Autre exemple
COMMENTAIRE
123. Le prêt a été fait pour que la chose serve à l'usage de l'emprunteur. Si cet usage occasione quelques détériorations, le prêteur ne peut s'en plaindre, pourvu que la faute de l'emprunteur n'y ait aucune part (1), et ce dernier est libéré quand il rend la chose dans l'état où elle se trouve naturellement (2). C'est au prêteur à s'imputer à lui-
(1) Ulpien, I. 10 D., Commod.
Pomponius, I. 23 D., Com.
11 faut combiner avec ces textes la loi 3, § 1,D., Co?n,y qui est d'Ulpien.
(2) Pothier, u"' 38 et 39.
CIIVI'. I. AIIT. 1(S(S/|. 107
môme d'avoir ixM'mis ({iic sa chose fût employée à im usage qui devait la détériorer. Quant à l'emprunteur, qui est demeuré exempt de négligence, ii(Mî ne i)eut lui être reproché. 11 n'y a pas d'imputation possible là où il n'y a pas de faute. « Générale »et perpetitiim est, dit le président Favre, ut cidpa ■Domninô nnlla slt, eiii niliil pcnitùs imputar'i potest (1). »
12/|. Ainsi, par exemple, je vous prête mon cheval pour faire une course longue et fatigante; je serai mal reçu à me plaindre si vous me ramenez ce cheval moins dispos que lorsqu'il est parti. Je vous l'ai piété sacliant bien que ce voyage devait diminuer ses forces ; c'était à moi à mieux calculer ce dont elles étaient capables (2).
125. Bien entendu, du reste, que vous aurez donné à la chose prêtée tous les soins convenables ; que vous aurez fait reposer et panser le cheval aux heures accoutumées et dans de bons gîtes ; que vous l'aurez conduit avez ménagement, etc., etc.
120. Autreexemple (o) : — Sachant que vous aimez à vous promener à cheval en compagnie de quelques amis, je vous prête mon cheval pour aller faire une course au bois de Boulogne ; mais voilà qu'une des personnes de la société, ne pouvant maîtriser son cheval, vous renverse et blesse le mien. Vous serez irréprochable : un tel accident était facile à prévoir dans une réunion de plusieurs écuyers ; c'est tant pis pour moi si j'ai consenti à ce que mon cheval fût placé dans mie compagnie dangereuse.
(1) Sur la loi 10 D., Commod.
(2) Pomp., I. 23 D., loc. cit.
(3) Javolenus, I. uit. D., adlej. ^juiliam.
Article 1885.
L*empriinteur ne peut pas retenir la chose par compensation de ce que le préteur lui doit.
SOMMAIRE
127. L'emprunteur à commotlat ne jouit pas du droit de réten-
tion.