BOSSUET
Bossucl cl la sœur Coriiuau. — Leurs amours. — ûuiclismc de Bossucl.
Je suivrai encore la mclhode analytique.
M. Miclielet récuse de plus en plus la contradiction. Une descend pas jusque-là. Dévoiler les conséquences nécessaires de ses assertions éhontées , c^est lui faire uji procès de tendance. Interpréter ses logogriplies dans le sens le plus présumable , cVst formuler une dénonciation contre lui, La conscience ne peut être alarmée de bonne Coi. Il voudrait sans doute que ,
pour attaquer un homme avec cette virulence^ je fusse du moins à l'abri derrière un texte positif et précis y mais si j^apporte le texte positif et précis , il répétera son refrain i\es 2^rocès de tendance^ et il priera le National d^ajouter en post-scj^iptum^ que r honorable professeur est bien bon de sVmouçoir de ces misérables petites dénonciations V
Pour ne pas contrarier ime si délicate nature, je me borne à copier le libelle, provisoirement du moins.
« La grandeur du génie , dit-il , et la rt noblesse du caractère éloignaient Bossuet « du quiétisme.... » {Page i46.) — Cependant Bossuet pratique le quiétisme ; car il paraphrase à sa manière quelques versets du Cantique des cantiques dans une lettre qu'il écrit à madame Cornuau. ( Page i5îi.) Car Bossuet n'a pas de suite dans les idées. (Page i53.)
Cette grande dame, que nous appelons
* National du 4 février 1843.
poliment la Corniiau\ prend Hossiiel pour (lirecleur, et lui confie les peines de son ame ; elle avoue , entre autres choses , des péchés de jalousie, et, sur les réprimandes charitables de son directeur, elle se fait garder-malade de la personne dont elle était jalouse. — Donc il ftiut, i° que la malade soit aimée de Bossuet ; 2° que la jalousie de madame Cornuau provienne de là; 3° que, par un raffinement inouï d'amour, la sœur Cornuau soigne désormais dans la malade préférée Bossuet lui-même. (Pages i5o et i5i .)
Comme madame de Chantai, madame Cornuau est pure , mais passionnée ; si passionnée que Bossuet n'ose recevoir sa visite dans les salons de Tévôché de Meaux, et la confine dans un lieu très-petit^ trèsfroid^ ingrat d'aspect ^ qui rebute par la sécheresse et rappelle que , sous ce beau génie, le meilleur prêtre du temps, il y cul un prêtre encore"' . {P. i49-)La sœur
^ Comme nous disions tout à l'heure La Maisonfort. - Il y eut tin prêtre encore. — Saint François de Sales nommait cela <lcsj)rofondités dcfunctes.
Cornuau n'y tiendra pas , il y fait trop froid pour Tamour, c''esl trop petit et ingrat^ cVst rebutant; elle s'en ira très-vile en méditant les lumineuses paroles que voilà, et Bossuet, si j'ose le dire, l'aura échappé belle.
Et en eiFet, comment trouvez-vous cette honnête folle qui prend le nom de Sœur Saint- Bénigne? [Page l490 Est-ce donc, je vous prie, assez d'amour? Autant s'intituler tout de suite madame Bénigne^ ou mieux madame Bossuet. 11 n'en coûte pas davantage.
Les parrains transmettent leurs prénoms à l'enfant qu'ils tiennent sur les fonts baptismaux ; tout le monde s'appelait Louis en i8i5,et Napoléon sous l'empire. On peut, sans trop de témérité, regarder l'entrée en religion comme une sorte de vie nouvelle, et la consécration figure un baptême; alors la professe choisit tel parrain que bon lui semble parmi ceux qui sont le plus capables de soutenir son existence spirituelle. Ayant Bossuet pour directeur , la soeur Cornuau
reçoit le prénom de son parrain. Et puis, Bénigne Bossuet, cVHail Dossuel.. . Eh hicn, non ! si elle se fait appeler soeur Sainlliénigne^ c''est toujours parce (prelle brûle pour lui (le la plus dangereuse flamme.
Observez bien les symptômes :
« Elle s'ingénie , autant que le permet sa « médiocrité naturelle, à suivre les goûts et « les idées du grand homme. » [Ihid.) — Même signe. Le grand homme est son directeur, et ne doit pas lui servir do modèle.
Bossuet la charge des affaires de la communauté,— dans Tunique but de « distraire « celte nature passionnée , mais un peu « commune. » {Page i5o.)
La soeur Cornuau se désole toujours.
A quel sujet? M. Michelet répoiid : « Comment lulierait-elle , près de lui, contre ses autres filles spirituelles , grandes dames , etc., etc. )» {Ihid.) — M. Michelet ne se lasse pas d'inventer ni de mentir; cVst un
grantl mérile. 11 oublie ingénieusement que la Sœur clail, en son nom tle famille , baronne Cornuau, el qu'à cette époque une dame n'était point baronne sans être une grande dame.
Il va bientôt se donner à lui-même un démenti superbe ; il en a le droit.
« Bossuet , si occupé , trouve du temps pour lui écrire deux cents lettres. » (Ibi'd.) Qu'est-ce à dire? L'austère Bossuet devient amoureux à son tour, et volage. Il maltraite la grande dame dont é-Z/t? est jalouse {page i5l), et qui lui fa if des confidences un peu scabi'euses '. (Ibid.) Au contraire, il paraphrase voluptueusement le Cantique des cantiques pour la sœur Cornuau qu'il iiidoyait tout à l'heure ; pour calmer sa pénitente boudeuse et la rafi-aîchir, il emploie — sournoisement ou bêtement — cette langue brûlante. ( Ibid. ) Il est pire que saint François de Sales.
Et les choses en viennent à ce point que
1 Inutile d'ajouter que tout ceci est faux.
M. iMiclu'Icl iiVise copier la lettre. [Ihid.) Mauvais drôle que ce Bossuet ! Sainl homme que mon adversaire !
Etant moins saint, j'aurais bien voulu copier la lettre; mais il est à croire que le lecteur m'en exempte, et j'ai dépensé déjà beaucoup trop de temps pour combattre des moulins, ou, comme dit fort bien Jean Pierre Camus, des escargots qui ne se nourrissent que dans la pourriture et qui meurent dedans les fleurs.
Soyons pacifiques.
Aussi, voyez. On s'imagine que Bossuot fut l'ennemi du quiétisme. C'est une sottise. Bossuet combattit le quiétisme et Fénelon lui-même avec un acharnement excessif, mais en théorie seulement. « Vous trouvez •( dans la correspondance de Bossuet le « quiétisme pratique \ »
— Grande découverte de M. Michclct.
Voulez-vous la preuve ?
* « Il eslqiiiclistc on pratique^ » p. 146.
« Bossuet développe à plaisir leur texte « favori (des quiétistes) : Expectans expeC" « taç'î. ■»' {P'à^e t53.) — Le chaste professeur ose bien cette fois copier un extrait de la Correspondance , mais sans en indiquer Torigine; il ne descend pas jusque-là.
Que la (îrace n'est pas le quiétisme. — Coufusion charmanle de M. îiichèlel. — Son savoir Ihéologiqiie. — Sa délicatesse parfaite.
Sauf les procès de tendance^ une réflexion doit se placer ici.
Il était impossible autrefois de faire un gros volume sur le premier sujet venu, sans avoir même étudié les éléments. On connaît aujourdlîui la manière. On n^a besoin ni d^idées , ni d'études spéciales , ni ,de style , pour écrire ou parler à satiété de tout et partout.
M. Michelet consacre la majeut*e partie de son libelle à la question du quiétisme ? A-t-il défini le quiétisme? ou plutôt, n'a-t-il
pas montiv constammcnl ((iTil ignorait la
naliin
mol ?
naliire de la chose et la signification du
Parler sans savoir, c'est un moyen ravissant de trouver toujours son contradicteur en déftiut. L'Eglise a dit : Dans tous les actes humains, il y a le concours de la Gi'àce et de la volonté. Or, aux yeux de M. Michclet , rEglisc est impie contre la religion^,, puisqu'elle donne (comme de raison) la prépondérance à la volonté, poiiî' confisquer celle-ci à soji avantage ; l'Eglise est impie contre la société , puisqu'elle absorbe (comme on le conçoit de reste) la liberté dans la Grâce. (Page 63.) Au premier cas, l'Eglise prêche le désordre pour faciliter ses rapines; au second cas, et pour faciliter ses rapines , l'Eglise se/re autour de l'homme le cadre de fer de la fataliti'.
Le principal mérite de cette distinction subtile consiste essentiellement en ce qu'elle
Voir page 4 2.
échappe à la vue. Cest toujours la médecine de Sganarelle , d'autant que l'incongruité des humeurs opaques , qui se rencontrent au tempérament... - — Répondez, si vous en avez la force.
Un raisonnement poursuit Tautre.
Car enfin, qu'est-ce que la Grâce?
Une force surnaturelle , dira M. Miclielet , laquelle domine irrésistiblement Thi' telligence, le cœur et les sens, et nous réduit à Tétat de pure machine. C'est bien la fatalité. Dès lors, plus de différence entre la grâce et le quiétisme. Celui qui croit à la Grâce croit par conséquent qu'il est nonseulementinutile, mais dangereux d'agir, et il se met au lit pour l'attendre.
Les théologiens n'ont pas autant de génie que M. Michelet. Suivant eux, il faut distinguer aussi, mais autrement. Leur définition de la grâce , qui est celle de l'Eglise catholique , je n'en parle que pour prier M. Michelet de consulter le catéchisme.
Eu égard à la doctrine des quiétistes, les
lliéolosjicns (listiiii;uont : Porigénisme, (1rs visions tVEvagre ; les licsycliasles, des beggards •, le grossier molinosisme, des eJttra-> vagaiices mystiques de madame Giiyon ; et Fénelon, de tout le reste. Ils distinguent ensuite riiérésie de ce qui nV^st pas elle , à savoir Tinerlie systématique de la confiance légitime que nous inspirent les promesses divines, le sang de Jésus-Christ versé pour chacun de nous , et le noble sentiment de nos faiblesses.
Le quiétisme enseigne qu'il n'y a pas de péchés pour les âmes unies à Dieu, et que dès lors il ne faut plus s'en inquiéter. La vraie théologie enseigne qu'il faut pleurer ses péchés sans agitation , sans se tracasser et s'abattre.
Le Peccai'i Domino de David, le fle^'it amare de saint Pierre, étaient sans agitation et sans trouble. La situation contraire vient de la grande idée qu'on a de soimême , de ses vertus, d un désir de perfection , rapporté à soi et non à Dieu.
L'absiu'dcel pernicieuse doctrilio de Mi-
clicl Moljnos ne fit pas fortune en France , ni ailleurs. Le talent de ce prêtre, la pureté (le ses mœurs , sa profonde piété pouvaient surprendre momentanément quelques personnages. Mais PEglise n''approuva rien. Toujours sage et prudente, TEglise^ après un mûr examen, condamna la Guida et V Oraison de quiétude (1687)^, réduisant les erreurs à trois chefs : 1° la contemplation parfaite est un état dans lequel rame ne raisonne point ; elle ne réfléchit ni sur Dieu , ni sur elle-même , mais elle reçoit passivement l'impression de la lumière céleste , sans exercer aucun acte , et dans une inaction entière'; 2° dans cet état, Tàme ne désire rien , pas même son propre salut ; elle ne craint rien , pas même Tenfer ; 3° alors l'usage des sacrements et la pratique des bonnes oeuvres deviennent indifférents; les représentations et les impressions les plus criminelles qui arrivent dans la partie sensitive de fâme , ne sont point des péchés •. C'était à peu près la
1 Je le répète à dessein.
2 Bergier.
doclrine dus bcggards. Innocent XI Tajant mise à nu et foudroyée , sa nature même devait prémunir contre elle des âmes droites et pures.
Restait Torigénisme spirituel, et les théories nuageuses des liésychastes. Ici' Timmoralité n'est plus la même , ou du moins se laisse difllcilement apercevoii' , dans des conséquences très-éloignëes. Entre ce quiëtisme et la simple confiance chrétienne , il existe une similitude frappante, mais pourtant imaginaire. Si quelques points obscurs ou ambigus viennent inquiéter leur pieuse délicatesse , les quiétistes français sont tout prêts à les élaguer.
Le pas devenait glissant. Madame Gujon, le père Lacombe et Fcnelou lui-même n''ont pu le faire sans tomber '.
En principe , ils avaient raison sur plusieurs points, et l'expression présentait sur
» Féncloii définit avec soin le quiclismc cl la conGancc chrclicnne, au lome iv de ses OEuvrcs, édit, Lcbel. — Lisez Fellcr, Dictionnaire historique , article Molinos.
d^autres points un sens ambigu 5 cl voilà pourquoi les approbations qui surprennent si incroyablement M. Micbelet.
LVxagération seule fît Terreur, et la persistance le péché ; et voilà pourquoi encore les condamnations subséquentes qui surprennent de plus en plus M. Micbelet.
Voilà pourquoi lîossuet ni madame Cornuau ne furent jamais des quiétistes.
Je cite , moi aussi , la plus délicate des lettres du grand évêque : « LYpousene doit pas s^empresser, elle doit attendre en attendant ce que Tépoux voudra faire. Si, en attendant, il caresse Pâme et la pousse à la caresser, il faut livrer son coeur. . . Le moyen de Tunion, c^est Tunion même. Laisser faire l'époux , c'est toute la correspondance de
l'épouse Jésus est admirable dans les
chastes embrassemenls dont il honore l'épouse et la rend féconde. Toutes les vertus sont le fruit de ses chastes embrassements. » (28 janvier lôgS.) « Il doit suivre un changement dans la vie , mais sans que
l'àme songe seulement à se changer ellemcmè. )•
Où est le quiciisme ?
Certes, Bossuet n'eût pas écrit sur le même ton à M. Miclielet ni à des gens du monde : ces admiraliles paroles voulaient des oreilles préparées. Il écrit à la sœur Cornuau , sainte religieuse, versée dans Toraison et la science mystique, et dont il voit jusqu"'au fond Tesprit et le cœur. Ici , nulle préoccupation funeste qui puisse altérer le sens de ses allusions el les souiller. Dieu lui-même a fait de sa main le Cantique des cantiques^ c''est-à-dire le texte que Bossuet développe dans Tinlérêt de sa direction. A d'autres , Bossuet n'eût pas manqué d'écrire : Fuyez r orgueil, la paresse, la jalousie. — Et en effet, cette dernière misère, il l'a combattue Irès-expressément chez madame Cornuau.
Ne mentez pas^ purijiez-vcus, violiez les pauvres, faites la charilè. — Ce fut d'abord le sujet principal de leur correspondance, alors même que rien ne pouvait troubler sa
I)aiUe sollicitude à ce sujet. Mais il fallait consolider les vertus acquises, et rendip pour jamais la place imprenable au A^ice.
Il y a des créatures parfaites sur la terre, autant du moins que le comporte la faiblesse originelle. MadameCornuau,c''étaitravis de Bossuet , fit des pas rapides dans cette voie de la perfection. Quand il la vit à ce degré, il lui parla le langage du ciel , s"'appuyant sur l'autorité de Dieu , je le répète. Les oeuvres accomplies, la consciencepurifiée, que restait-il à faire? Telle est la question que Bossuet veut résoudre. Convient-il de torturer Tesprit pour découvrir de nouvelles œuvres , d'user Tàme en y jetant la sonde à toute heure , de s'adonner à des scrupules et à des tristesses chimériques ? Bossuet répond qu'il faut attendre en attendant la visite de l'époux , puisque l'épouse est prête et qu'il est maître de venir quand il voudra, ou, en d'autres termes, de répandre l'abondance de la grâce ou d'en modérer les douces effusions , d'accorder à l'àmecesine ables ravissements , qui sont
ravant-goûl du bonbeui" cclesle, ou de l'éprouver encore par les chastes ennuis de Tattenle. Bossuel, dans un style sublime et qui jamais n^offrirade scandale qu\au libertinage^ , figure Tunion de Tàme et de la grâce avec ses plus délicates nuances.
C'était le style ordinaire de la mysticité. L'époque l'avait compris; nous sommes assez corrompus pour nous en offenser.
Le coupable n'est pas Bossuet.
Je perds beaucoup d'encre. Ces explications ne présentent point d'attrait. Les gaudrioles plaisent davantage ; elles amusent. Pour faire lace aux puissantes gaudrioles de M. Michelet, j'aurais dû fondre mes réfutations dans une intrigue romanesque. Je sais rire comme un autre, mais je veux cire sérieux et lourd. J'ai mon amour-propre qui regimbe, mais puis-je éviter lanl d'inconvénients? Si j'avais ri ,
' Les sainls no sont pas si sages. M. Michclcl Ta fort bien (lit.
M. Michelet me renverrait le nom tVarlequin et croirait à la gravité cle sa personne. Je n^ii pour tontes ressources qu\m rire ennuyé, avec la crainte beaucoup trop foncice qu'il ne soit ennuyeux.
Comme il a été dit que M. Michelet fait la leçon à Bossuel, le grand désir que j'éprouve de terminer bien vite ce chapitre ne m'empêchera pas d'en apporter la preuve. « Cette lettre à madame Cornuau , lettre « toute quiétisle, dit-il, est écrite le 3o mai « 1696. Huit jours après, il (Bossuet) écrit, « ces paroles inhumaines, (c'est-à-dire anti- « quiétistes,) sur madame Guyon : «On me « paraît résolu de la renfermer dans un bon
« château Triste inconséquence ! »
[Page 1 53.) — Voyez-vous l'inconséquence, s'il vous plaît, et combien cette dernière phrase détruit le quiétisme?
« Comment, s'écrie M. Michelet, comment ne voit-il pas (Bossuet)... comment
ne voit-il pas? » [Page i53.) — C'est
bien suiiisant.
J'aime mieux finir et citer deux témoi-
— 3Gr) —
gnages (jui vraisemhlablemeiU uû manqueront point d"'importance. Ainsi se résumera le présent paragraplie.
« Bossuet , dit son historien , Bossuet , Bourdaloue, Fénelon , Massillon avaient sans doute le droit de pailer avec toute l'autorité de leur ministère. Aucun souvenir humiliant, aucun parallèle injurieux ne pouvaient les rabaisser\lans Topinion publique , et certes , aucun de leurs auditeurs n'était tenté de s'établir leur censeur et leur juge ^ »
« Le génie de Bossuel, ses vertus, sa réputation en imposaient à Louis XIV luimême, riiommc le plus imposant peutêtre qui ait jamais existé. Voyant un jour le prélat se promener dans le parc de Versailles, il dit à un de ses seigneurs : « Je ne sais pourquoi cette grande calotte m'imprime du respect^. » Voici, du fond d'une ornière, M. Michelet qui vient, et dit : A has la calotte !
1 Jlistoire de Bossuet , t. i, p. '268.
^ P. L. Manuel, Année française, iom. r, p. .'16.
Nous retrouvons ici Molinos. Que IMolinos se lire tVafï;\ire avec M. Miclielet. Je ne fréquente point ces gens-là.
D\ine part, Micliel Molinos, qui n'était pas jésuite le moins du monde, est enfermé dans une prison par ordre du pape Innocent XI, qui est un prêtre; et tous les prêtres vénèrent la sentence. D\iutre part, M. Miclielet nous dit que les jésuites et les prêtres favorisaient le molinosisme.
Oh, non ! Propager avec acharnement les doctrines dVm homme que Ton flétrit pour ces mêmes doctrines, c''est une chose beau-
coup trop fanlalisquc. Le bon sens y répugne. L''lii.sloiro se récrie. On n'en croira rien. On vous rira au nez.
Et si M. Miclu'let rêve jamais (pie le cardinal lîona élail (piiélisle ', on répondra que nilustre professeur a bien rêvé en effet.
S'*il puise des chroniques dégoûlanies dans les ouvrages du renégat Llorenle, on Taccusera lui-même de crédulité soltc et d^immoralité : on demandera comment VEglise a pu béatifier la mère Agueda(yy. iGy), qu'elle avait fait mourir dans les tortures dcTinquisition d''Espagne (p. 16 ) ; on demandera encore siu' quel témoignage respectable il s'appuie pour affirmer que Jean de la Véga, provincial des carmes, reçut
1 II fut au niomcnl de devenir pape, ee qui donna lieu à celle pasquinadc : Papa Bona sarebbc «n solecismo. Le père Daugières répondit :
Grammalicaî Icges pleruniquc ?:celesia spernit ;
Fors cril ut liceal diccre : Papa r)Ona. Vana solœcisnii ne le conturbet imago ;
Esset papa bonus, si l'.ona pai)a foret.
Le père Bertole a dit dans sa vie, traduite par l'abbé du l'uet, 1682, in-l 2, que certains partisans des nouveautés religieuses surprirent sa confiance; mais personne qu'il eiH soutenu ces nouveautés.
Targent de onze mille huit cents messes qu"*!! n'avait pas dites, et qu'il Tavoua aux
inquisiteurs (lùicl.) — De plus en plus,
on s'indignera et on s'écriera : Pourquoi donc le gouvernement français donnel-*il à M. Michèle t l'argent des pères de famille ?..o..
Etpuis,quelleconclusion?LamèreAgueda était quétiste, et aussi Jean de la Véga : que m'importe ? Il en résulta d'horribles aventures dans le couvent des Carmélites de Lerma ! Eh bien : L'Eglise catholique et le Prêtre n'en disconviennent aucunement :
oui , la doctrine de Molinos présentait d'innombrables dangers; c'est pourquoi Molinos fut flétri avec sa doctrine. Donc, plus de procès possible contre l'Eglise et le Prêtre.
Je soupçonne que M. Michelet croit m'endoiTTjir et me faire rêver comme il rêve. Et parlant, rêve-t-il {|Lie l'Eglise se contredisait, parce qu'elle a condamné le
f|Miéli.sme , et (]iriiii prêtre a péché par le (|uiélisine? Veiil-il dresser un piège à ma IjoiUioiuie , et me persuader qu'Hun prêtre el le Prêtre, un prêtre et l'Eglise, cVst une seule et même chose? Si la mère Agueda, qui était religieuse, et Jean de la Véga, qui était prêtre, poussèrent jusqu'à Patrocitéles conséquences du quiétismc, lui plairait-ii d'inférer de là que le quiétisrae, avec ses excès détestables, s'introduisait en Espagne et en France par les communautés de femmes et par le Prêtre ou les prêtres?
\-.QS poinrjuoi et les commout jie tarissent pas, et me font souffrir beaucoup «lepuis mon entrée en matière. Nul moyen «l'en sortir. Je me croise les bras.