‹ Du prêtsChapitre 70 sur 183 · LXXIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

LXXIV PRÉFACE

tion sur le prêt à intérêt, et y renouvela toutes les exagérations des plus fougueux théologiens contre l'usure. A l'entendre , les doctrines de Calvin se sont introduites jusque dans les congrégations de Rome et auprès des évèques de France et de Sa^ voie!!! Cet écrit ayant été propagé dans les diocèses de Lyon et de Belley, l'évèque de ce dernier diocèse crut devoir prémunir son troupeau contre les fausses doctrines qu'il renferme; il publia une circulaire dans laquelle sont citées textuellement dix-sept décisions des autorités romaines , lesquelles tendent uniformément à rassui'er la conscience de ceux qui retirent des intérêts de leur argent placé dans le commerce ou avec le titre de la loi. Elle se termine par ces paroles, empreintes d'un louable esprit de modération :

« Oui, nous avons toujours espéré qu'un jour » l'enseignement des écoles s'adoucirait sur cette » matière ; que la spéculation deviendrait plus con- » forme à la pratique des confesseurs pieux et éclai- » rés par l'expérience. Nous avons espéré qu'il arri- » verait à l'égard du prêt de commerce ce qui est » arrivé à l'égard des rentes perpétuelles, qui furent » si violemment combattues dans le quinzième et le » seizième siècle, et qui, aujourd'hui, ne présentent n plus de difficultés (1). >»

Cet augure, nous l'acceptons pour notre compte, et nous le croyons bien près de se réaliser. A côté des principes immuables sur lesquels repose l'Église, il y a des règles passagères que sa sagesse a toujours

PREFACE. CLXXT

SU varier suivant les l)esoins des peuples, et dans rapi)lication desquelles elle a fait admirer cet esprit large qui ne repousse aucun progrès, et qui doit être souple, parce qu'il est universel.

D'ailleurs, notre Code civil n'est pas une loi athée, conïme on l'a dit sans réflexion et avec une malheureuse audace. Je ne cesserai de le répéter : ce Code est spiritualiste , il est chrétien; il réfléchit dans les rapports civils les grandes bases de la morale évangélique. Et quand le clergé se rapproche de lui, qu'il sache bien qu'il n'a point de souillure à redouter, et que c'est encore du christianisme qu'il y trouve sous l'enveloppe de la formule légale (1).

(1) Voyez la préface de mon commentaire de la Vente^ p. xiv et suiv., et mon mémoire Le l'influence du christianisme sur h droit romain.

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