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osl coiisacréc à cet cnlrclieii iic dépasse jamais celle qui est atlacliée à la -pail du tcavad, d’où il résulte que c’est toujours uiii([ueiueut sui‘ ta classe ouvi'ière que letoiiihe le fai'dcau de reutretieii d’uiie population suraltondante.
«Cette conclusion peut seinider singulière, mais elle u’eu est j>as moins coufoi’ine à la nature des choses. Quel est, en effed, le résultat inévitable de l’apparition d’ïin excédant de travailleurs sur le marché? C’est de faire baisser le salaire : m- il ne faut pas oubtici', d’une paî t, que cette baisse s’opère en progression géométrique; d’une autie part, qu’elle a ses limites naturelles dans les frais de production du travail.
« Il suflil donc de la présence d’nn très-faible excédaid de travail sur le marché pour réduire les travailleurs au minimum des substances qui leur est indispensable. .Supposons maintenant que cet excédant de travail continue à peser irune manière régulière et permanente sur le marché, qu’en résulterat-il? C’est que les travailleurs se trouveront dépouillés, d’une manière régulière et [lerinanente aussi, de leur part proportioimelle de produit net, laquelle ira grossir, sous forme de prime ou de rente, celle des déteiiti'iu's des autres agents productifs. Cependant les capitalistes ou les propriétaires foiiciei’S, qui béuélicieroul d(^ celte prime ou de celle renie, sei'oul obligés, eu revanche, de subvenir à l’entrelieu de
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rex(‘(*(lant de travaillciii's, auxciiiels ils en seront i-edc- >ables. Ils seront obligés de s'imposer une taxe des pauvres. Cellc-ei pourra être volontaire ou obligatoire. Mais, quel que soit son caractère, la taxe des pauvres ne pourra jamais, selon toute apparence, dépasser le montant de la prime ou de la rente que la présence d’un excédant de travail sur le marché conférera aux détenteurs des autres agents productifs.
S’il en était autrement, si, dans un pays quelconque, la taxe allouée pour l’entretien d’un travail surabondant venait entamer la part proportionnelle de produit net afférente aux autres agents productifs, ceuxci ne manqueraient point d’émigrer, autant du moins que cela leur serait possible, dans des pays où ils ne fan aient point obligés de su})porter cette réduction de leurs profits. On peut donc affirmer, au moins d’une manière générale, que la somme des frais d’entre- , tien d’un excédant de population ne peut jamais dépasser la part proportionnelle du produit net afférent au travail. C’est ainsi que la classe des travailleurs porte, quoi qu’on fasse pour la soulager, la peine de ’* son impi’évoyance. Kn tout cas, une nation ne peut l ien consacrer au delà de son produit net à l’entretien d’une [lopulation surabondante. Telle est la limite maximum que la natin e oppose à l’accroissement de l'espèce humaine; ce maximum venant à être dépassé, la production diminue, et la population avec elle. »
11 résulte des explications (pii [u écédent que le déve-
L\ l‘l;i;VüYAISCK, CO.NTIIAIM'K MOllAI.i;, iTC.
loppemenl de la prévoyance ronjnfïale chez les classes les plus nombreuses est le principal moyen de mainlcnir àleur avantage létaux des salaires, celui des profits et de la rente du sol, et d’éviter l’absorption du produit net à l’aide duquel elles peuvent s’élever dans l’échelle sociale.
Pour compléter ce relevé des effets économiques de la prévoyance, arrêtons-nous à quel([ucs objeclions tii ées de cet ordre d’idées, et qui complètent celles qui ont été présentées plus haut.
On reproche à ce précepte de modération et de j ctenue que, s’il venait à se généraliser, la populalion resterait stationnaire ou décroîtrait môme, et que la nation ne tarderait pas à perdre de son importance relative à côté d’autres où la population serait progressive.
En réponse, nous pourrions répétci’ d’abord ctîqui a été dit plus haut (p. 02) sur la densité de la |»opnlation, qui n’est une mcsui'e de prospérité que si la prospérité s’est accrue parallèlement aux moyens de travail et de sidisistance; — rappeler, en exemple, la supériorité des deux millions de Suisses aux six millions d’Irlandais, la snpériorilédc trente-six milliotis de Français prospèi'cs à soixante-douze millions (le Français dans la misère; — et conclure qu’une j»o[Mdalion stationnaire, peu progressive ou décroissante même, peut être un signe de moralité d’abord, de diminution de vice et de misère, et d’augmentation
b'J PllIMII'K DE l*OI'LI.ATIOiV.
de pi ospérilé, s’il est oblemi par la diminution des naissances parallèlement avec la diminution de la mortalité et raugmcntation de la vie moyenne.
En second lien, la nature a répondu elle-même à l’objccfion. Le désir de fonder une famille et de goûter les joies (jui en résultent est assez irrésistible pour lutter toujours avec avantage contre la prudence et la pi évoyance; et cette lutte est précisément une des conditions du i)rogrés (v. p. 35), pourvu que les deux forces contraires se balancent dans une certaine mesure.
A tout prendre, la pratique des vertus domestiques, que recommandent les économistes, contrairement à la doctrine insensée des casuites, qui pousse à une |»rocréation incessante, est favorable à l’augmentation d’une population saine et prospère. « C’est méconnaître entièrement mes principes, disait avec raison ftlaltbus, que de m’envisagei" comme un ennemi de la population. Les ennemis que je combats’ sont le vice et la misère ' . »
Arrivé à ce point de notre discussion, il devient inutile de répondre à ce sophisme que la doctrine de la prévoyance tend à enlevei- aux pauvres le seul plaisir que la nature leur ait donné.
Mais on dit plus sérieusement que, si la’ prévoyance pénétrait dans les masses , la population ne dépasse-
' Essai sur le principe de population, liv. V, diap. i.
LA PllÉVOYAJiCE, CONTHAISTK MORALE, ETC. 115
rail plus les subsistances, et, se trouvant heureuse chez elle, n’émigrerait jilus, et la civilisation penli ait un de scs modes providentiels.
Nous dirons plus loin les illusions cl les déboires de l’émigration des classes pauvres. Ajoutons ici que les pays encore inhabités peuvent parfaitement se peupler de proche en proche comme ont fait et comme font les Etats-Unis. En tout cas, il y aura toujours des hommes aventureux qui voudront aller tenter la fortune ailleurs, avec d’autant plus de chances, qu’ils auront plus de capital disponible, et finalement nous ne voyons pas quel intérêt il y a à créer des sociétés nouvelles aux dépens des générations présentes , excitées par l’aiguillon do la misère à une expatriation lointaine : la vapeur, les chemins de fer et les télégraphes électriques sont tout aussi efficaces par les facilités qu’ils offrent aux hommes pour se déplacer, aller fonder des familles et tenter la fortune au loin.
Mettons-nous maintenant au point de vue social et politique. Remarquons d’abord que les effets sociaux et économiques que nous venons d’indiquer ont forci’ment une portée sociale et politique. Il nous suffira ensuite de rappeler que le développement de la prévoyance aura pour elTets la diminution des obstacles répressifs qu’emploie la nature, c'est-à-dire la diminution du vice et de la misère, du paupérisme et delà criminalité, avec ce triste attirail de qiendicité, d’institutions de charité légale, de crimes et d’agita-
l)U IMIKNUPE DE l’OPULATlOS.
lions (le toiile sorte, qui donnenl de leinps à autre la lièvre (il le eauclieiuai' à toutes les sociétés civilisées; el réciproqueiueut que, la prévoyance, déplus en plus générale, contribuaiil à la moralité et à la perfectibilité humaines, à la fois causes et effets du même résultat, l’harmonie des intérêts marchera parallèlement et contribuera au bonheur de notre espèce, idéal qui va se réalisant par la diminution des malheurs.
IV.— A quelle eondition le Travail, l’économie et leo laotitutiono de prévoyance peuvent contre -balancer leo maux pouvant réoulter de Fénergie du principe de population.
Nous venons d’insister longuement sur la nécessité absolue, pour les classes les plus nombreuses, de développer la principale branche de l’arbre de la prévoyance.
Avons-nous besoin de dire que la prévoyance sous toutes les formes, que le développement des institutions de prévoyance est essentiellement désirable et ne peut avoir que des résultats efficaces pour prévenir ou atténuer la misère des populations?
.4vons-nous besoin d’ajouter que l’assiduité au travail, rt5couomie, la bonne conduite, le bon sens, une iiilclligeiite administration de ses ressources, sont les rnoy(ms élémentaires que doit employer tout bomme qui ne veut pas se laisser envahir par l’oisiveté, le d(’;sordre, par la misère physique comme par la misère morale?
LA PRÉVOYAACK, CONTRAIMl, MOIIALK, ETC i là
Sans (‘conomic, sans conduilo, sans bon sens, sans une bonne administration, lopins beau patrimoiiu; ne tardera pas à s’évanouir; j’ajouterai même sans travail , car il faut souvent un très-grand et très intelligent travail pour faire prospérer, pour bien employer ou surtout pour ne pas perdre le bien qu’on a reçu en héritage ou en don, ou celui qu’on a gagné par son industrie. J’ajouterai em;orc que ce travail, fort utile à son auteur, est encore fort utile à la sjociété, puisqu’il a pour résultat la conservation d’un capital qui est une force productive.
Sans travail, l’homme qui n’est pas né de parents fortunés ne produit rien; sans conduite, sans épargne et sans économie, sa peine le fait vivre au jour le jour; mais il ne capitalise pas‘, il n’améliore pas sa condition, et reste exposé aux privations des chômages, de la vieillesse et des mauvais jours.
Il n’y a pas de contestation à cet égard. Nous sommes, en nous exprimant comme nous venons de le faire, les échos d’une moralité, banale au moins en théorie, car l’application, l’expérience le prouve, est assez difficile.
Tout le monde est donc d’accord sur la nécessité, sur l’indispensabilité d’un travail incessant, d’une conduite régulière, d’une économie prévoyante, du
* Voir, sur l’Épargne et le Capital, les Éléments de l'économie polilüiue, à la table des matières (Cai'itai. et Kparonk).
bon sens dans l'adminislralion do scs ressources.
Mais peu d’Iionnncs ont i‘éfléchi qu’à ces qualités le père de famille doit en ajouter une autre non moins indispensable, la prudence par suite de laquelle sa famille ne s’augmente pas au delà de ses ressources ou des moyens qu’il a ou peut avoir d’élever et d'aclicmiuer scs enfants. Sans cette qualité, les bons effets de sou ardeur au travail et de son économie sont neutralisés; sans cette qualité, ou ne peut pas dire strictement que sa conduite soit régulière et morale, on ne peut pas dire qu’il ait du bon sens !
Voilà ce dont il s’agit; voilà la révolution qui doit s’opérer dans les esprits et l’opinion publique avant qu’on puisse arriver, dans les pays peuplés, à une amélioration du sort des classes les plus nombreuses et les plus pauvres.
Parlons maintenant des diverses institutions, caisses ou associations qui, depuis un derni-siécle, ont pris un développement remarquable dans plusieurs pays, qui rendent et peuvent rendre des services signalés aux classes les plus nombreuses; mais sur lesquelles on compterait en vain, sans la prévoyance spéciale sur laquelle nous avons tant insisté.
Parmi ces institutions se trouvent les caisses d’épargne, les sociétés de secours mutuels, les caisses do retraite, les assurances sur la vie, etc.
Les Caisses d’épargne offrent aux petits bénéfices, aux |ietites économies, si faciles à dissiper, un ontre-