‹ Du principe de populationChapitre 63 sur 120 · OTICE IIIST. ET CRITIQUE SUR LE DROIT AU TRAVAIL · texte numérisé non relu

OTICE IIIST. ET CRITIQUE SUR LE DROIT AU TRAVAIL

sufTisamment insidieuses pour faire prendre le change aux auditeurs inexercés. Convaincre n’est pas leur alTaire; ce qu’iHeur faut, c’est agiter; sauf, quand le flot des passions les a poussés eu avant, à se tirfer de la difliculté par quelquesunes des roueries que l’hisloire se charge d'enregistrer, et qui réapparaissent le lendemain des révolutions avec une périodicité semblable à celle des phénomènes ordinaires du ciel.

Il n’y a rien à faire avec les gens de cette espèce, si ce n’est de travailler à empêcher les populations de devenir leurs diqics. Il n’y a rien à faire non plus avec les socialistes de la première espèce ; leur conclusion est le résultat de tout un système d’idées ; il leur a été prescrit de tenter des efforts surhumains pour mener leurs plans à réalisation-, |X)ur les faire pratiquer jusqu’à ce que l’expérience les condamne et qu'ils soient abandonnés de leurs partisaas. A tout prendre, ce sont des natures utiles, et il y a une incommensurable différence entre ceux qui pareourent le champ de la pensée, même pour s’y égarer et égarer les autres, et ceux qui abusent sciemment de l’ignorance des masses. Les uns sont à de certains égards les pionniei'sde la civilisation; les autres en sont les fléaux.

Les variétés des socialistes de la troisième espèce, des socialistes sans principes arrêtés, sans boussole, sont infinies, et les définitions qu’ils ont données du Droit au travail sont également innombrables. Chacun d’eux, niant le droit absolu, est obligé de s’accrocher à un point quelconque de l’échelle de relation, les uns plus haut, les autres plus bas ; mais, leurs propositions ne résistant pas à l’épreuve d’un raisonnement faut soit peu serré, ils sont forcés de se rallier au Droit au, ti-avail proprement dit, ou de nier ce droit, à moins qu’ils ne s’échappent par un véritable saut de mouton, yar une inconséquence. Plusieurs des orateurs de cette catégorie, in-

29 V ’ DU PKI.NCIPE DE POrüUTIOX.

oaiiables de formuler ncUemciiten quoi consiste le droit au travail, en ont été réduits à dire qu'ils demandaient l'insertion de la formule dans la Cunstitntion, sauf à l’expliquer plus tard.

Nous avons entendu dire à M. Ledru-Rollin * ; « Quand je demande le Droit an travail, que veux-jel Que vous l’inscriviez dans une Constitution qui apparemment sera durable. Le peuple ne se soulève pas tous les jours pour faire des «■liartcs. Or, quand vous inscrirez le Droit au travail, vous ne serez pas forcés de l'organiser le lendemain, t*

Nous avons entendu dire à M. Billault * ; « Écrivons dans notre Cotislilution ce principe dont la formule nous obligera

à étudier, à nous ingénier Ce pays-ci, mallienrc-usement,

se passionne trop souvent pour les mots, sans meme trop bien se rendre c(»npte des ciioscs; tenez compte, citoyens, de cette prédisposition. Ce rctloutablc mot du Droit au ti'avail est devenu dans le mouvement de la Révolution une sorte de bannière; le Gouvernement provisoire y a donné comme nne consécration. »

Je pourrais prendre dans ce volume plusieurs autres citations semblables, et je dis que des législateurs (pii ont des convictions si peu arrêtées devraient être mis en charte privée comme les jurés anglais, jusqu’à ce qu’ils se soient prononcés plus catégoriquement. Les fropulations, celles surtout qui n'ont pas été façonnées par l’étude aux subtilités de l’arginnentation et du langage, donnent toujours aux mots un sens précis. On avait dit et répété solennellement aux populations qu’on donnerait du travail à chaque citoyen; on leur avait dit que cette garantie était un droit, et, lorsqu’on a été obligé de reve-

' Voir son discours, p. 115 du Recueil indiqué p. 284.

“ Voir son discours, p. 250 du mcinc Recueil.

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