‹ Du principe de population: egergie de ce principeChapitre 45 sur 68 · OPINIONS ÉMISES AVANT MALTUUS. 24S · texte numérisé non relu

OPINIONS ÉMISES AVANT MALTUUS. 24S

a Un peuple ne peut pas plus s'empêcher de peupler qu'un aii)re de pousser. Mais, pour vivre, il faut se nourrir; et, comme tout accroissement a un terme, c'est là que la population s'arrête.... C'est une maladie politique accompagnée de beaucoup de misères.... J'avoue que je ne connais point de remèdes à ce mal *. »

Arthur Young, qui voyageait en France pendant les années 1787-90, disait:

c Le soin de multiplier la population ne doit pas fixer un seul instant l'attention des gouvernements. Si elle est oisive ou si elle excède le nombre des hommes qui peut trouver de l'emploi, c'est nniltiplier la misère, la maladie et le crime. La population ne devient utile que par Femploi. Trouvez cet erapbi, et elle se multipliera d'elle-même *. »

J. B. Say, dans son Traité publié en 1803 (alors qu'il ne connaissait pas encore le travail de Malthus, dont la deuxième édition paraissait cette même année), développe cette propositicm , que « la population d'un pays se proportionne à ses produits. » Et il ajoute : « C'est ime vérité reconnue par la plupart des auteurs qui ont écrit sur l'économie politique , cpielque variées que soient leurs opim'ons sur presque tout le reste. » Suit une note, dans laquelle il dit : « Voyez Steuart, de V Économie politique y liv. I, ch. iv; — Montesquieu, Esprit des fois, liv. XVIII, ch. x, et liv. XXIH, ch. x; — Buffon, édit. de Bernard, IV vol., p. 266 ; — Forbonnais, Principes et Observations, p. 39, 45; — Hume, Essais, II* partie, essai ii; — Poivre, le volume de ses œuvres, p. 145, 146;

* Éléments de la philosophie de Vespnt humain ^ tome I, p. 208 de redit, angl., in-4% 1792.

* Tome II, p. 102 de Tédit. angl., cit. de J. B. Say (CourSy VI* partie, dj. vi).

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— Coiidillac, le Commerce et le GouvernemetU, part. I, fh. XXIV et xxv; — le comte Verri, Réflexions sur V économie poUêiqmy di. xxi; — Mirabeau, Ami des hommes, tome I, p. 40; — Raynal, Histoire 4e rétablissement,..., liv. XI, § 25; - Chaslellux, de te Félicité publique, tome II, p. 205;

— Necker, Administration des finances, ch. ix, et ses notes sur réloge de Colbwt ; — Condorcet, Notes sur Voltaire, édit. de Kell, tome XLV, p. 60 ; — Smith, Richesse des nations, liv. I, ch. VIII et xi; — Garnier, Abrégé élémentaire, part. I, ch. III, et dans sa préfaee de sa traduction de Smith;

— Canard, Principes d*éamomie politique, p. 155. i Maltlms est omis, ce qui prouve notre assertion ci-dessus , con* firmée par une note de J. B. Say lui-même *.

« Ce fut Malthus, dit Mac Culloch^, qui, sans avoir aucun droit à réclamer cette découverte, que la population taid à se maintenir dans la Umite des moy«ns de subsistance ou à la dépasser, fut certainemeot le premier à établir ce principe par une large induction tirée des ïaits et à indiquer quelcpiesuns de ses effets les plus importants.

« Les recherches de cet économiste ont démontré que tout accroissement dans le chiffre de la population, qui n*est point précédé ou accompagné d'un accroissement correspondant dans les moyens de subsistance, ne peut engendrer que la misère ou un accroissement dans la mortalité; que la difRculté ne consiste jamais à mettre au monde des êtres humains, mais à les nourrir, à les vêtir et à les élever lorsqu'ils sont nés; qu*en tout lieu Tespèce humaine s'accroît, tant que h multiplication n*est pas arrêtée par la difficuilé de pourvoir à sa subsistance et parla pauvreté d'une portion de la société; et que, consé-

» Cours complet, part. VI, cb. ii.

« Principes d* économie politique, 4* édit., ch. vui.

OPINIOKS ÉMISES AYANT UllWBt. Hb

quemment , au lieu de chercher à fortifiçr le principe d*accroissement, on doit plutôt s'eflbrcer de limiter les principes qui le limitent et le règlent. »

L'asserUon du principe de population, qui est un principe de sens commun, a donc été faite par plusieurs écrivains antérieurs à Malthus. Divers faits sur lesquels il s'est appuyé ont été (Aservés dans h plus haute antiquité, puisque les philosophes grecs (voy. p. 496) ont été conduits à rechercher les moyens de prévenir les effets du développement de la population. De tout temps, sans doute, il y a eu aussi des pères de famille prévoyants et prudents. Mais Malthus a , en définitiTe , constaté ces faits et ces principes d'une manière plus générale et plus scientifique , et c'est à lui que revient l'honneur de la découverte du principe de population; car la découverte d'une vérité n'appartient pas tant à celui qui l'entrevoit qu à celui qui la démontre et la vulgarise. Ce qui est nouveau dans le livre de Malthus, « c'est d'avoir , comme le dit Et. Dumont, fait du principe de population une application raisonnée et conséquente , d'en avoir tiré la solution de plusieurs problèmes historiques , d'avoir parcouru l'Europe ce principe à la main, et d'avoir montré qu'on ne saurait lutter contre lui sans produire de grands dérangements dans l'ordre social ^ »

J. B. Say faisait remarquer * que Malthus avait confirmé, par de savantes recherches, des principes qui n'ont été contestés et vivement attaqués que depuis qu'ils ont été mis hors de doute, et il ajoutait : < Ce qui n'étonnera, au surplus, que les persoimes qui ne connaissent pas le cœur iiumain. »

Au reste, il faut le constater, leuom de Malthus est rcsîé attaché â la doctrine économique delà population, sans que Malthus ail eu la moindre prétention à avoir fait une découverte.

< Œuvres de Bentham, tome II, p. 505.

« Cours complet, part. VI, 1829.

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