‹ Du prêtreChapitre 9 sur 17 · MARIE ALACOQUE · texte numérisé non relu

MARIE ALACOQUE

La dévolioii au Sacré-Cœur. — Marie Aiacoquc cl Mauou lescol sur la même ligue. — Commeul le Sacré-Cœur est cxploilc par les jésuites . — Corrupliou ralliuéc de uos mères.

Marie Alacoque remplace le cjuiclisme, sans dire ce qu'il est devenu.

Ecoutons M. Michelet.

Les jésuites firent volte-face. — Nous en saurons la cause.

(( Il ne leur avait jamais bien réussi de Jaire les théologiens. » (^Page 171.) — Qu'est-ce que Suarez , Sanchez , Bellarmin, , etc. , etc. !

O mon clicr ennemi^ à quoi pensez-vous ?

Ceitainc lilsloire serail-ellc vraie? Vous compromettez les vôtres. M. Quinet ne voudra plus d\ui frère comme vous. Cest la perle dVm parti. « Laissez parler Robert^ je vous en prie, et portez les hardes. »

<( Le silence leur allait mieux. » (Ibid.) — Et Bourdaloue n*'a jamais plus existé, ni le P. La Chaise, ni le P. Tellier, ni le P. i\nnat , ni La Colombière, ni les autres, ni la royauté des jésuites à côté de celle d'Henri IV et de ses descendants !

Que firent-ils du silence?... Ils l'exploitèrent dans l'intérêt do la dévotion au Sacré-Cœur. — Quels avantages de puissance ou d'argent leur offrait cette dévotion? — N'allons pas si vite.

c( Ce iixl justement à Pépoque où les jésuites n'écrivaient plus, qu'ils obtinrent du roi malade la feuille des bénéfices (1687). — Justement le P. Bouliours veisAiT do mourir en 1702, Bourdaloue en 1704, le P. La Chaise en 1709, le P.

Tellier en 1719, le P. Daniel en 1728, le P. Ducerceau en 1780, le P. Berruyer en

1758, le P. du Halde en 1743 , le P. d'Orléans en 1698, le P. Charlevoix en 1761,1e P. d'Avrigny en 1719, le P. Scheffmacher en 1733, le P. Porée, Jouvency, etc., etc., et tant d'autres... Portez les hardes^ y ous dis-je ?

« Ceci explique le prodigieux succès avec « lequel les jésuites répandirent un nouvel « objet de culte très-charnel, très-matériel, « le Coeur de Jésus. » ( P. 172 ) — On est libre, fort heureusement, d'admettre ou de rejeter l'explication.

Pour tout système, ajoute M. Michelet, « un emblème, un signe muet. » [Pages 172 ^^173.) — Bien différent de la Croix, des images de Dieu et des saints, de tant de figures commémoratives que toutes les religions de toutes natures ont adoptées et vénérées Mais il suffit de raconter.

« La dévotion au Sacré-Cœur ne pouvait manquer son effet sur les femmes , parce qu'il s'agit d'un coeur d'homme et que cet homme leur dit de venir sonder ce sein, {Page 173.) — Or, c'est là une chose

(]uc les lumnies iralFeclioiineiil pas mûdiociemeiU : Sonder un sein d' homme ! Les lemmessont plus cliai'iiellesfiiron ne pense el plus brutales que des louves dans leurs infimes appélils.

<f Le cœur,rr/ organe^ passage du sang, <( influencé par les révolutions du sang « (N.B.), n''est pas moins dominant dans la '( {evcaneque le sexe même. » {Page i740 « Les directeurs trouvent dans le Sacré-- « Cœur un texte commode. Les femmes le «( prennent au sérieux ; elles s"'exaltent, se (( passionnent ; elles ont des visions. » {Page 175.) — Tout à Theure, elles dégradaient le mari par le directeur; il leur faut maintenant, pour donner du sel à Tadultère, la complicité d"'un Dieu... Oh! voilà un blasphème horrible , je le sais et j^en frémis, mais le blasphème ne m'appartient pas.

Toutefois, ce cœur n'était qu\m emblème; les femmes, en s'approchant, ne trouvaient qu'une image briite, et point de sein d homme à toucher ; et comme les jésuites

avaient attrapé Dieii^ ainsi Dieu attrapait les femmes.

De clépit, les femmes se rejetaient sur leurclirecieur,c|ui était vivant, lui du moins. {Page 173.)

Et alors se réalisait une ténébreuse théorie : « Organe des allëctiojis, le coeur « les exprime à sa manière, gonflé, soulevé « de soupirs. La vie du coeur, forte et <( confuse , comprend , mêle les amours. » [Page 1740 — Les femmes donc mêlaient les amours ; elles fermaient les yeux, substituaient mentalement Jésus invisible au directeur palpable , et croyaient sans réserve que ces divines étreintes , loin de llélrir leur conscience, Tempreignaient au contraire dVme éternelle pureté.

Je dis que les femmes généralement se heurtaient contre Tobjet imaginaire , et qu'elles furent réduites à nourrir de célestes illusions leur très-réel libertinage. Quelques-unes s'élevèrent plus haut. Les visions de celles-ci n'avaient point de terme. Elles voyaient dans l'omblèmo du cœur le coeur

même, cl Pliommc loiit entier, cVsl-à-dire Jésus-Chiist, c'est-à-dire Vainanl [p.iyG), Par un elFet mystérieux de Penthousiasmc, elles sondaient vraiment ce sein.

M. Michelet nous annoncera bientôt qu'il se sent profondément le fils de la femme. {Page 25 de sa préface datée du jour de Pâques.) On en jugera volontiers, sur Testime que la femme lui inspire*.

Telle Marie Alacoque.

«( C'était une forte fille, très-sanguine, <c qu'on était obligé de saigner sans cesse. »

Elle avait vingt-quatre ans , lorsqu'elle entra à la Visitation , dit mon professeur illustre {page 176).

Mais point du tout, étant née le 22 juillet 1647, ^^ faisant profession le 6 novembre 1692, elle avait presque vingt-six ans.

Nous lisons ensuite ( ibid.) « qu'elle entra « au couvent avec des passions entières. » Et la raison qu'on en donne , c'est que

1 Savcz-vous la raison de celle cslime profonde? «Ce qu'elles font de leurs mains est très-secondaire, dit M. Michelet, c'est à nous de travailler. Que font-elles? Elles nous font... C'est vn travail supérieur. » P. 24, miîmc préface.

« son enfance n^avait pas été misérablement « étiolée , comme il arrive à celles qii^on « enferme de bonne heure.» — Et nous répondons, diaprés tous les historiens, qu**à rage de huit ans, elle perdit son père, et fut mise justement dans un couvent à CharoUes. Nous ajoutons que Tobservalion de M. Michelet trahit à plusieurs égards une ignorance fâcheuse. S^il y eut jamais des femmes de génie et des femmes fortes, c'est au couvent qu'elles puisèrent leurs premières inspirations d'enfance et les grandes idées qui d'ordinaire en découlent sur toute la vie. Sainte Thérèse, née le 28 mars i5i5, était à douze ans chez les augustines d'Avila ; elle avait déjà prononcé ses vœux au mois de septembre i534, c'est-à-dire à dixneuf ans. Marie d'Agréda , auteur du chefd'oeuvre intitulé . La mystique cité de Dieu y fit les siens en 1620; elle était née en 1602, de François Coronel et de Catherine de Arena, qui avaient embrassé avant elle l'état religieux. A quatorze ans, Marie-Angéhque Arnauld était abbesse de Port- Royal-des -Champs. « Sa .sœur, la mère

— :ns —

Af^nùs, fui crahord , ninl^rô sou exlroinc jeunesse, maîtresse tics novices ^. Leur nièce, la mère Angélique de Saint-Jean Arnauld, entra à Port-Royal à six ans , fut élevée par ses deux tantes, entre les mains desquelles elle devint un prodige d'esprit et de vertu*». Faut-il donc allonger cette liste et se moquer de Tévidence ?

Ce n"'est pas sans intention que M. ]Micbclct tient ce langage : forte fille ^ tressnngaine , qu'on était obligé de saigner sans cesse, iMolière-a complété la pensée de son maître^ .Lu pudeur nVinterdil des explications tatégoriques. Un homme moins chaste aurait dit : La sève abondait chez cette religieuse ; aux dévorantes ardeurs d'un tempérament luxurieux et riche , elle joignait une imagination furibonde; elle était constituée de corps et d'àme pour la débauche. Afin de contrarier M. Michelet ,

1 nist. de Port-Royal.

2 Ibiil.

3 Gkronte. — Vous ne sauriez croire rommc elle estnfTo- U-e de lAiniire. Soaîsarf.t.i.f. — La clialeur du sang fail cola dans les jeunes esprits

l'histoire dit que « Marguerite Alacoque , (lès rage tle neuf ans, fut attaquée tle rhumatisme et de paralysie '•

Quoi qu'il en soit, des fréquentes saignées à Tamour, la conséquence vaut , comme s'expriment les théologiens, valet consecutio. Ainsi, «( la dévotion de Marie Alacoque « fut tout d'abord un violent amour qui « voulut souffrir pour l'objet aimé. »

{P. 176.) — Jusque-là , l'esprit du lecteur peut parcourir à l'aise le champ des conjectures libertines. La rhétorique a bien fait de créer une figure qu'on appelle suspension. Vous êtes persuadé à peu près que cette forte fille très-sanguine renonce au monde par suite d'un amoureux dépit.

jMais l'imposture ne tiendrait pas devant une minute d'examen... Quelle surprise!

y objet aimé., c'est Jésus-Christ lui-même ! {Ibid.)

Alors nous admirons la sainte Religieuse , et nous bénissons Dieu qui fait servir à la sanctification des créatures les sources

* J.-J. Languet, Vie, de la véritable mère Marguerite Marie; MW, in-4°.

mcmcs (lu mal el tic la perdilion. Les passions humaines sonl Irès-rarcment mauvaises par leur essence propre. Elles sont bonnes. Ce qui constitue le vice ou la vertu, c'est la direction plus ou moins régulière que leur donne la volonté... Cest assez.

C'est assez. Que dirais-je de plus?Puis-je copier ces fastidieux ana d'un bout à l'autre? Vont-ils donc m'accuser, si je m'arrête ici, d'avoir hypocritement spéculé sur des citations incomplètes? Que faut-il au lecteur pour asseoir sonjugoment?

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