‹ Du principe de populationChapitre 26 sur 120 · LA PRÉVOYAKCE, CONTRAINTE MORALE, ETC · texte numérisé non relu

LA PRÉVOYAKCE, CONTRAINTE MORALE, ETC

conduit à dire franchement, positivement, que la Prévoyance comprend non-seulement les mariages tardifs, non-seulement le célibat pour ceux qui peuvent le pratiquer, mais encore la prudence dans le mariage. Malthus n’a pas exprimé en termes bien explicites cette prudence dans ce qu’il a appelé contrainte morale*; Bastiat ne l’énumère pas non plus parmi ses moyens de limitation préventive; mais il est évident que tous deux, que M. de Villeneuve lui-même et la plupart des écrivains, l’ont sous-entendue. Nous pourrions la sous-entendre aussi; mais nous ne voulons pas éviter de répondre à des objections qui se croient d’autant plus victorieuses, qu’on craint davantage de les discuter, et aussi parce que, à l’abri de cette fausse pudeur, on a propagé de dangereux sophismes.

Par mariages tardifs, il faudrait donc comprendre ceux dans lesquels les contractants attendent le capital ou l’industrie nécessaires pour pourvoir aux besoins d’une famille, plutôt .que ceux dont seraient exclus les hommes jeunes; car l’expérience prouve aussi que l’homme marié de bonne heure mène une vie plus régulière et qui prévient les naissances illégi-

* MM. Prévost, traducteurs de V Essai sur le principe de population, font remarquer, en sen)blant être de son avis, que Malthus a quelquefois compris dans la contrainte (moral restreint) la simple prudence (prudential restreint), qui ne suppose pas l’ol)servation d’une rigoureuse chasteté, « et qui est par conséquent mêlée de vice sans être vicieuse, n Livre I, cliap. xiv.

lll! l’IllMCIPK DE P01-II,\1I0S.

limes. Toutefois ces mariages doivent être ])i*udemment conduits pour éviter la misère. C’est le conseil que donnait M. Charles Dunoyer, alore qu’il était préfet d’Amiens*, aux classes indigentes de son département, en leur signalant l’insuffisance des secours publics pour l’amélioration de leur sort : « Les classes les plus à plaindre de la société, disait-il, ne parviennent à s’affranchir de leur douloureux état qu’à force d’activité, de raison, de prudence, de prudence surtout dans runion conjugale, et en mettant un soin extrême à éviter de rendre leur mariage plus prolifique que leur industrie. »

A propos de celle pnidence dans le mariage, on renouvelle les objections ci-dessus mentionnées (p . 85) au sujet de l’abstinence absolue, à savoir qu’elle est aristocratique, contraire aux prescriptions de l’Évangile comme au but du Créateur, et immorale. Quoique nous ayons peut-être suffisamment répondu à ces objections, nous allons insister de nouveau; mais nous nous empressons de faire remarquer que, si nous disons plus clairement, nous ne disons pas autre chose (juc

' En 1832, CCS paroles si justes furent vivement critiquées par le clergé du diocèse et une partie de la presse parisienne. M. Dunojer répondit plus tard à ces inintelligentes attaques dans un Mémoire à consulter sur quelques-unes des principales questions que la Hévoliition de juillet a fait naître. Paris, Delaunay, 18.3.^.

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