ENTRATES AU MARIAGE ET A LA POPULATION
En parlant de l’éducation des enfants, Aristote* détermine comme époque la plus favorable au mariage : 18 -ans poulies femmes et 37 ans, ou un peu moins, pour les hommes. Platon* fixe pour les femmes l’àge de 20 à 40 ans, et pour les hommes de 30 5 45.
M. Barthélemy Saint-Hilaire ajoute : « Sous le climat de la Grèce, c’était certainement retarder beaucoup le mariage pour les femmes. En ceci, les deux philosophes grecs ont été plus sages que nous ne le sommes aujourd’hui, où dans un climat comme le nôtre, c’est à-dire beaucoup plus froid , les femmes sont mariées aussi, en général, de 18 à 20 ans. Ocellus Lucanus, ou l'auteur qui a pris son nom, expose les mêmes principes qu’ Aristote sur le mariage, dans le petit traité intitulé : De la nature de l’univers. »
Plus loin (§11) Aristote prescrit l’époque où la génération devra cesser (quatre ou cinq ans après la cinquantaine) et les époques les plus favorables pour la mener- à bonne fin.
Dans ce même chapitre (§ 10) Aristote permet l’abandon et l’avortement: «... Il conviendrait de défendre par une loi de prendre jamais soin de ceux qui naîtront difformes; et, quant au nombre des enfants, si les mœurs répugnent à l’abandon complet, et qu’au delà du terme formellement imposé à la population quelques mariages deviennent féconds, il faudra provoquer l’avortement avant que l’embryon ait reçu le sentiment et la vie. Le crime ou l'innocence de ce fait ne dépend absolument que de cette circonstance de sensibilité ou de vie.
Les anciennes lois de Rome cherchèrent, eli général, à dé-
* Politique, liv. IV, ch. xiv, § 6.
* Republique, p. 276, trad. de M. Cousin.
terminer les citoyens au mariage; plus tard, les censeurs engagèrent par le Code et par les peines, selon les besoins (V. p. 3H). Mais à diverses époques les mœurs contribuèrent beaucoup à dégoûter les citoyens des unions légitimes. C’est contre cette tendance qu’Auguste voulut réagir par les lois Julia et Papia Poppea. Il disait dans une harangue aux chevaliers : « Pentlant que les maladies et les guerres vous enlèvent tant de citoyens, que deviendra la ville si on ne contracte plus de mariages...? Ce n’est pas pour vivre seuls que vous restez dans le célibat, chacun de vous a des compagnes de sa table et de son lit, et vous ne cherchez que la paix dans vos déréglements * . »
Le christianisme vint réagir, comme nous venons de le dire, contre les encouragements au mariage, en partant d’un principe moral et religieux, mais en ddiors de toute préoccu- ]iation économique.
Depuis, l’Église catholique a toujours recommandé l'abstinence*; et la pratique de cette mortification, jointe à d’autres causes, a produit le célibat des prêtres, et d'innombrables institutions conventuelles destinées aux deux sexes.
Le célibat ébiit recommandé par saint Paul, qui disait aux chrétiens « qu’il est avantageux pour l’homme de ne point
* Montesquieu, Esprit des lois, liv. XXill, c. xxi.
* Le célibat est aussi en honneur dans le bouddliisnie. On rencontre dans le Tibet et à Ceylan de nombreuses lamaseries habitées par des religieux vivant dans le célibat comme moyen d’arriver à un degré de nullification conduisant à l'absorption dans le Grand Tout.