SAINT FRANÇOIS DE SALES
Comme quoi saint FraDçois de Sales fui le complice des jésuites. — PosseviDO. — Les Vaudois.
Les jésuites mirent en avant saint François (le Sales , comme on place au milieu d^un champ Talouelte prisonnière... Et en effet, tous les enfants accoururent.
Que faisait donc saint François de Sales pour attirer les enfants? L'alouette chantait : le grand enfant « créait , au profit de ces « politiques, ce qu'ils auraient cherché tou- « jours, le genre, le ton, et le vrai style de « la dévotion aisée. » {Page 3o.) — Remarquez que les jésuites, fourbes créateurs de la dévotion aisée , qui bâtissaient tant de
coquettes chapelles^ qui inspiraient le Guide, et tous les ails , et toutes les liitéralures, auraient cherché toujours le genre ^ le ton^ et le vrai style de la dés>otion aisée.
Bien mieux : M. Michelet nous a dit tout à riieurc : « Cette cé\'Otion aisée fut justement une cause de déconsidération pour les jésuites; elle inspirait à leurs pénitents même et à leurs pénitentes un profond dégoût. )) [Pages 29 et 3o.) Quel intérêt Irouvenl-ils maintenant à la vulgariser de plus en plus, pai- Torgane de saint François de Sales ? Ne doivent-ils pas, au contraire, pour ménager leurs intérêts et détruire des préventions si lâcheuses, la renier vigoureusement et s'en alîVancliir, à l'extérieur du moins? Comment concilier toutes ces versions?
Revenons un peu sur nos pas.
Nous savons en quelle sorte saint François de Sales, coinma grand enfant^ servait à prendre les petits enfants. — Mais quelle fut la tactique des jésuites pour
prendre saint François de Sales lui-même, et de quelle nature était le rôle qui lui fut confié, nous l'ignorons encore , nous Talions voir.
M. Michelet raconte que, a vers 1600, « le grand effort de la réaction uUramon— « /«i/ze était aux x4lpes, en Suisse, en Savoie,» — et que k sur les deux pentes on montrait « deux visages différents , face d'ange et a face de bête : celle-ci dans le Piémont , « contre les Vaudois, celle-là en Savoie et « vers Genève, que garantissaient des traités « et les lances de la Suisse \ » ( Page 3o . ) Et ces paroles ne sont pas tirées de Gulliver ou de la Barbe-Bleue.
Or, Antoine Possevino résidait à Padoue de i586 à iSgo : donc il organisait les persécutions contre les Vaudois du Piémont. Il dirigea la conscience de saint
1 En 1536, Favel , ministre protestant, vint à bout de leur faire embrasser (aux Vaudois) le calvinisme. La confession de foi qu'ils présentèrent au roi en loiO était Touvrage de quelques ministres huguenots. — Au lieu des lances de In Suisse j il fallait dire les calvinistes de la Suisse.
François de Sales : donc il formait son élevé ^ non pas à suivre son exemple, ce qui d^ailleurs parait trop naturel, mais à marcher en sens contraire , et à faire visage ctange par devers les protestants de la Savoie, tandis qu il ferait lui-même , sur un autre point , face de héte. {Pages 3o et 3i .)
Un mot sur Antoine Possevin. Il naquit à Mantoue. Cétait eifectivement un pro-fesseur: il le fut de Scipion et François do Gonzague; il fut môme recteur des collèges d^Avignon et de Lyon : car c'était aussi un jésuite , il entra dans la compagnie de Jésus vers iSSg. Cétait un erMr/fVetmêmeun grand orateur : fltalie et la France admirèrent sa parole , et le monde scientifique admire sa Bibliothèque choisie^ in-folio , son Apparatus sacer ad scripiorcs Veteris et Novi Testamenti^ 3 vol. in-fol., et ses autres ouvrages : — Moscovia , seu de rébus Moscoviticis ^ sur Tétendue de l'Etat des Moscovites , leurs moeurs , leurs religions, etc. — Judicium de quatuor scn'p-
toribus (la Noue, Bodiii, Philippe de Mornay et Machiavel), i5g2 et iSgS. — ConfUtatio ministrorum Transylvaniœ et FrancùciDavidis^ de Trinitate. — Miles chris^ tianus, — Bibliotheca selecta de rations studioram , ad disciplinas et ad salutem omnium gentium procurandam ^ iSqS , 2 vol. in-fol. , etc.
Dirait-on vraiment ww^face dehéte , fé^ roce ou non , et quelque membre de cette compagnie mort-née, qui n^a jamais produit un homme ?
Le jésuite Possevin était encore ^zplomate; bien plus, c'était un homme de génie.
Par ces considérations, et aussi parce qu'il maniait avec une prodigieuse facilité toutes les langues et tous les idiomes de l'Europe , Grégoire XIII l'envoya, en qualité de nonce, à la cour de Suède ; Maximilien II le décora du litre d'ambassadeur ; il eut également les nonciatures de Pologne et de Russie. Et , parmi les incalculables forfaits qui en résultèrent, je trouve: i° qu'il engagea le roi Jean III à abjurer le luthéra-
iii.sme';9.''qiril rclahlit la bonne intelligence entre les rois de Pologne et de Suède, et le czar Iwan IV; 3° qu'il ne tint pas à lui que la Russie ne rentrât dans le sein de Tunité catholique; 4" qu'il réconcilia Henri IV avec le Saint-Siège, et mourut à Ferrare le 26 février 1 6 1 1 , à l'âge de soixante-dix-huit ans, paisible, admiré, honoré de tous ceux qui Tavaient connu.
Comme le dit en note M. Michelet {pci^x' 3 1), le jésuite Dorigny a écrit sa vie, 1712. Bien mieux , Tiraboschi lui a consacré une notice fort intéressante dans la Ston'a délia litteratara italiana. Mais , en vérité, cette note du professeur n'est qu'une mauvaise plaisanterie, ou plutôt une façon tout aisée de faire à bon marché l'homme en us; car le jésuite, apparemment, ne pouvait aider de son témoignage des calomnies dirigées contre un des siens; et en effet, son petit in-12, d'un bout à l'autre, accuse le libelle d'imposture.
1 M. Michelet dit en slyic de choix : » Il le blanchit et le fil catholique. »
Pour se tirer d'affaire , M. Michelet coupe court à toutes les conteslations en s'atlressant une demande nouvelle :
H Cette terrible histoire des J^auclois ^ jeune homme \ dois- je en parler ou iiHen taire? ^^ {Fage 3i.) — ¥a M. Michelet nous invite à lire la trilogie des historiens vaudois : Gilles, Léger, Arnaud. — Trilogie est un mot superbe ; c'est comme si Ton disait que les trois auteurs susnommés ont écrit Thisloire vaudoise en trois points, et de manière à n'en faire qu'une. Cette explication, je la tiens d'un savant homme.
Or, qu'est-ce que Gilles, Léger, Arnaud?
Il y a quelque chose de mieux, à mon avis , que Léger et son Histoire des Eglises évangéliques des vallées du Piémont j ne fût-ce que le calviniste Mosheim, à défaut de V Histoire des variations '. — Indiquez, s'il vous plaît , les ouvrages de Gilles. — Dites s'il s'agit d'Arnaud deBrescia, ou de quel Arnaud vous parlez. Les Arnaud et les Arnauld
1 c'est une agréable façon de parler, que rilluslre professeur allcctionne beaucoup.
^ L'Histoire ImnUdnc des variations, dit M. IWichelel.
pullulent dans riiisloire. De même les Gilles. Voici, par exemple, Gilles Colonne, le docleur très-fondé {doctor fundatissimus) * ; Gilles, seigneur de Chantocé, qui fut ctouffé enlre deux matelas, pour viol et autres hauts faits , et n'écrivit rien ; Nicolas Gilles , qui écrivit les Chroniques de France depuis le sac de Troyes jusqu'en 1496 'j le cardinal Gilles de Viterbe, mort en i532 , et qui n\i laissé, avec une foule de bonnes œuvres et une grande réputation d'orthodoxie , que des commentaires sur TEcriture sainte 9 des dialogues, des poésies, et des lettres célébrées par dom Martenne; Pierre Gilles^, auteur de plusieurs ouvrages de géographie et d\m traité de vi et naturd animaliuni (i48o-i555), et Jean Gilles, maître do musique de Téglise Saint-Etienne de Toulouse (1669-1705), qui a composé de trèsbeaux motets et une messe des morts généralement regardée comme un chef-d'oeu-
1 II mourut en 1316. — Claude de Turin, disciple de F61ix d'Urgcl cl père des Vaudois, se sépara de l'Eglise romaine au neuvième siècle.
2 Je soupçonne celui-ci.
" Je soupçonne encore cohii-ci.
vro, etc., etc. — Ainsi esl-il des Arnaud et Arnauld de toutes couleurs, dont la moralité ou la compétence du moins mériterait examen. Allons, expliquez-vous.
El puis , ne confondez pas les Vaudois avec les Albigeois ou bons hommes^ ni avec les Manichéens ceux qui s'appelaient cathares^ tisserands^ manouvriers ^ ignorants <f cordonniers^ etc., etc., et le soleil avec la lune. — Ne vous méprenez pas, vieil homme ^ sur la nature des guerres que vous et les vôtres nommez de religion.
Les Albigeois valaient moins que les Vaudois; mais les Vaudois non plus, retenez-le bien , ne bornaient pas leurs prétentions à des théories pures et simples. Souvent ils couraient aux armes de leur propre mouvement, et procédaient par forme agressive. — En 1487, le pape envoya Tarchidiacre Albert de Catanée pour travailler à leur conversion, en compagnie de quelques missionnaires. Ils traitèrent brutalement les missionnaires et Parchi-
diacre. Pour se tlcfeiulre cVeux, le marquis tic Palmes fil inarclier ses soldats contre leurs bandes, et la paix fut rétablie. — En i53o , après leurs conférences de Genève, ils s\atlroupaient pour combattre une sentence du parlement. — En j535, François T' leur accorda une amnistie. — En 1543, ils reprirent les armes, renversèrent les autels, pillèrent les églises et commirent d'autres excès '. Nous aurons sur ce sujet le témoignage d\ni homme grave.
Je ne veux pas nier qu'en certains cas Tagression vint d'autre part. Mais, indépendamment du mélange humain, qui se fait toujours sentir dans les plus mystiques innovations, les systèmes religieux touchent de très-près i\ la constitution civile et au repos des Etats. Les Vaudois ne cachaient pas leurs intentions : ils voulaient détruire le royaume temporel du pape, c'était le fond de Piiérésie, et dépouiller le clergé de tout droit de propriété". Mosheim
1 JJist. de l'Acad. des Inscript., lum. IX, in-l 2, p. C15 el f)u2.
^ Voyez la vie d'Arnaml de J'.ioscia, el loujours Vllislolre de Pic rparCalcna.
kii-mcmc , en les protégeant de ses sophismes doucereux, vient confirmer cette vérité : «Leur objet, dit-il, ne fut point d^nlioduire de nouvelles doctrines dans PEglise ni de proposer de nouveaux articles de foi aux chrétiens , mais de réformer le gouvernement ecclésiastique^. » Pour en venir là, une révolution au moins était nécessaire. Concevrez-vous qu^en sa qualité de prince, obligé à sa conservation par la nécessité de veiller à celle de son peuple, le souverain pontife pût envoyer contre les rebelles des inquisiteurs? Rappelez-vous bien que ces rebelles , affublés du nom de Yaudois, n^étaient le plus souvent que d'impurs bandits, colereaux, routiers, triaverdins , couriers , mainades, au sujet desquels Pierre le Vénérable écrivait dès 1 147 • « On a vu un crime inouï chez les chrétiens : rebaptiser les peuples, profaner les églises, renverser les autels, brûler les croix, fouetter les prêtres, emprisonner les moines,
1 IJist. eccîéskist., 12° siècle , 2'' part., c. o, S M et 12. — C'est comme une (raduclion de la lettre de Pic V, citée plus haut.
les conlraindi'c à prendre des femmes par les menaces et les lounnents, etc., etc. '. Je ne parle pas de François 1" et du parlement d'Aix , qui avaient à venger des insurrections flagrantes^ sinon pour remarquer que François V nVlail ni jésuite ni aux mains des jésuites, et que le cardipal Sadolet, cvêque de Carpentras, ayant intercédé pour les Vaudois, dut échouer devant les exigences du premier président d'Oppède et de Tavocat général Guérin.
Vous vous taisez , et je me tairai moimême. INIon encre j en éciwant, ne blanchirait pas dé larmes , comme vous dites {page 3i), ou du moins les mêmes influences n\Tgiraient pas sur elle ; je pense qu''elle rougirait.
Elle rougirait, à la vue de tant de contradictions éhontées et d^infati gables sottises, qui, en résumé, ne sont toujours que des mensonges.
Vous assurez que , dans les boucheries
1 Fleury, Hist. cccJé*ta5t., liv. G9, p. 24.
de Possevino , « les bourreaux les plus « cruels furent des femmes, les pénitentes « des jésuites de Turin. » — [Page 35t.) Je le nie de toutes mes forces; j^assure que vous êtes hors d'état de le prouver, et que vous n'en croyez rien.
Vous ajoutez : « Les victimes furent des « enfants. » — Eh quoi ! ces mêmes hommes que vous aviez affublés tout à l'heure d'un tablier de nourrice et d'un poupon chéri , les voilà qui brûlent quatre cents enfants! [Ihid. ) Ils caressaient les enfants pour flatter les mères; et, par un retour subit des choses , voilà qu'ils choisissent les plus cruels bourreaux des enfants parmi les mères !
Peu importe à M. Michelet , pourvu qu'ail arrive à cette gigantesque transition : « Au seizième siècle , on détruisait les en- « fants; au dix-septième, on les volait. » / bid.) Nous verrons bien.
Je cite en passant une note de la page 32,
qui n'a nucun sens et ddiine tout unimont à M. IMiclicIct le plaisir de montrer qu'il sait Tilalien , à condition pourtant quM récrira comme ne le sachant pas. « LVdit (f de 1 655 porte, dit-il, qu\iucun Vaudois « ne pourra être forcé de se faire catbo- « lique. » — Cest d^ibord, dans la thèse de M. Michelet , un contre-sens. Car enfin quelle plus édifiante tolérance pour les
Vaudois? — : IS'ei figlluoli potranno
csser tolli ciUi loro parenft\ nicntre die sono in età minore^ cioc li mascJii di dodici e lefemine di dieci anni. « Les enfants ne pourront être sépares de leurs parents pendant qu''ils sont en bas âge, cV'st-à-dire les mâles avant douze ans, et les filles avant dix ans. » — LVdit , selon moi , prcsenlail ainsi à la sainteté du pouvoir paternel une garantie respectable. Aux termes de lYdil, quelle que soit la dangereuse influence des parents sur les pensées et la hbcrté de leurs fils ou filles, le législateur n'entend pas leur contester des droits de nature. H a (>j)éré en celte, occasion de la même manière (pie ])c)ur le
mariage, etc., etc. Un âge vient oli Tenfant se fait homme, et doit jouir de la plénitude de ses facultés d'homme ; on lui assigne à ces fins une époque dite de la majorité ; on empiète même sur la disposition générale , en Témancipant avant le terme de la majorité absolue. — Comment Pédit se sert-il du mot tolti ? Aujourd'hui même , quand une jeune mère subit Pemprisonnement, il est d'usage qu'on ne lui enlève point l'enfant suspendu à ses mamelles.
Raisonnons un peu : Les jésuites ne marchaient pas les armes à la main contre les Vaudois. L'édit n'a pas été fait parles jésuites, les rois l'ont rédigé. Dans une guerre, il y a des causes et des effets; les causes de celle-ci , je les connais : c'étaient des erreurs pernicieuses et des brigandages. Les rois combattaient pour détruire ces deux choses. Du sort de la bataille devait résulter le triomphe des rois contre les erreurs'...
* Il y a un mot de M. Lacict elle quime revient en mémoire : « François I", dit-il /craignait tics nouveautés religieuses qui pouvaient changer les caractères et les lois de a nation, etc., etc. »
Les rois victorieux sont maîtres des vaincus, comme toujours; ils les ont, pour ainsi dire, dans le creux de leur main. La première pensée qui les occupe doit être d'obvier à des révoltes nouvelles et de rendre le brigandage impossible en étoulFant son germe. Ils ont usé du droit nécessaire des représailles; mais, l'action passée, le carnage finit. Lesvaincus vivront. Cependant, s'ils vivent, les vaincus propageront indubitablement l'hérésie par l'éducation. Donc, autant que possible, le vainqueur séparera les enfants de leurs pères. Mais la nature réclame ; jusqu'à certaines époques de l'existence, l'assiduité maternelle est indispensable pour l'enfant : le vainqueur écoule la voix de la nature , et porte un édit en vertu duquel les fils et les filles ne pourront être séparés de leurs parents avant tel ou tel âge.
M. Michelet voulait se taire , il aurait bien fiiit de tenir parole.
Nous en sommes au vol dos enfants.
— 2il —
<( Ces p la g-iai/'e s ^ les enlevaient pour leur « faire abjurer /ew7' foi, et /^m/* faire haïr /ewr « famille '. » {Page 32.) — L'accusation est grave. J'écoute les preuves.
On me donne la biographie de saint François de Sales , en indiquant une foule d'historiographes qu'on semble fort n'avoir pas lus. On fabrique aisément de l'érudition avec des catalogues de librairie.
Je néglige la biographie en question.
Comme dit élégamment M. Michelet : un seul motj et jen serai quitte^
« Pour la guerre de séduction (en atten- « dant toujours les preuves) qu'o;z^ vou- « lait commencer alors, il (saint François « de Sales) avait toutes les armes : dévotion « tendre et sincère , pal^ole vive et chaude,
1 Plagiarius, en sens propre, « signifie, comme on sait, voleur d'hommes. » Jta Michelet, p. 32. — Ce mot vient (le plaga. Plagiat signifie la condamnation au fouet de ceux qui avaient vendu des hommes libres pour des esclaves. lia Voltaire, tom. YI, p. 783 de l'éd. Bacquenois.
2 C'est proprement un charme.
^ Voilà un on qu'il faudrait pourtant éclaircir.
« charme singulier de honlc, deheaulé, de « gcnlillcsse. » [Pa^e 33.) — Je n'avais pas conçu qu'il fût possible d'exploiter pour de si indignes usages tant de qualités merveilleuses, tant de bonté , tant de sincérité surtout.
Vous plairait-il de savoir pourquoi cette machine infernale « resta pourtant saint <( François de Sales? C'est que la grâce du « ciel açait plu sur lui » [Ihid.). — Jamais, oh non , jamais la grâce n'avait fait un pareil tour de force, et si bien coiffé Bclzé- ])ulh à la mode du paradis.
Encore un petit mot de biographie. Saint François de Sales , c'est une chose notoire, avait une blonde figure (comme on s'exprime en bon français), une blonde et douce figure^ qui fut toujours un peu enfantine * (avec sa longue barbe de capucin). L'histoire dit à son tour : « 11 était grand;
^ Pacc 3i.
il avait la coraplexion robuste, la voix forte et les traits réguliers '.» J'y mets de la complaisance, et j'accepte, avec Xdibloiidefigure^ la figure enfantine.
Ce blond ^ cet enfantin^ « les petits en- « fants, clés qu'ils l'avaient vu, ne pouvaient « en ôter les yeux. » — Va pour une écorclmre de grammaire''.
« Il leur passait volontiers la main sur « la tête. )) [Ibid.) — On peut croire et ne pas croire que M. Michelet raconte une fable.
« Voilà mon petit ménage^ disait-il, « voilà mon petit manège, » (^Ibid.) — Saint François de Sales faisait de jolis jeux de mots : en grâce, épargnez-lui ce mauvais calembour, qui n'appartient qu'à vous^.
1 Voir Marsollier, p. il, Fichef , Maupas, et le portrait qui est classique.
2 C'est encore proprement un charme.
3 Sganarelle^ dans le Médecin malgré lui, fait un calembour de même espèce et de même force : «Qu'appelles-lu bienheureuse de te trouver? dit Martine; un homme qui me réduit à rhùpital!... qui mange tout!... — Tu as menti, répond Sganarellc, j'en bois une partie. — Qui me vend, piète à pièce, loul ce qui est dans le logis!... — C'est vivre de viénnijc. »
Or, allendu que « les enfants allaient après « lui, les mères suivaient les enfants. » (lôid.) -r- On le conçoit de reste... O candides lecteurs, ce tableau vous ravit, moins les sottes et prétentieuses malignités qu'il atfecte; vos cœurs ont murmuré : c^est bien. Mais patience.
Manège nVst point un vain mot. •< Enfant d'*apparcnce, le bon homme était très-fin. » (Page3S.) — Il s'agit toujours desaintFrancois de Sales. Admirez bien vite la convenance du langage et l'ingénieux expédient. M. Michclet, comme l'a très bien observé M. Clausel, insinue par là que l'évoque de Genève, si bon qu'il fût en apparence, avait des vues d'intérêt singulièrement raffinées et assiégeait de ses intrigues le berceau môme ' .
Effectivement, voyez-le, je vous prie, cet homme enfantin dont M. Michelet proclamait tout à l'heure la fléi'o/i'on sincère (jynge 33). « Il permet aux religieuses tel ou « tel petit mensonge... Faut-il croire qu'il
1 Lellre du *) mars à IL'nlvers.
« se les soit toujours refusés à lui-même?)) {Page 35.)" — Donc, en dépit de sa sincérité, saint François de Sales faisait mentir et mentait volontiers à Toccasion ! Sincérité menteuse, fourberie sincère, à volonté.
Pour compléter son jugement, M. Michelet nous renvoie au huitième tome des OEuvres, pages 196, 228 et 34^^, où je trouve: i°une lettre du 21 décembre 1620 à madame de Chantai, concernant un de leurs amis communs qui s'est fait calvinisle, et qu'il termine en lui souhaitant la sincérité de la dilection envers le prochain ; 2 " une lettre du 26 avril 1622 à une dame, sur les moyens de persévérer dans la piété au milieu des afflictions, lettre bien simple qui se résume en ces quelques points : Tout revient au bien de ceux qui aiment Dieu . Dieu est "votrepere. Rien ne nous manque avec Dieu. Pensons à V éternité. Ne nous glorifions qu'en la croix de Jésus-Christ. 3° une lettre à un évêque sur les devoirs du ministère pastoral. Il suffit. Je sais où prendre le petit manège et le menteur.
lEdit. 1833.
Nous (livat;iions beaucoup ; je iiV'ii puis mais. Il l'aul divaguer encore, et ainsi jusqu^à la lin.
Voici unedistinclion subtile : aCcpeiuIant « le vrai mensonge fut moins dans ses part rôles que dans sa position 5 » car (jugez rà propos) « il fut cvèque pour donner <( Texemple d^immolcr au pape les droits des « évèques. » (Page 35.) — Sunt vcrha et voces. Ainsi le mensonge était dans les paroles de saint François de Sales, mais encore plus dans sa position. Que signifient ces derniers mots ? Peut-être, que sa position Tobligeait à mentir. Un exemple? Ses rapports ai'cc le Pape. Si je priais M. Mi' chelet de s^expliquer, il serait fort embarrassé. Quels sont les droits des évoques que le Pape leur envie ou puisse leur envier? Quels sont les droits des évoques qui nVmanent point d'un droit supérieur du cbef de PEglise ? Dès qu\ui droit chez les évoques deviendrait pour Tautorilé papale un objet d'envie, serait-ce donc un droit? Les gai-
licans au moins, et mcmc les parlementaires distinguent la cour de Rome du Saint- Siège. Nous l'observions tout à Theure : il y a deux hommes dans le prêtre souverain qui siège à Rome : le roi spirituel et le roi temporel. Cela est vrai. Que le roi temporel exagère ses prétentions au nom de Tautre, alors seulement les droits d'autrui sont violés, et des réclamations s'élèvent ; et encore faudra-t-il que nous trouvions un juge compétent du procès. M. Michelet, s'il eût compris son affaire, devait nous mettre sur la voie de ces réclamations légitimes, et rappeler en quelles circonstances Tévêque de Genève parvint à les entraver^.
* On lit ces paroles remarquables dans une lettre écrite à un ami qui lui avait envoyé un ouvrage touchant Taulovilé des deux puissances : «Non, je n'ai pas même trouvé à mon goût certains écrits d'un saint et très-excellent prélat, esquels il a touché du pouvoir indirect du pape sur les princes. Non que j'ayc à juger si cela est, ou s'il n'est pas, mais parce qu'en cet âge où nous avons tant d'ennemis dehors, je crois que nous ne devons rien émouvoir au dedans. La pauvre mère poule qui, comme ses petits poussins nous lient sous ses ailes, a bien assez de peine de nous défendre du milan sans que nous nous entrc-béquctions les uns les autres et que nous lui donnions des entorses. »
llaiiiio mieux dire que saiuL liaiicois de Sales H rendit aux jésuites le service de sau- « ver leur Molina accusé à Rome » [ibîd.)^ sans nul souci des écrasantes réponses qu^il nous suggère. Car les jésuites, dès lors, n\ivaienidoncpasuu complice dans le Pape et la cour de Rome; c'était donc un excellent homme, tiès-miséricordieux et libéral, que celui qui, pour sauver Findépendance des idées , arrachait à la vindicte des lois lui écrivain dangereux... Et, en somme, il est faux, de toute fausseté, que jamais Molina ait eu besoin d\uic telle assistance. Son système, fort catholique d'ailleurs, roulait exclusivement sur des points abandonnés à la libre controverse. A ce sujet, les dominicains et les jésuites commencèrent une dispute d'école qui dura longtemps.
Les jésuites eux-mêmes n'étaient pas d\ui avis unanime, puisque le P. Henriquez écrivit contre le ti'iiité De liberi arbitrii cum gratiœ chnis. . . concordîd ^ . La cause,
^ Voir le (l'aile De fine hotniniSj par llcuri Hcnri<]ucz (lîjoi). — Ce jésuilc a\uil eu pour disciple i'itniuortel Suarcz. U cuira d'aburU cbcii lti& cluuiiuicaitis , cl quiiui
portée à Rome par le cardinal Quiroga, grand inquisiteur d''Espagne, resta plusieurs an^iées en suspens. La congrégation de Auxiliis^ formée par Clément VIII, examina la question , et plusieurs assemblées de consulteurs et de cardinaux Texaminèrent aussi, sans rien décider. Enfin, Paul V permit aux deux écoles d'enseigner leurs sentiments respectifs, et leur défendit de se censurer mutuellement.
Avançons dans le labyrinthe, et cherchons toujours le mensonge dans la posi-' tio7i.
Cruauté de Salut François de Sales,
Cet homme de nature si Monde et si douce^ que Possevino avait chargé de faire face d'ange sur la pente d'en deçà des monts, ne «■ s'en tint pas cependant aux
rhabitde cet ordre pour celui des enTants de saint Ignace. — Nous avons encore de lui une Somme de théologie morale et un trailé De rinvibvs Errlosia'.
« moyens de douceur. Il appela nu secours <( des moyens inoiiis honordltlcs (saint Fran- « cois de Sales!) : rintérèt , l'argent, les « places, enfin Tautoritc, la peur » {p. 35); c^est-à-dire qu il fit face de béte. Et , continue M. Miclielet, « voyez, sur Pinto- <( lérance de saint François, ses nouvelles « lettres inédites. » — On cherche , et on voit les choses les moins cruelles du monde. Le duc de Savoie, irrité contre des sujets rebelles, veut les soumettre par la force. Mais tout à coup la pitié entre dans son cœur. François de Sales se présente et demande à remplacer la guerre par une mission , qui est acceptée. 11 s^agit de prêcher des huguenots pour les accoiscr., d'introduire le catholicisme et Tordre sur une terre maudite qui dévore les prophètes. La parole si douce et si persuasive du missionnaire fait et multiplie les miracles. De toutes parts, les croix brisées se relèvent, les églises revivent, Tordre est rétabli. Il peut écrire, le 19 mars lôgG : « On dresseroit promptement Téglise de Thonon et quelques autres
lieux. Je ne doute point d'assurer V. A. qu'elle veiToit dans peu de moys le général de tout ce pays reduyt, piiisqu'en la ville plusieurs sont si bien disposés et les autres tant esbranlez en conscience, que si on leur présente l'occasion, etc., etc. Quant au reste, ils sont venus pieça de dix ou douze paroisses pour prier qu'on leur donnast l'exercice de la foi catholique. » Ces heureux résultats le dédommageaient bien amplement de tant d'héroïques laideurs. Mais quelques populations plus opiniâtres fermaient l'oreille à ses prévenances. Ayant usé de toute patience et de toute douceur, il expose au duc de Savoie l'état des choses. C'était une nécessité de sa mission. Comme il prévoyait les conséquences du rapport, et qu'en effet le prince, à défaut des sermons, n'eût pas manqué d'employer les armes ^, il cherche un tempérament. « Tous concourent, dit-il alors, à cette opi-
1 On se>appelle le mot du baron d'IIermance. « Il conduisit François sur une plate-forme d'où l'on dominait tout le pays, et lui faisant voir les canons en batterie : J'espère, dit-il, que nous n'aurons pas besoin de tout cela, si les calviûislcs«p«uvcnl se résoudre à vous entendre. «
iiion (entre autres le mnrtjuis de Lullin, qui aurait infaillilîlemcnt suppléé saint François de Sales auprès de Charles-Emmanuel), tous concourent à celte opinion, qu'ail n^ a plus aucun moyen de reste, sinon que V. A., par un édit paisible^ commande que tous ses sujets aient à faire profession de foi catholique, et en prêtent serment, dans deux mois aux mains de ceux qui seront députés, ou à vider ses Etats, avec permission de vendre leurs biens. » Et veut-on savoir ce que c'était que ces candides huguenots?
Lui-même va nous Texpliquer. « V. A., écrit-il, à la date de 1602, gagnera beaucoup en les perdant , gens desquels TafFection est déjà pervertie, et qui suivent leur huguenotisme plutôt comme un parti que comme mie religion. »
Ainsi était fait ce barbare François de Sales. Remarquez, en passant, que les lettres citées par M. Michelet, font précisément partie des volumes de la canonisation, comme le constate Thonorable INI. Datta \
1 I.oltrps publiées par M. Dnila, (nni. i.
Sur tant de mojens î?ioins honorables^ le libelle choisit ceux-ci : i" V autorité. Mais il nous fait le conte ci -dessus, et cela m'ennuie; je passe. 2° 'V argent. « Par ordre du Pape, saint François de Sales visite à Genève le vieux Théodore de Bèze et fait tous ses efforts pour le ramener dans la communion catholique. « Il lui présente un bref par lequel Sa Sainteté lui offrait une honorable retraite partout où il lui plairait, quatre mille écus d'or de pension, de lui payer ses meubles et ses livres tout ce qu'il lui plairait de les estimer, et de lui donner toutes les sûretés qu'il jugerait à propos de prendre. Un pareil début ^ reprend l'historien, surprit Bezè ; François lui dit que le Pape n'avait pas cru qu'il fût juste de lui proposer d'abandonner les avantages qu'il avait dans la communion calviniste, sans lui en proposer d'autres ; que les offres qu'il lui faisait de sa part ne tendaient point à le corrompre^ qu'on était persuadé qui! un homme aussi éclairé que lui ne se gouvernait pas par V intérêt dans une affaire de conscience ; que ce lié-
tait qu'une compeîisation^ qu'il await droit (V exiger^ si on ne la lui avait jamais offerte *. » De là M. Micliclct conclut trèsloyalement que saint François Je Sales marchanda Théodore de lièze. {Page 36.) Un saint et savant prêtre de Paris, connu et adoré depuis plus de quarante ans dans les prisons, dans les hôpitaux et dans les galetas de la Cite, fut appelé dernièrement au lit d'une malade, pauvre créature, étant de celles-là que Tinfortune ou d^affreux désespoirs poussent trop souvent à faire métier d'^infamies publiques. Aux avis du vénérable prêtre, la malheureuse répondait par des pleurs , et puis elle disait : « Comment aurai-je du pain? — J'en ai un morceau^ répondit à son tour Thomme de Dieu, jV? le briserai^ nous en aurons tous deux... » Il marchandait là pauvre créature.'
* Aiig. de Sales, liv. m. — Marsollicr, liv. ni.
la Visitation. — De rappui qu'elle doimc amicnx système mort. — Quelle face d'ange fit saint François de Sales.
On va et on vient, dans un labyrinthe.
Nous revenons à la douceur, qui « était « nécessaire, dit M. Michelet, pour amollir « et fondre cet inabordable glacier de lo- « giquc et de critique. » [Page 36.) — Glacier signifie Genève et le calvinisme, lequel calvinisme paraît ici très-logique au bon Prêtre du vrai... Que la jeunesse le sache bien , au nom de TÉtat dont ce professeur est le mandataire ; et que les pères de famille se réjouissent, tout en composant la majorité des Français, dont la religion est, selon la Charte, le catholicisme.
Eh bien donc, saint François de Sales va pratiquer maintenant la douceur, et faire /rtcc d'ange^ et Possevino ne grondera plus.
Etudions sa méthode.
D'abord, pour amollir cet inabordahlç glacier de logiciue.^ « il Huit un cliarmc plus
doux. » [Ihùl.) — Ccst chose coiiA^enuc.
Pour olilcnir un charme plus doux^ il faut attirer des noui'elles converties; pour attirer, elc, etc., il faut instituer des couvcnls. {Ibid.) — Cest très fort.
Au nombre des couvents institués pour les nouvelles converties ^ se trouve inévitablement la Visitation. — Et Bergier réplique : Ce n'était au commencement quVme congrégation de fdles et de veuves destinées à visiter, à consoler et à soulager les malades et les pauvres*. »
Néanmoins, qui donc me dira comment les Visitandines amollirent le glacier de logique ^ et pourquoi saint François de Sales ne se suffisait pas à lui-même eu celte occasion? Pour remplir sa mission du Chablais et convertir 72,000 hérétiques, il n'eut pas besoin, que je sache, d'un bataillon de Visitandines. Rappelez-vous la belle parole dû baron d'Ilermance.
M. Michelet veut faire entendre que le but de l'évcque de Genève, en instituant la Visitation , était d'attirer les hommes par
' Vnyoz In sniîp.
— '■l'-Il —
les femmes, et de convertir les jeunes lilles je la Suisse au catholicisme par le moyen de l'instruction primaire. J'ai indiqué, d'après Bergier, le véritable but de l'institution. Fichet, Maupas, tous ceux qui ont parlé de saint François de Sales et de la Visitation, confirment le témoignage de Bergier. « Saint François de Sales, disent-ils, veut qu'on fasse d'autant moins de difficulté de recevoir les personnes âgées ou infirmes , .que le premier institut de la Visitation est de servir les malades et les pauvres... Plusieurs femmes inspirées de Dieu aspirent souvent à la vie religieuse, dont cependaiit elles sont exclues parce qu'elles sont déjà avancées en âge ou qu'elles sont infirmes, ou enfin parce que la faiblesse de leur tempérament et la délicatesse de leur complexion ne leur permet pas de supporter les jeûnes , les abstinences et les autres austérités qui sont en usage dans les autres ordres religieux. C^esû pour elles quil a établi la Visitation *. » Manuel a dit aussi :
1 Marsollicr, pages 405 cl 497, — v. Il les obligea à peu
« CV'St pnr I)onlc qiril insliliia un nouvel ordre de filles. Les monastères ne s'ouvraient pas aux vierges d\uie santé délicate; il lui parut nécessaire d'instituer pour elles, pour celles mêmes qui étaient infirmes, un asile sûr et commode, et la première supérieure fut la baronne de Chantai, qui , ayant perdu son niari^ ne pouvait plus aimer que /^ic^/*.» Ainsi, dans Torigine, les religieuses ne tenaient point de pensionnat. Cette disposition nouvelle ne fut adoptée qu'après l'ordonnance de clôture portée sur les instances du cardinal de Marquemont , archevêque de Lyon. Les élèves remplacèrent les pauvres, sans leur porter préjudice. Je trouve seulement, à l'époque de la fondation , quelques pieuses personnes réunies dans un dessein charitable: Mademoiselle Favre , fille du premier président de Savoie, mademoiselle Chatel ,
d'aust^'-rités oorporcUes, le but qu'il s'élait proposé qu'on icçi*il les infmncs cl les personnes rriinc complcxion délicate ne le pcrnietlant pas. » (Ibid., page i87.)
1 Manuel, dépulé à la Convention nationale. Annie frun^ {■aise, loni. jv, p. i30.
macleinoiselle Fichet du Faussigny et mademoiselle de Blosnay : elles faisaient ce que font aujourd'hui nos dames de charité. Quand le fondateur eut ordonné la clôture, les rehgieuses prirent déjeunes élèves sans doute ; valait-il mieux ne rien faire et justifier les reproches de fainéantise que dirigera contre elles mon adversaire, mon très-conséquent adversaire? Alors, parmi les élèves , il y eut effectivement des nouvelles convei'lies ; rien n''empcche de croire que les bons enseignements et les douces vertus des Visitandines aient transpiré du pensionnat vers Genève , et un peu fondu le glacier de logique. Voilà tout le mystère.
Que sVnsuit-il? où veut arriver M. Michelet ?
Il s'en suit, par forme d'à -propos, que « ces institutions sont restées célèbres par les noms de madame de Chantai et de madame Guy on » (page 36) , et qu'il y avait hâte de mettre en avant ces deux figures. — Figures de hétcs? .,. figures d'anges ? eiKaminons.