I.A PKÉVOYANCE, CONTBAIKTE MOBALE, ETC
diminution notable de vices et de misères dans le corps social.
Au point de vue économique, la prévoyance des classes les plus nombreuses diminue la concurrence des travailleurs, qui ne doit pas devenir excessive pour produire les bons effets que nous avons reconnus au principe de libre concurrence dans les Éléments de l’économie politique *. De cette diminution résulte le maintien ou la baisse des salaires , c’est-à-dire de l’aisance relative de la partie la plus nombreuse de l’humanité, puisque le taux des salaires se règle sur le rapport de la population aux capitaux*. Or c’est là, pour les classes qui vivent du produit de leur travail, de la vente de leurs services, le seul moyen à leur disposition d’arriver à une rémunération plus élevée de leurs efforts et de leur industrie; car, si la hausse des salaires peut encon; résulter de l’augmentation des capitaux, cette augmentation n’est pas en leur pouvoir; elle ne peut être d’autre part aussi rapide que leur propre nombre, et elle est en partie dévorée par l’excès de population, comme nous allons le montrer tout à l’heure.
Le réglement de la population est aussi le seul moyen efficace, pour les classes ouvrières, de faire
* 5*tklition, 1856, ch.ip. ix, p. 139,trait;int du principe de lilu t concurrence, stimulant de l'industrie, régulateur des produits et des sen ices, générateur de l’oixlre écononiiqiu*.
* V. ibid., eliap. xx. Du salaire ou revenu du Iravail.
nr l'RINCIl'E DE POPLEATION.
ôlcvor Icin-s Salaires. Nous passons en revue dans les chapiircs suivants les divers moyens sur lesquels on a illusoirement compté pour contre-balancer les funestes effets de l’accroissement excessif des travailleurs.
Quelques lecteurs pourraient faire ici les objections qui ont été faites quelquefois à l’élévation des salaires dans leurs rapports avec la moralité et les prétentions des classes ouvrières, la cherté des produits et la diminution des exportations Nous les renvoyons à ce que nous avons dit dans les Eléments d'économie politique à ce sujet
Nous venons de rappeler l’effet de l’excès de population sur le Salaire ou revenu du travail. Un effet inveree se produit sur la Rente du sol, et la hausse des feimages progresse comme la population alimentée par ce sol, à moins que les progrès de la culture ne viennent contre-balancer l’accroissement de la progression. C’est ce qui résulte évidemment de la nature de la rente* et des faits que fournit l’observation de la vente des produits agricoles. Or cette élévation qui se traduit par celle de la valeur des propriétés foncières n’est pas un progrès désirable, puisqu’il est obtenu aux dépens de la masse de la population,
' V. chap. XXIII, p. 396.
* V. Éléments de l'économie politique, chap. xxiv. Du revenu He la terre.