i‘iiim;ii*k i)î; popi i.atios
de sub>^islance. Alors seulement les conseils de Mal- Uius, aloi s la prévoyance et la sagesse des pères de ramille sei aienl inutiles, sans être dangereuses toute- Ibis ; car il n’y a jamais danger à prêcher la prudence aux pauvres, à déiruire leurs illusions, et à les éclairer sur des prélenlions antisociales. I.es choses ont pu se passer, comme le dit M. Carey, dans plusiems parties de rz\mérique , elles peuvent se passer encore ainsi dans diverses contrées de ce pays neuf et dans ipielques localités de I Kurope elle-même iMalthus lui-même Ta constaté); mais on ne pourrait admettre <pie c’est la formule de faits constants et universels.
« L’ohservation de 5IM. Everelt, Carey et autres, repose sur une extrême confusion. Sans doute l’homme est nu instrument de richesse... mais c’est l’homme après un certain âge et doué d’un certain apprentissage, avec certaines provisions et muni de certains
instruments; ce n’est ni l’enfant ni le mendiant. Ceux-là sont des charges et non des forces pour la société. Or Malthus (V. plus loin) ne s’oppose pas à la naissance des personnes qui ont un rôle à remplir dans le monde ; il s’oppose seulement à la multiplication des êtres qui ne parviennent à la vie que par la soulTrance et la mort, il n’cmpèche pas de nou-
'//«;•») O» /V.'i, 4 i‘2. cl Jotmial des fj:onomi!^it‘s, an-
iifi‘ 1840.
OBSTACI.F.S'OPPOSKS I aV LA NATUnÈ OU I'aR l/llOSIAlK. '05
velles forces de se produire ; il cherche à empêcher - ; .
uniquement de nouvelles charges de s’imposer
Sont-ce les naissances ou les produits qui manquent à l’Irlande? Lorsque la population s'accroit plus rapidement que les moyens d’existence, ce ne sont pas des hommes qu’on compte en plus. Les hommes, disait Voltaire (H. (jénérale, chap i'), ne se multiplient pas aussi aisément qu’on pense, et il avait raison ' . »
Il ne s’agit pas de savoir si la densité de la population amène une densité de production en général : ' il s’agit de' savoir si l’accroissement de la population amène toujours proportionnellement un accroissement d’aliments. Or, les aliments ne pouvant être accrus que par l’extension des cultures, par le perl'eclionnemenl des procédés agricoles, par !<; commerce avec les pays qui produisent pins que leni' propre subsistance, peut-on dire que l’aiigmentation de la population rendra toujours possible l’augmentation de l’un de ces trois niovens ?
Voltaire parlait des hommes faits, des hommes capables de se suffire en produisant des services échangeables.
.Ainsi la richesse des sociétés ne peut se mesurer par le chiffre de la population; il en est de même de
^ ' pli Piiyiiodf. Études sur la populalion et la charité. Join-
iiiil di'^ l\rniiomisli'<.. 18n4, I. IV. |i. 1,*>.
66 LK PRINCIPE RE POPül.ATION.
la force des États. Vauban formulait une erreur en disant d’une manière générale : « C’est par le nombre de leurs sujets que la grandeur des rois se mesure‘. » « l'ne population robuste et satisfaite, a dit Rossi, donne à l’État plus de force et de sûreté qu’yne population beaucoup plus nombreuse, mais pauvre, maladive, mécontente. Quel homme d’État ne préférerait 2 millions de Suisses à C millions d’Irlandais? La France, avec cA millions d’habitants, pourrait, au besoin, lever des aimées aussi nombreuses que la Russie avec ses ^0 à 60 milbons de sujets, dont une si grande partie n’atteint pas, dit-on, l’âge de 18 ans. La force des États, en ce qui concerne la population, ne se mesure pas seulemept au nombre des hommes; elle se mesure, avant tout, par le temps de la vie moyenne et de la vie probable*. »
Septième objection. — Progrès de la production agricole . — On fait une autre objection, tirée du maintien du prix du blé, duquel on conclut que les progrès de la culture ont suivi et suivront ceux de la population, et on a invoqué à cet égard l’autorité de M. Passy. Après avoir cité des prix moyens relatifs aux 50 années comprises entre 1 797 et 1847 , M. Passy
• Vauban parlait ainsi à propos de l’édit de Nantes, qui avait fait émigrer les sujets les plus' industrieux du royaume, et à ce point de vue spécial, il avait raison.
^ Infrodiiction à VExuai xur If privripr de popuintion, 184r».
ORSTACl.KS OPPOSÉS PAR LA ^AT^JRE OP PAR l.’llOMMK. 07
attribue avec raison la fixité de ces prix aux progrès de la culture'. «Cette fixité du prix des céréales, ditil, malgré l’accroissement des populations, n’a rien qui puisse étonner ceux qui ont suivi avec quelque attention la marche des progrès agricoles. »
Assurément c'est une bonne raison à donner de la fixité du prix des céréales que celle du perfectionnement agricole et de l’accroissement des récoltes. Toutefois il faut bien reconnaître que ces deux phénomènes ne découlent pas rigoureusement l’un de l’autre. Le prix du blé a souvent pu rester stationnaire aussi par cette raison qu’il n’aurait pu être payé par les masses à un prix supérieur auquel la consommation cesse et la mortalité vient rétablir l’équilibre. Les populations pauvres ont toujours payé le blé aussi cher que le budget le leur permettait, c’est-à dire (ju’il y a toujoui*s eu autant d’hommes que les récoltes pouvaient en nourrir. Le blé est la matière première du travail : considéré dans une période de temps un peu longue, il forme un produit type, à valeur constante, autour de la-
' De 1797 à t807 le prix a été, par liettolilre, 20 fr. 20 c
Annuaire de l'Économie polilique pour 1849, publié .MM. Joseph (i.irnier et niiillamniii.
(j!< i K riiiM'.ii'K. riK rom.ATio.N.
quelle oscillent les prix de tous les autres objets du travail de riioniine *.
Quoi <iu’il en soit, le progrès des récoltes a-t-il marché parallèlement avec toutes les classes de la population? (juelques-uues de ces classes n’ont-elles pas subi l’action des obstacles répressifs? Voilà ce qu'il Jaudrait pouvoir établir pour être autorisé à conclure, comme on le fait, que l’accroissement des subsistances a fait face à celui des familles, et qu’il n’y a pas lieu à se préoccuper des conseils de prévoyance.
Si notre observation a quelque justesse pour le dixneuvième siècle, combien, à fortiori, esl-eWe plus victorieuse pour les siècles précédents et pour d’autres / pays, où les obstacles répressifs ont agi avec bien plus de force! Si maintenant on supposait qu’en fait et jusqu’ici les progrès de la culture ont suivi ceux de la population, pour en conclure que cette péréquation peut indétiniment se poursuivre sous l’action des obstacles répressifs et préventifs, nous n’aurions qu’à reproduire les considérations présentées, et desquelles il résulte bien apparemment que le principe de population a une force virtuelle, que la connaissance la plus élémentaire de la nature des choses en agriculture ne peut laisser admettre pour la production agricole.
‘ Je trouve ces dcriiières observations dans un travail inédit qu'a bien voulu me cominuniffuer M. M.ifrne, professeur à l’Ecole vétérinaire rTAlfnrt.
OBSTACI.KS UI'l'OSKS PAR LA NATURL OU l'AR l’iIOMUK. 69
Mais liàlons nous de dire que nous ne voulons, en aucune façon, nier l’heureuse influence du progrès agricole sur le sort des populations’; nous voulons (lire seulement que, si, par suite de ce progrès, qui, dans certaines classes de la société, a concordé avec l'accroissement de la mortalité et de la prévoyance, les obstacles répressifs ont eu moins de prise, cela n'intirme en rien la nécessité de cette prévoyance et les propositions de Maltluis.
Nous admettons, par hypothèse, qu’on peut répondre dé l’exactitude des relevés de la population et delà production agricole faits il y a cent cinquante ou deux cents ans, et que l’on compare avec les faits constatés de nos jours,
' V. plus loin, cliitp. VII, l;i suite d<‘ rexainen îles renièiles au |)riiu'i|R‘ (le populnlioii.
CHâNTRK IV
MOYENS OU riEMÈDES PROPOSÉS POUR COMBATTRE L’ÉNERGIE RU PRINCIPE UE POPULATION OU EN NEUTRALISER LES EFrETS. - ÉNONCÉ DE CES MOYENS.
.Nous venons d’élablir, dans les ehapilies inécédents, la nature du principe de population, son énerf,ne de progression, le stimulant (pi’il fournil au progrès, et aussi les maux qui peuvent en résniler pour la société en général et pour les classes les plus nombreuses et les plus pauvres de la société en particulier. Nous avons également constaté quels soni les obstacles physiques et moraux opposés par la nature et l'homme an développement indéfini de ce |)i incipe pour contenir la population dans les limites des subsistances.
Nous allons maintenant parcourir la .séi ie des moyens ou remèdes proposés pour combattre l’énergie du principe de population ou en neutraliser les
LE riilAUl'K. 1)K l(>f‘LI
eftels, (' esl-à-dire pour prévenir 1 excès de populution ou pour remédier à cet excès.
Nous nous bornerons dans ce cliapitre à un simple énoncé des divers moyens ou remèdes plus ou moins rationnels et efficaces.
Les obstacles capables de s’opposer au développement de la population sont autant de moyens de contre-balancer l’action de ce principe ; mais les obstacles répressifs sont hors de discussion. Toutefois il nous faut couslaler ici la plus grossière des accusations dirigées contre les économistes. 11 y a des gens qui ont dit, il y en a qui répètent que Malthus conseillait, comme remède aux maux pouvant résulter de la disproportion entre la • quantité des subsistances et le nombre des hommes, la prostitution et la débauche ; ou encore, qu’il était conduit à ne pas déplorer, à désirer même l’action des obstacles répressifs que nous venons d’énumérer. Reproduire de pareilles ûneries, c’est y répondre suffisamment dans un écrit s’adressant à des hommes sérieux. Mais il ne faut pas oublier qu’il y a des traces nombreuses de ces absurdités dans l’idée que l’opinion publique s’est faite de Malthus et de la doctrine des économistes sur la population.
Selon Malthus et les économistes en général, le principal moyen efficace de combattre l’énergie du principe de population, ce moyen sans lequel tous les autres ne seront d’aucun effet, c’est la Prévoyance,