‹ Du principe de population: egergie de ce principeChapitre 41 sur 68 · NOTICE SVR LA VIE ET LES OUVRACES BE VALTRUS · texte numérisé non relu

NOTICE SVR LA VIE ET LES OUVRACES BE VALTRUS

de la jeunesse qu'à Tencourager ou à la diriger dans ses études.

c II était au nombre des partisans les plus zélés de la réforme parlementaire, et désirait de voir le gouvernement s'engager dans une voie de progrès,.. Fidèle à ses opinioas politiques, dans le temps où elles étaient loin de men^ à la fortune, il ne s'en est pas fait un titre à la faveur lorsqu'elles ont triomphé ; il n'a pas jeu la pensée de faire de la science le ' marchepied de l'ambition. Quand ses principes sont devenus le ibndement de la loi qui réformait la législation sur les pauvres, les calomnies et les injures des ennemis de la réforme ne lui ont pas manqué. Ses adversaires ont tenté de faire tomber sur hii la responsabilité des vices qu'ils signalaient dans la mesure du gouvemonent ; de leur côté, les partisans de cette mesure lui ont prodigué les éloges dans les discussions auiquelles elle a donné lieu au sein du parlement; mais Jà se sont arrêtées la reconnaissance des amis politiques et la munificence nationale. Je dois ajouter qu'on ne l'a vu se (daiiklre.ni des injures des premiers ni de la négligence des seconds. »

Charles Comte parle ici de la réforme des lois sur les pauvres. Malgré les exagérations pour et contre de l'esprit départi, le Kvre de MalUius frappa vivement tous les hommes doués d'un esprit juste qyi désiraient sincèrement améliorer le sort des masses, et appela leur attention sur le danger de la loi des pauvres; des prq)i)sitions de réformes furent faites à diverses époques, et notamment en 1817 par M. Samuel Withbread, en 1821 par M. J. Scarletl, savant jurisconsulte; mais ce ne fut qu'en 1834 que le parlement se décida à modifier la législation, après une enquête célèbre qui confirma la plupart des vérités que Malthus avait proclamées.

Ce dut ^e une ^*ande joie pour l'illustre écommiiste que

de voir les pouvoirs publics de son pays s'inspirer de celle de ses opinions qui lui avait valu le plus de violentes attaqua.

Halthus était alors dans sa soixante-septième année , et jouissait en apparence d'une très-bonne sanlé.Mais vers le milieu de décembre 1 834, comme il arrivait de Londres à Bath, pour passer les fêtes de Noël avec ses enfants , dans la maison de M. Eckersalt, son beau-père, il se sentit indisposé ; une maladie du cœur se déclara, et il mourut le 29 du même mois.

Halthus avait été élu associé de TAcadémie des sciences morales et politiques, aussitôt après la reconstitution de cette académie en 1833. Il fat un des fondateurs du Politkal economy club et un de ses membres les plus actifs.

Pour affoiblir Tautorité de Halthus, et le mettre en contradiction avec lui-même, on a cité le nombre de ses enfants^ que Ton porte à onze î D'abord il n'est pas du tout démontré que Halthus ait eu onze filles, comme Ta écrit M. Cherbuliez dans le Journal des Économistes (XXV, p . 1 35, i 850), en racontant que Halthus était venu un soir diez M. de Sismondi, à Genève, suivi de ses onze filles ! 11 doit y avoir erreur de la part de H. Cherbuliez ; car Gh. Comte, dans une notice lue à l'Académie des sciences morales et politiques peu de temps après la mort de Halthus, disait , en 1836, que ce dernier laissait un fils et une fille , que sa femme lui survivait. Ch. Comte n*a pas écrit sa biographie sans avoir 4es renseignements exacts; il est probable que les personnes dont parlé H. Cherbuliez étaient de la famille de Halthus sans être ses filles. Hais admettons, par hypothèse, une si nombreuse postérité comme un fait exact. Si Halthus avait assez de moyens d'existence, il n'aurait pas cessé d'être d'accord avec lui-même; et c'est dans lé cas contraire seulement qu'il aurait, lui aussi, manqué de prévoyance, ce qui, en dernière analyse, prou-

NOTICE SUR U VIE ET LES OUVRAGES DE MALTHUS. 25 i

verait contre sa conduite et non pas contre ses idées, qui se seraient peut-être corroborées à cette rude épreuve.

Page 1