RÉORGANISATION SOCIALE. ASSOCIATION. SOCIAIJSMB
respectée, et, au lieu de la responsabilité, on a rétabli la tutelle sous d'autres formes. A la tutelle oppressive des corporations et des seigneurs, on a substitué celFe de TÉtat, qui lutte avec la liberté et qui empêche le principe vivifiant de la responsabilité de produire ses fruits. Là est la plaie des sociétés modernes et la clef de la plupart des difficultés.
Depuis soixante ans donc les populations continuent à croire (et la plupart des gouvernements euxmêmes ne cessent de le leur répéter) que leur condition et leur bien-être dépendent de la nature et de la forme de ces gouvernements, de la bonne volonté et de l'habileté de tel ou tel personnel gouvernemental*.
C'est une grosse et déplorable erreur, qui a enfanté bien des agitations et causé en partie la plupart des changements politiques, souvent inutiles, qui se sont opérés en France, par exemple, depuis 1789, au grand détriment des sociétés. Tous les partis politiques qui veulent arriver aux affaires "exploitent cette erreur; et c'est en vain qu'une fois parvenus à leiir but ils veulent soutenir la doctrine opposée : leurs adversaires reprennent les mêmes arguments, et les populations les écoutent.
« Le plus grand danger peut-être des temps modernes (disait le président de la République française, le
* Les gouvernements disent ou laissent dire que c'est de leuj* essence ou de leur habileté que proviennent Tabondance et le bon marché de toutes choses, des substances alimentaires particulière
154 DiJ PRINCIPE DE POPULATION.
1 1 novembre 1849, en s'adressant aux exposants des produits de l'industrie) \ient de cette feusse opinion inculquée dans les esprits, qu'un gouvernement peut tout, et qu'il est de l'essence d'un système quelccmque de répondre à toutes les exigences, de. remédier à tous les maux. »
Cette croyance, imprudemment entretenue, Malthus l'a combattue dans son ouvrage; et Fensemble de ses idées est d'accord avec le sentiment de presque tous les économistes depuis Quesnay . Sans doute Malthus s'est servi d'une hyperbole outrée en trouvant les maux que peut faire un mauvais gouvernement, comparativement à ceux que peuvent produire les passions des hommes, aussi légers, disait-il, que des plumes flottant sur la surface d'un gouffre. Mais celte exagération n'est pas dans l'esprit de son livre.
Il est impossible de ne pas reconnaître que les mauvais gouvernements peuvent fair,e beaucoup de mal aux populations, les opprimer, les ruiner, et, qui pis est, les démoraliser. Ils peuvent faire beaucoup de mal : en violant les libertés des citoyens par un système de compression tyrannique; en intervenant dans leurs affaires religieuses, économiques ou administratives au delà des exceptions que prescrit la sécurité publique, et au moyen d'agents insolents et tracassiers;
ment. La taxe de ces denrées prête à rillusion. Mai?, q* and viennent les disettes et les crises, les préjugés des populations compliquent la situation et niettent la tranquillité publique en danger