DO PRINCIPE
dra la prééminence. Longtemps, les familles franques ont tenu asservi le pays d'entre la Loire et la Meuse ; mais, modifiées par le mélange avec les peuples conquis, elles ont fini par perdre leurs traits distinctifs, et la race franque a été absorbée par la race gauloise, m sorte que celle-ci domine aujourd'hui, presque sans partage, sur notre territoire.
Ce travail d'absorption, plus difficile et plus lent au^ confins de la Germanie, s'opérera sous la double influence de la race primitive et des frontières naturelles. Le moment ne parait pas encore arrivé : il tardera même peut-être à venir. Mais, les nations sont patientes, elles savent attendre, parce qu'elles savent que Tafenir leur appartient et que le temps combat pour leur cause- On a souvent parlé, à propos de l'Alsace et de la Lorraine, de la puissance d'assimilation que uotre pays exerce sur les peuples conquis par ses armes ; et beaucoup admirent la promptitude avec laquelle ces deux provinces sont devenues françaises. Mais, il ne fautpas, suivant nous, en rapporter tout l'honneur à notre génie sympathique. Nos instincts de sociabilité trouvaient ici une terre admirablement préparée à en subir l'action ; et, si l'Alsace et la Lcnraine se sont si vite fondues dans la nationalité française, c'est qu'elles étaient gauloises de race, et ne faisaient que revenir à leur patrie d'origine.
Mais, dira-t-on, la Suisse, quoiqu'elle fût comprise
& 'DES NATt02«ALITÉS. iSS
dans le territmre primitif, de la Gaule, est loin de désirer sa réunion à la France ; elle a vu de mauvais œil Tannexion de la Savoie, et s'oppose opiniâtrement à celle du Faucigny et tlu Gh{iblais.
L'opposition et les réclamations du gouvernaient de la Confédération sont notoires, et nous n'avons pas à nous expliquer sur leur valeur, au point de vue stratégique et diplomatique. Mais, nous répéterons ici ce que nous avons dit au sujet de la rive gauche du Rhin ; les dispositions actuelles de la Suisse à l'égard de la France n'ont pas de raison d'être sérieuse et permanente; elles nous paraissent devoir être attribuées, du moins en très-grande partie, à des causes secondaires et transitoires. Nous pensons qu'un jour viendra, où Genève se retrouvera uni auChablais et au Faucigny, dont elle se sépare avec un si vif regret : c'est le jour où Genève et les autres cantons de la Gaule helvétique reprendront eux-mêmes leur place au sein de la grande famille gauloise. ^^
Les esprits sont, asaorément, bien loin d*être préparés à un tel événement; mais, chaque mouvement fera désormais avancer la Suisse dans cette voie ouverte par la logique des principes. <* Le parti catholique de Ge- » nève, écrivait-on de cette ville en avril 1 860, est an- » nexioniste et français, et, par cela même, suspect aux » protestants radicaux ou modérés. On accuse plu- » sieurs de ses membres d'être allés à Paris, demander
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» la réunion de Genève à la France^ et lea patriote» » genevois demandent, à grands cris, qu'on livre à la » justice ces traîtres à la patrie. i>
C'est li un symptôme évident <f affinités profondes, qui se manifesteront de plus en plus dans les ps»roles et dans les faits, jusqu'au jour où elle ramèneront cette partie de nous^même à notre foyer.
En résumé^ d'après le témoignage des historiens et des géographes, la Gaule a ses frontières continentales aux Pyrénées, sur les sommets des Alpes , et sur les bords du Rhin.
Déjà Nice et la Savoie, ces deux membres de l'ancienne famille gauloise, nous ont tendu les bras, pardessus les barrières posées par des siècles de féodalité et les actes diplomatiques. Leur retour à la France, lui rend, au sud-est, ses frontières primitives.
La Suisse et la rive gauche du Rhin sont gauloises, dans le fond, et, malgré la couche de germanisme qui les recouvre et va toujours en s'aÉaiblissant, malgré des oppositions superficielles ou des chrconstances accidentelles, elles reviendront à nous, et reconstitueront ainsi, entière, complète, cette belle unité française, 6i glorieuse dans l'histoire^ si puissante dans le préi^nt, et qui semble destinée à un avenir plus grand encore que son passé.
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L*c^ini de eo&^rfïéle. — no] peuple n^en a souflert ^os erueUeBait que le iMlie. Eq 1796, kvsque la Fmee eimLie fit ^tpel au patriotisme de ses cn&nls, on TÎt des soldats imi^miâés, mal Dourns, anl t^ tus, i peine armés, rejeter, en mie campagne, ramoni loin de oœ firootiêres. Et, lorsque, peu d années après, rhomme extraOTdinaire, a qui elle avait amfié ses desdinéesy poussé par le génie de la guerre» soumit à son sceptre des races diroses, sa main poissante put bien maintrair, pour un temps, cette agglomération artitidélie. Mais, la force naturelle de désagr^tion d cléments hétérogènes l'emporta bientôt, et le vaste empila
fut dissous. Seulement, leç représailles commencèrent ; et nos adversaires, commettant, à leur tour» la faute qu'ils nous reprochaient, accomplirent, sur notre territoire, une usurpation contre laquelle Tesprit nouveau réagit violemment.
Grande et Révère leçon pour tous les peuples, et qui doit nous éclairer les uns et les autres sur nos droits 'et nos devoirs respectifs,
La France aime et honore la nation allemande, nation vaillante au travail comme au combat ; elle rend hommage aux nobles qualités qui la distinguent; elle admire, sans réserve et sans jalousie, ses progrès dans le domaine des sciences et des arts ; et, quand elle fait un appel cordial à ses voisins d'outre Rhin, elle a lieu d'espérer que les préventions et les défiances injustes, dont l'écho arrive parfois jusqu'à elle, feront place aux sentiments de confiance et de sympathie qui lui sont dûs-