‹ Du principe des nationalités (volume 2)Chapitre 14 sur 51 · GROUPE SCANDINAVE · texte numérisé non relu

GROUPE SCANDINAVE

Dans toutes les circonstances graves de la politique internationale, la famille Scandinave, représentée par les trois royaumes de Danemarck, de Suède et de Norwége, ^t par la grande île d'Islande, s'est distinguée de la racé germanique, dont elle est limitrophe, par ses instincts, ses mœurs, ses sympathies et ses alliances.

' Ces différences se sont fait remarquer, ri y a peu

d'années, dans une question qui passionnait alors vivement les esprits en Allemagne comme en Danemarck, et qui est près de se réveiller. Nous voulons parler de la question des duchés de Scbleswig-Holstein, dont la population est, presque toute entière, de race saxonne dans le Holstein. Sous cette question, si mince en apparence, se cache un grave problème de nationalité, auquel Allemands et Danois attachent une égale importance, et qui excite l'intérêt des grandes puissances occidentales.

Les Danois reconnaissent, avec sincérité, que les habitants du Holstein, c'est-à-dire de la région située au sud-est de TEider, doivent, conformément au principe des nationalités, faire retqur à la famille germanique. Quant au Sehleswig, qui n'est qu'imprégné de germanisme sur la rive nord-ouest de l'Eider, et qui est, dans le fond, de race Scandinave, il i^çsterait attaché à la Scandinavie. Cette solution, recommandée par plusieurs publicistes, nous paraît la plus logique et la plus équitable envers les deux nations qui se disputent la possession définitive des duchés.

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LES ANGLO-SAXONS. — LES GAELS d'ÉCOSSE, DU PATS T)B GALLES ET d'iRLANDE.

La grande lie, que la Manche sépare de la France, et dont la plus grande partie reçoit des historiens et des géographes de l'antiquité le nom de Bretagne, est^ sauf deux fractions assez étendues dont iious parlerons plus bas, habitée par des populations de races diverses, où le type celtique se mêle au type anglo-saxon ^ Les chants de$ vieux Bardes et les légendes populaires conservent, dans les couches inférieures, le souvmr d'un peuple primitif de la Bretagne, qui aurait une origine commune avec les Celtes de la Gaule. Les affinités de ce dernier type avec celui des anglo-saxons, hommes du nord de la Germanie, sont nombreuses et frappantes, let modifiées seulement, à la surface, par le sang normand qui y fit invasion au IX' siècle. Mais, on constate aussi que le restant de rîle, c'est-à-dire : 4 Me pays de Galles, qui s'étend à l'ouest entre le canal de Bristol et la baie de Morcambe, et placé en face de la gallique Irlande, dont il n'est séparé que par le canal de Saint-Georges ; 2"* le territoire situé au nord de la Twed, et qui^ portait ch^ les an-

DBS NATIONALITÉS. &7

ciens le nom de Galédonie, est occupé par des Gaëls, des Pietés et des Scots, que Ton peut croire avoir été refoulés, dans ces régions montagneuses, par les invasions successives venues du nord-est.

Il résulte de cette juxta-position sur une terre insulaire, et, plus encore, de cet amalgame de races aujourd'hui difficiles à distinguer, un état complexe, un peuple, si je puis dire, composite, qui, à lui seul, constitue, à proprement parler, sous l'influence dominante des circonstances géographiques, une individualité, une nationalité à part; et il n'y a point de raison de penser à prim que les éléments divers qui le composent, soient portés à se désunir.

Mais, il n'en est pas ainsi de l'Irlande, l'antique Hybernie. Aux différences essentielles de religion, d'instincts, de génie enfm, qui distinguent le peuple Irlan^ dais des Anglo-Saxons, se joignent des griefs qui ont creusé entre ce dernier et son dominateur un abîme plus profond que le canal de Saint-Georges. Ces causes de scission éclateront un jour, et, dans cette explosion de haines séculaires, qui n'attend peut-être qu'une occa*sion, le Royaum^Uni sera dissous.

A peine est-il besoin d'ajouter que les îles gauloises de Jersey, Guemesey et Aurigny doivent, en vertu de notre principe, se relier à la nationalité française.

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