MOYENS ET REMÈDES POUR LE CONTIIE-BALANCEH
ayant pour effet de proportionner les naissances aux ressources de la famille, — qui a été dans le passé et est actuellement, dans une certaine limite, un obstacle à l’accroissement indéfini de la population, — et qui peut et doit se développer dans toutes les clas- * ses de la société.
Nous traitons d’abord de ce sujet délicat en répon-
dant aux critiques dont cette doctrine économicomorale a été l’objet. Nous en indiquons les effets au point de vue moral, économique et social ; et nous montrons ensuite que le Travail, l’Économie et les Institutions de prévoyance, telles que Caisses d’épargne, Sociétés de secours mutuels. Caisses de retraite. Assurances, etc., ne peuvent contre balancer, — sans la contrainte morale, — les maux pouvant résulter de l’énergie dfu principe de population.
Dans le même but, nous examinons successivement l’influence de l’Instruction et de l’Éducation, desquelles il est étonnant et désastreux qu’on ait écarté jusqu’à ce jour l’étude des lois de la population et des notions fondamentales sur la société.
Trois autres obstacles ont été invoqués comme remèdes praticables et suffisants, ce sont : la force productive résultant de la Densité progressive de la population ; le développement de l’Aisance, l’Émigration et le progrès des Cultures.
Le. premier de ces moyens est évidemment illusoire ; et il nous suffit de renvoyer le lecteur à ce que
DU l'niNCIPK DE POPULATION ,
nous avons dit ‘ pour prouver que ce prétendu obstacle, remède à l’excès de population, est un cercle vicieux.
Il en est à peu près de même de l’Aisance considérée en elle-même, à l’exclusion de la Prévoyance. Nous avons parlé de ce sujet (p. 42), nous y revenons dans un des chapitres suivants ( ch. vu), où nous énumérons les ressources que la population doit incessamment trouver: — dans l’accroissement de la production, parlesprogrès delà science, l’augmentation du capital, le développement du crédit, l’extension des débouchés; — par la diminution incessante des préjugés, des abus, des monopoles, des entraves de toute espèce; — par le règne de l’ordre et de la paix, qui permettent d’employer à des travaux utiles les énormes sommes quotidiennement dépensées d’une manière improductive. Mais nous montrons en même temps que ce progrès n’est pas de nature à pouvoir ôter aux hommes toute préoccupation sur la nécessité de limiter préventivement la population, afin d’éviter la baisse des salaires, l’action de la misère et la répression brutale de la nature.
Nous parlons naturellement dans ce même chapi^ tre de l’influence du progrès des cultures. Le chapitre suivant (viii) est consacré à l’Émigration considérée comme remède à l’excès de population.
* V. chiip. III, |). 62.