OUVRAGES DE GODV^IN
Inquiry conceming political justice and Us influence on mo* rais and happiness. — (RechercJies sur la justice politique et son influence sur les mœurs et le bonheur.) Londres, 17^5, 2 vol. in-S;^" édition en 1798.
Ce livre est apprécié plus haut, p. 236 (V. à la table des matières, Godwin). L'auteur a développé les mêmes doctrines politico-écono* mieo-sociatistes dans l'ouvrage suivant :
Inquirer (hlnvestigateur) , 1897, 1 vol, in-8; 1825, 1 voi. in-12.
Série d'essaisi ou dissertations sur différents sujets. C'est à un de ses essais sur Vavarice et la prodigalité que r^ondait Malthus dans la première édition de son ouvrage sur la population. (F. p* 232.)
Recherches iur la population et sur la faculté d' accroisse^ ment de Vespèce humuine^ contenant une réfutation des doctrines de Th, Malthus sur cette matière, par M. William Godet elle avait attenté deux fois k sa vie. Elle s'était liée k Paris avec plusieurs Girondins. C'était, disent ceux qui Tont connue, une fenmie remarquable, joignant k ime figure agréable de belles hcultes et de rares qualités de cœur;
KOTICE SUR GODWIN. 259
win, traduit de Tanglais, par F. S. Gonstancio, D. M., etc. Parts, Âilkud, 1821/2 Yol. m-8.
L'auteur a pai'tagé son ouvrage en six livres, traitant : de l'accroissement de l'espèce humaine dans les divers pays ; des bornes de la faculté d'accroissemrat ; des causes qui entravent ou font décroître la population ; delà population aux États-Unis; des moyens que la terre fournit pour la subsistance de l'homme et des principes de morale et de politique ressortant de la théorie de Malthus. Le premier vdume contient en outre une dissertation de M. David Boothy aux instances et aux idées duquel Godwin doit (il le dit luimême) d'avoir publié ce livre.
Les autres principaux ouvrages de Godwin sont : VU de C^mccr (1823)r 2 vol. in-S ; — V Histoire de la république d'Angleterre jusqu'à la restauration de Charles 11 (1824 à 1828), 4 vol. in>8 (Le quatrième volume est entièrement consacré à Gromwell, dont Godwin a fait une étude particulière); — Pensées sur rhomme, sa nature, ses productions et découvertes, 1 vol. in-8; — Essai sur les sépultures (1808), in-8; — Vies des néovmanciens (1854), 1 vol. in-8 ; — les romans : Caleb William (1795), traduit par Germain Garnierj Saint-Léon, Fleetwood (1805), MandevilU (1817), Cloudeslay (1850), Deloraine^ etc«
NOTE HISTORIQUE SUR LES OPLNIOXS ÉMISES, AVANT MALTHUS, SUR LE PRINCIPE DE POPULATION.
Montesquieu exposait, daiis Y Esprit des lois^, que la population est eu raison des produits dont elle peut dii^poser. Mais on voit dans d autres passages qu^il n'avait pas des idées bien nettes sur ce sujet. (V, phis loin la note Xlll.)
Il dit ailleurs :
« Partout où il se ti-ouve une place où deux pei-sonnes |)euvent vivre commodément, il se fait un mariage. La nature y porte assez , lorsqu'elle n'est point arrêtée par la diiBeulté de la subsistance *. »
Voir encore (p. 39) son opinioïi sur la fécondité des mendiants.
Mirabeau, le père, dans son célèbre et peu intelligible Ami des hommes, ou Traité de la population (1755), avait d'abord écrit que la population était une source de revenu. Plus tard il avouait son erreur et reconnaissait que c'est le revenu qui est la source de la population, et il disait : « La « mesure de la subsistance est la mesure de la population'. »
* Liv. XVIII, chap. x. — La première édition de VEsprit des /msestde 1748.
* Esprit des lois, liv. xxui, cb. 10.
s Tome Vill, p. 84, in-lî, 1762.
OPIKIONS émSES AyAKT 1IALTHUS. 24i
Les autres Phtsiociutes ayai^t assez neltement entrevu le principe de population j mais aucun d*eux ne la démontré à fond. — QoESKATa dit : uQu^on soit moins attentif à Taugmentatirni de la popidation qu'à Taccroissem^U des revenus ' . »
Smith écrivait en 1775 :
« Naturellement, toutes les espèces animales multiplient à proportion de leurs moyens de subsistance» et aucmie espèce ne peut jamais multiplier au .delà. Mais, dans les sociétés civilisées, ce n'est que parmi les classes inférieures du peuple que la disette de subsistances peut mettre des boiiies à la propagation de l'espèce humaine; et cela ne peut arriver que d une seule manière : en détruisant une grande partie des enfants que produisent les mariages féconds de ces classes du peuple *.
<( La demande d'hommes règle nécessairement la production des hommes, comme fait la demande à l'égard de toute autre marchandise ; elle en hâte la production quand celle-ci marche lentement , et l'arrête quand elle va ti'op vile. C'est cette demande qui règle et détermine fétat où est la propagation des hommes dans tous les différaits pays du monde , dans l'Amérique septentrionale, en Europe et à la Chine; qui la fait marcher d'un pas si rapide dans la première de ces contrées, qui lui donne dans l'autre une marche lente et graduelle, et qui la rend tout à fait stationnaire dans la troisième 5. »
« Dans la lùajeure partie de TEurope, il faut au uKÛns, à ce qu'on prétend, cinq cents ans pour doubler le nombre des habitants, tandis que, dans plusieurs de nos colonies de l'Amérique
* XXV* Maxime. (Collection des Principaux Ëconomisles. Vax-
SIOCRATES, p. 101).
* Richesse des nations, liv. I, chap. vui, édition Guillaumin, p. 109.
5^ Ib., p. 111.
septentrionale, il double, dit-on, en vingt ou vingt-dnq ans '. > < Les pays ne se peuplent pas en proportion du nombre que leur produit peut vêtir et loger, mais en raison du nombre que ce produit peut nourrir. Quand la nourriture ne manque pas, il est aisé de trouver les choses nécessaires pour se vêtir et se loger; mais on peut avoir celles-ei en abondance et éprouver souvent de grandes difficultés à se procurer la nourriture*. »
Herrenschwand disait aussi :
f La procréation de Tespèce humaine parsut être sans bor* nés ; sa nourriture, au contraire, a des limites. Tant que la procréation n'a pas atteint les limites de la nourriture, Tespèce humaine est susceptible de multiplication *. »
Ortes émettait, à la fin du siècle dernier, les propositions suivantes :
« La population se maintient, augmente ou diminue toujours proportionnellement et en conséquence des richesses maintenues, augmentées ou diminuées avant; mais jamais la population ne précède les richesses. »
« Les générations des hommes sont limitées par les hommes, celles des brutes par la force *. »
L'écrivain italien entend par population la population effective , et non les naissances , qui peuvent très-bien précéder les l'ichesses , sauf à être neutralisées par la mort.
DuGALD Stewart, quclqucs années avant la première publication de Malthus, posait ainsi le problème :
* Hichesse des nations, liv. I, eh. xi, p. 209. « îbid., W vol., liv. III, clu iv,p. 513.
* Discours sur la populatioUf Londres, 4786, cité par J. B. Say (Cours complet, 4* partie, chap. I).
* Riflessioni sulla populations»,, Venise, 1790.