DO PRINCIPE
eux, Tious pouvons prévoir la chute, plus ou moins prochaine, de ces derniers, et les divers faits qui en seront la conséquence naturelle au point de vue d'une nouvelle délimitation des territoires.
Nous sommes assurément loin de prétendre déterminer la géographie future de notre continent. Nous essayerons tout au plus de tracer les lignes des grandes divisions qui semhlent devoir surgir du travail d'aggrégation dont il vient d'être parlé, de manière à les faire correspondre approximativement aux notions générales que nous possédons touchant les principales familles humaines établies sur la surface de TEurope.
DBS SLAVES £T DES MADGYARES.
Ces races occupent un vaste territoire, qui comprend un grand nombre de provinces actuellement soumises à quatre puissances européennes :
Au nord, la Lithuanie, et la partie de l'ancien royaume de Pologne composée du duché de Varsovie, qui, ainsi que la Lithuanie, dépend de l'empire russe ; le duché de Posmi, qui appartient à la Prusse; Gracovie et la Gallicie, qui sont aux mains de l'Autriche ;
Au nord-ouest, la Moravie et la Bohême, provinces de l'empire autrichien» où se retrouvent visiblement, dans le type physique, dans les instincts et dans les mœurs, des signes distinctifs des races slaves, combinées seulement, en Boh&ne, avec des ai&nitës gauloises * ;
Au sud, les provinces autnchi^uieSy où l'élément
slave s*est conservé plus pur, savoir : la Croatie, la Slavonie, le fianat, la Bukowine;
Encore plus au sud, la Dalmatie, rUlyrie et Flstrie» ces deux dernières mélangées d'italiens ; toutes trois dépendantes de rAutriche ;
Au sud-est, les deux principautés moldo-valaques, qui bordent le Danube inférieur, où la race slave a modifié le sang des colonies romaines, et qu'un lien de vasselage attache encore à la Turquie ;
Enfin, la Bulgarie, la Servie, la Bosnie et le Monténégro, provinces également soumises à la suzeraineté de Tempire ottoman.
Au centre, c'est-à-dire entre les Slaves purs du sud et les Slaves que nous appellerons sarmatiques du nord, se placent les Madgyares, conquérants d'origine hunnique, qui s'implantèrent sur une agglomération de peuples Daces, et se trouvent, vis-à-vis d'eux,
* On sait que les Boit, dont le pays a emprunté le nom, étaient one colonie gauloise, ([ni avait passé en Germanie avant la conquête romaine (Tacit. De mnrUms Germanùe^ c. 28.)
dans la situation des Normands à l'égard des Saxons m Angleterre, des Francs venus de Germanie à. l'égard des Gaulois au Tf* siède.
Des dissentiments profonds ont existé longtemps entre les Madgyares et les races slaves da nord et du sad, parmi lesquelles ils s étaient implantés, et la mauvaise issue de. l'insurrection de 4849 peut être attribuée, en partie, à cet antagonisme des Hongrois et des Croates, qui se tournèr^t du coté de l'Autriche, et Tappuyèrent de leurs armes.
Cette situation est profondément modifiée; cet antagonisme, exploité, depuis des siècles, par lecabinetde Vienne, suivant des traditions qui lui sont ianiilières, a presque entièremait disparu, et nous avons des symptômes très-curieux, très-significatifs d'une réconciliation et d'une fusion de races, qui aimoncent un effort commun pour conquérir Tindépendance * .
C'est à raison de ce mouvement, autant qu à cause de la situation des Hongrois au milieu des populations slaves, que nous les avons réunis dans le même groupe et comme devant former une confédération, dans laquelle se dessinent des individualités, dont les principales seraient : les Polonais, les Mqraves et Bohèmes, led Hongrois, les Danubiens, les Serbes et les Bulgares.
Le périmètre qu'occuperait cette confédération, est borné au nord par la Prusse orientale, la Gouriande et
^ Voir note E.
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le gouvernement de Vifebsk; à l'est par les gouvernements de Minsk^ Tchernikow et Pultawa ; au stadest par le gouvernement de -Nioolaïew et )a mer Noire ; au sud par la chaîne des monts Balkans» qui sépare les Slaves de la race hellénique; au sud-oùest par la mer Adriatique et la Vénétic ; à l'ouest par la Germanie, dans le domaine de laquelle rentrent Vienne et l^archiduché d'Autriche.
On objecte que, si la Russie parvenait à fidre triompher ridée du panslavisme, instrument de ses vues ambitieuseSy et si les États slaves se réunissaient à elle^ ou se constituaient sous son patronage, elle recueillerait, comme résultat de la révolution qu'elle prépare depuis tant d'années, la souveraineté ou du moins la suzeraineté de cette vaste confédération. Dès ce jour, l'Occident serait menacé de voir se réahser le testament, j'allais dire le rêve, du czar Pierre ï*. N'est-ce donc pas une nécessité et un devoir, pour l'Occident, de prévenir, de combattre une telle éventualité ?
Cette objection serait grave si la Russie elle-même était, toute entière ou pour la plus grande partie,peuplée de Slaves. Mais il n'en est pas ainsi. La Russie ne renferme des populations mélangées de Slaves quedans une portion relativement peu considérable de son empire. Le centre, c'est-à-dire les gouvernements de Moscou» Smolensk, Wladimir, Toula, etc., couverts primitivement de races gétiques, ont reçu d'abondantes infusions
de sang tartare, qui les ont défigurés et transformés. Les parties ouest et nord-ouest, la Couriande» i'Ësthonie, la Finlande et même les régions qui s'étendmit de la Baltique à la mer Blanche, ont du sang finnois; et, quant à celles du nord, de Test et du sud^est^ elles ont été recouvertes par le flot des tribus tartares descendues des hauts plateaux de la longue chaîne des Ûurals, ou des bords du fleuve Oural. Sur toutes ces vastes surfilées, on trouve, plus accentué, à mesure qu'on se approche du nord et de Test, ce type physique, au nez court et écrasé, au front proéminent et large à l'excès, aux yeux allongés et légèrement relevés à la partie extérieure, type si profondément différent de celui des Slaves, au visage allongé, au front haut, au nez aquihn, à l'œil droit et ouvert.
Nous n'avons qu'à grand peine et à de rares intervalles, des renseignements certains sur la situation politique et la disposition des esprits parmi ces dernières races. Mais, les révélations qui nous parviennent des gouvernements de Volhynie. de Podolie et de Kiovs , nous font voir les efforts opiniâtres, et le plus souvent impuissants, de la Russie, pour anéantir, dans les tribunaux et dans les écoles, l'usage de la langue polonaise, pour entraver, en attendant qu'elle le supprime, lé culte catholique, et cela en violation de traités formels, d'actes solennellement conclus. Nous savons la résistance énergique que les provinces, représentées par les assemblées
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delà noblesse, opposent à ces tentatives de dénationalisation : incident curieux de rantagoaisme de deux nations, entre lesquelles la tusioa ne paraît pas réalisable, et où, dans tous les cas, elle a ji]UBqu*ici complètement
échoué.
Or, si la race slave travaille à son propre affrancbissemént, ce n'est point dans la vue de se rattacher â un . peuple étranger et qui lui est profondément antipatbique. Elle est trop nombreuse, trop active, contîènt trop d'esprits éclairés, et occupe une surface trop large, pour que cette uisurpation, si elle était tentée, pût réussir, et surtout se maintenir. La Slavie échapperait à la Russie, comme un fruit trop lourd qui se détacbe de la tige sur laquelle des procédés artificiels Tauraient fait germer et grossir. La nation russe a d'ailleurs, dans une autre dilecticm, une iMd>le et grande mission à ranplir.
LES RACES TARTAHË ËT FliNNOlSB, LA KUSS^.
Séparé de rélcnient slave, dont il tient aujourd'hui une traction attachée à ses flancs, et sur lequel il a fondé de si trompeuses espérances, le grand État du nord, comprendrait presque exclusivement des popula-
tions finnoises et tartaresy ou fortement mélangées de
ces deux races. Il continuerait d'englober, en Europe, les vastes territoires qui s'étendent au nord et à Test de. la Slavie, jusqu'à la nier Blanche, les monts Ourals, et plus au sud, les peuples caucasiques de la Circassie, de la Géorgie et du Daghestan.
L'activité de ces.races et leur aptitude colonisatrice trouvent un champ presque sans limite sur les rives du grand lleuve Amoûr, où des établissements, déjà importants et prospères, les mettent en contact avec les races jaunes de la Mongolie, et les constituent, pour ainsi dire, les moniteurs de ces populations condamnées jusqu'ici à rimmobilité but grandiose qui suffit largement à occuper Tactivité et ù satistaire l'ambition du peuple russe. Nous nous référons, sur ce sujet, aux développemeutii contenus dans la note F de notre Appendice.