‹ Du principe de populationChapitre 18 sur 120 · E PIlIKCIPi; ItK POPl'I.ATION · texte numérisé non relu

E PIlIKCIPi; ItK POPl'I.ATION

souffrances et des privations directement à leurs familles et indii ciiement à la société tout entière?

Ici remarquons qu’on ne saurait faire trop de distinction entre les localités, lorsqu’on se livre à des investi^^aiions sur la population. Il y a des classes et des familles qui disparaissent, il y en a d’autres dont le nombre s’accroît rapidement. Les sociétés actuelles sont des résultantes d’une infinité d’éléments : si on les considère en bloc, il est impossible de se rendre compte des changements qui s’y produisent. Prenons pour exemple la population de la France. M. E. Bouvard a récemment publié une table de mortalité par départements faite à Taide de corrections aux tables de Duvillard, dans laquelle on lit que, quand la période de doublement a été de 157 ans pour la France entière , celle du département de l’Ardèche a été de 71) ans, et celle du département de l’Eure de 1750 ans. >'ous prenons les deux départements extrêmes; mais tous les autres diffèrent entre eux et diffèrent de la moyenne; de sorte que, pour se rendre compte des phénomènes qui se rapportent à la population française, on s’exposerait à de grossiers mécomptes, si on la considérait dans son ensemble. Puisqu’il y a des départements où la population double beaucoup plus vite que dans d'autres, il y a des départements où les obstacles à l’accroissement agissent beaucoup plus. Reste à savoir la nature de ces obstacles, qui peut être si différente. comme nous venons de le voir (p. 58 et 59),

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selon que la population est plus ou moins prévoyante, morale et aisée.

Les moyennes nationales sont fort trompeuses. On ne peut en rien conclure pour les diverses localités d’un pays, pour les diverses classes de la population, pour les diverses familles d’un môme pays. On ne peut rien conclure de la moyenne du Royaume-Uni à l’Irlande ; de la moyenne de la Belgique aux Flandres; de la moyenne de la Prusse à la Silésie ; et de la moyenne de la France aux classes misérables de Lille et d’un grand nombre d’autres localités manufacturières ou agricoles.

Nous passons à une autre objection tirée de la proportion qui s’établit de fait, et par suite de l’action des obstacles, entre la population et les subsistances.

Deuxiènje objection. — Éqiuition en fait de la population et des subsistances. — Des statisticiens et d’autres ont dit : Puisque la population se proportionne aux moyens d’existence, les deux propositions de Maltlius sont pure théorie, et il n’y a pas besoin de se préocuper d’un excès de population qui n’arrive pas \

Là commence une confusion et un sophisme qui ont fort embrouillé cette question,

* Éléments de statistique humaine, par M. A. Guillard V. sa IrUrf' à M. .Foseph Garnirr.

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