‹ Du principe de population: egergie de ce principeChapitre 40 sur 68 · NOTICE SDR LA VIE ET LES OUTRAGES DE MALTHUS · texte numérisé non relu

NOTICE SDR LA VIE ET LES OUTRAGES DE MALTHUS

principes de Féconomie politique (1819), sur les définitions en économie politique (1827), etc.

Malgré s<«i titre, le livre sur les Principes n*est point un traité complet, mais seulement ime collection de dissertations relatives à des questions sur lesquelles il avait plus spécialement fixé son attention, et qu'il discutait particulièrement avecRicardo et J.-B. Say. (Voyez ci-dessous à la bibliographie.) 11 s'attache surtout à établir dans ce livre combien il est important de ne pas trop tôt ériger en principes généraux des observations partielles, et de vérifier les lois générales par l'examen rigoureux des faits. Il concluait aussi que ce qui est rigoureusement vrai en principe est loin d'être toujours complètement applicable, et que, dans l'état imparfait des sociétés, il faut savoir sacrifier dans une certaine mesure la vérité à des besoins d'ordre et de prudence. Ce livre est loin d'avoir eu le même retentissement que celui sur la population; cela tient d'abord à la nature du sujet, et aussi, selon nous, à l'infériorité relative de Touvrage. Mais c'est assez pour la gloire d'un homme d'avoir trouvé une loi fondamentale et de l'avoir mise en lumière par de si remarquaMes recherches et de si profondes observations. Les dissertations de Malthus auront néanmoins beaucoup contribué à l'ékicidation de plusieurs principes, et notamment à celui de la rente, auquel Ricardo a attaché son nom. Ce dernier dit dans la préface de ses Principes: a En 1815, la véritable doctrine de la rente fut publiée une première fois par M. Malthus, dans un écrit intitulé : hecherches sur la nature de larente, et par un membre du collège de l'université d'Ox- (brd (le docteur West), dans son Essai sur l emploi du capital en agriculture. » M.MacCuUoch a en outre signalé la même doctrine dans un écrit sur le commerce des blés, publié en 1777 par Anderson, Ce n'est pas ici le lieu de rechercher la

d; principe de population.

filiation de la théorie de la rente à cette époque ; nous constatons seulement le cas que Ricardo faisait de cette partie des travaui de Malthus, et aussi la modestie avec laquelle il soumettait ses propres idées au puUic.

Ce qui distingue Malthus, c'est Tamour de la vérité. « Cet amour de la vérité, a dit Ch. Comte, qui ne se démentit jamais, fît naître et développer chez lui les vertus privées qui le distinguaient : la justice, la pnidence, la tempérance, la simplicité.

(( n était d*un caractère doux. Il avait sur ses passions un si grand empire, il était si indulgent pour les autres^ que les personnes qui ont vécu près de lui pendant près de cinquante années assurent qu'elles l'ont à peine vu troublé, jamais en colère^ jamais exalté, jamais abattu. Aucun mot dur, aucune expression peu charitable ne s'échappait jamais de ses lèvres contre personne ; et, quoiqu'il fût plus en butte aux injustices et aux calomnies qu'aucun écrivain de son temps, et peut-être d'aucun autre, on l'entendit rarement se plaindre de ce genre d'attaques, et jamais il n'usa de représailles. Il était trèssensible à l'approbation des hommes éclairés et sages ; il mettait un grand prix à la considération publique. Mais 1<^ outrages non mérités le touchaient peu : tant il était convaincu de la vérité de ses principes et de la pureté de ses vues ; tant il était préparé aux contradictions et même à la répugnance fjue ses doctrines devaient inspirer dans un certain monde. Sa conversation se portait naturellement sur les sujets qui louchent au bien-être de la société, et dont il avait fait l'objet d'une étude particulière ; il étoit alors attentif, sérieux, facile à émouvoir. Il énonçait son opinion d'une manière si claire, si intelligible, qu'on voyait aisément qu'elle était le résultat d'une réflexion profonde. Du reste, il était naturellement gai et enjoué, et aussi prêt à prendre part aux plaisirs îpiocents

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