''ayant à at- « tendre que rigueur au confessionnal si « elle n^avait pas réussi. » Et, par ce moyen, six cent vingt mille filles sont élevées par des religieuses (calcul Louandre), vingt mille garçons dans les séminaires, et une quantité innombrable par les frères des écoles chrétiennes. (Tout ceci, pages 284 6t suivantes passim.)

Auparavant la guerre sévissait de même dans la famille : le mari veut élever Penfant, la femme lui dispute cette prérogative, et M. Miclielet donne raison à la femme ; — je suis de son avis. — «Malheureux, prenez <( donc garde ! Tobjet est fragile ; en le

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