‹ Du principe des nationalitesChapitre 9 sur 24 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

MiM difm de» igaawnmuitt eiiiifjlf»di«» !■ Jtotti de le Muireniiielé po- {Mdiire et du droit des patioittlitte'OMilie i*«iieien dogiae.de la légHtinité et dii dn^t de eonqnéte. — Le FraMèH oÉÉfeqiiQii do prinâpe nonvean.

.•^L'Autriche est son antagoniste. — La Prusse et la Russie sympathiques* par principe à la politique intérieure de l'Autriche, hostiles par intérêt à sa politique extérieure. — Quant à l'Angleterre, il faut renverser la précédente proposition; la diplomatie anglaise dans les questions d'annexion du comlft de Nice et de la Savoie ; la puissanoe britanoiqae dMi^iis^ Politique dn cabinet piémontais.

Dans cette lutte du droit des nations contre l'ancien esprit de conquête et de domination par la force > les États de TEurope remplissent des rôles très-différents, commandés par leurs intérêts et leurs traditions respectives.

La FVance» nous Tavons dit, représente dans le monde le principe nouveau de la souveraineté populaire : Thistoire des soixante-dix dernières années et la base de ses institutions actuelles le prouvent suralKmdamment« Elle

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représente aussi le principe des nationalités : sa conduite politique, depuis 1 827 jusqu'à nos jours, sous les divers gouvernements qui s'y sont succédés, a été, à cet égard, invariablmnent la même. Sans parler des expéditions de Lafayette et de Rochambeau, et des secours que les colonies anglaises de rAmériqne reçurent de la monarchie française, pendant la guerre de Tindépendanee» nous rappeierons les protestations de la France en faveur de la Pologne, l'appui donné à la Belgique, en 1830, et l'expédition d'Anvers, Taide prêtée anx MoMo-Valaques en 4 856, la guerre d'Italie de 1 859, et la formation, sous son égide, d'un État de ia liaute Italie. Partout où un peuple a combattu pour son affranchissement, notre pays s'est trouve présent par son influence, quand il ne Tétait pas par ses armes; il y a largement dépensé son sang et ses finances, et l'histoire dira qu'il n'est pas de nation parmi les modernes, qui ne lui doive, en tout ou en partie, son affranchissement * . Victime d'ailleurs d'un morcellement qui date à peine de quarante-cinq ans, elle est conviée i ce beàn rôle, non -seulement par ses sympathies naturelles, mais encore par un intérêt pressant. Bnfin, pure de tout mélange, formant aujourd'hui l'unité la plus compacte de race* de mœurs, de législation et de gouvernement,

* « C'est l'épée de la France, suivant une ex|iression énergique, qui a ouvert » TaveDir au droit des aationalitéis. » {Adresse du conseU municipal d'Aftr

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DBS NATIOIIALITÉS. S§

qui eaôBie m le globe, elle conetitae, pour «iiisi dire,

un type d'unité, offert à I imitation des autres peuples. Ceat pourquoi, elle n'a rien i crtindre et a iout arguer au triomphe de Tidée, dont irile eai ii h fois fapftlre et le champion armé.

fin &ce d'elle, TAutridie personnifie à ki fois l'esprit de la légitimité et du pouvoir absolu, soit qu'il procède de la conquête, de l'hérédité ou des actes diplom»» tiques. Aussi, tout en s'avouant vaincue» tout en renonçait à continuer ou à raviver la lutte, protestet^le encore contre les iaits accomplis en Italie; et le dogme de la légitimité, au nom duquel elle proteste, est tellement dans Tessenoe de son gouvem«n«it, qu'elle déclare se résigner à périr plutôt que de le déserter.

il faut voir» d'ailleurs, qu'en acceptant les idées qw, dans leur marche ascendante, lui ont porté de si rudes coups, et oui tant abaissé son pouvoir et son iniluence, die prononcerait dle*niéme, non pas seulement sa déchéance, mais sa ûn. N'est-il pas évident, en etïet, que l'Autriche, composée de trois races différentes, cessera d'exister comme État, le jour où chacun de ces trois éléments ira rejoindre le corps dont la conquête pu les traités l'avaient violemment séparé?

Ëiia est donc gravement menacée, et, sous ce rap-* port, elle aurait presque le droit de se défendre i outrance contre un danger imminent, si l'on était Jamais admis à prétendre que le maintien d'une dominatioii

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snrdes races moroelées, constituotm droit; comme si

la véritable légitimité, le droit le plus sacré, n'était pas du côté de la race, qm, obéissant aux instincts immortels que Dieu a mis en elle, hitte pour échapper à l'oppression et recouvrer la libre possession d'elle-même I

L'Autriche est donc, par principe et même par nécessité, hostile aux deux idées de la souveraineté populaire et de rindépendance des nations. Elle est conséquemment l'antagoniste naturel de la France.

Entre ces deux personnifications de principes diamétralement opposés, les trois autres grandes puissances ne représentent pas, à beaucoup près, une situation aussi tranchée.

Si, d'une part, la Russie et la Prusse, par leurs traditions, par le caractère absolu de leurs gouvernements, par leurs affinités politiques, et surtout par les liens établis en 1815, penchent vm le dogme ancien de la l^îtimtté, elles semblent s'en écarter par l'esprit de progrès civilisateur, que signale, en Ruteie, Taffranchissement des serfs, et, en Prusse, le mouvement constitutionnel.

Encore moins peuvent-elles fidre cause commune avec l'Autriche sur la question des nationalités. Leurs dissentiments sur ce dernier point s'explique par les motifs suivants :

Ën premier lieu, elles ont, jusqu'ici, encouragé la prédication du droit des races i Tautonomie; d'autre

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DES NATIOiN ALITES. (il

part» loin de sooffirir du triomphe de ce droit, la poK-

ii(iue de la Russie y est gravement intéressée, du moins dans la pensée et d'après 'les vues de ses hommes d'État, puisqu'elle poursuit l'annexion d'éléments slaves, que retiennent et TAutnche et la Turquie.

Quant à la Prusse, si, dans la nouvelle distribution des États, elle doit perdre des provinces étrangères à la race gmnanique, elle recevra non-seulement une compensation, mais un accroissement considérable de territoire et de puissance, en groupant autour d'elle les membres actuellement divisés de cette grande famille.

L* Autriche, État prépondérant dans la Diète fédérale, a combattu activement, et non sans succès quelquefois, l'influence de la. Prusse. Cette dernière» prétendant de son coté représenter mieux que sa rivale les idées et les intérêts allemands, s'est mise à la tête de la propagande réformatrice, qui a pour objet de substituer à la constitution fédérale une organisation unitaire, avec un corps électif pour délibérer, une tête pour résoudre, et un bras pour agir, en un mot de former un empire dont Berlin «era la capitale.

Ce but, que la Prusse a poursuivi longtemps en secret, qu'elle poursuivait ouvertement il y a peu de mois, et qu'elle paraît momentanément abandonner sous Tinfluence de rentrevue de Tœplitz, ce but, elle ne peut, alors qu'elle le voudrait, y renoncer définitivement ; car il n*est donné ni à la diplomatie, ni aux princes

(fuBseiitîls même dooë» é'im espntsupârieor), de chaim

gei^ ainsi les conditions d existence et de développement de leurs Etots Dès^lors, le gouvemeiiieni piiis* sien doit, inévitablement, et sauf des incidents passagerSy revenir à sa-polMqtte traditionnelle, et poursuivre la réaAsation de l'idée qui est sa grandeur dans Favenir. Or» l'obstacle qu'il rencontre et rencontrera toujours dans ce travail politique, c*est rAutriche, appuyée sur les souverains des Ëtats secondaires de la confédération, qui ont i perdre, â cette révolutionv une eouronney un petit appareil de gouvernement et de cour, une petite F^réeentation armée, et un budget*

Quant à la Russie, estnl besoin de rappeler l'ingratitude dont l'Autriche paya, en 18ôo, ses bienfaits de 1849, ingratitude qui n*ent pas seulement pour té* sultat à'étmner le mondes comme Tavait prévu un politique autrichien (le prince* de 8chwartzemberg), mais que Dieu fait tourner, contre toutes prévisions, au profit de l'indépendance des peuples, en brisant pour longtemps, et peut^-être pour Imijours, malgré les efforts de la diplomatie, l'alliance des trois cours du Nord, cette menace suspendue sur la liberté^ peuples de l'Europe occidentale;

' Cette pensée, dont lâ justesse semble irïcontestable, est de nature à rassurer beaucoup les esprits sur l'importance réelle, pratique, des résolutions des souverains, (]ue Varsovie, la capitale de la malheureuse Pologne, doit réunir proaKiieemeot dan» ses mort. •

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Ainsi, sans hostilité et même sympathiques à l'égard de rAutriche dans le domaiue de la |Militique intérieure» la Pmsse et k Russie, dans la question des nationali*ié&j sont ses adversaires naturels, et, par ce motif, nous les voyons assiste, si non indifiérentes, dn moins passives, aux événements d'Italie, de Savoie et de Nice.

Pour définir kjp^ de TAngisterfe, il faut renverser notre précédente proposition. Par la nature de son gouvernement et les traditions qui forment presque le code invariable de la ^lomntie britannique , notre grande voisine d'outre Manche est tenue d'appuyer et appuie en- efifet le principe de la sonverainelé populaire dans ses luttes contre la légitimité et le pouvoir absolu : cda est vrai surtout lorsque le timon des a^ faires est dans les mains du parti whig et d'hommes tels que lords PaUnerston et Jdm Russeli, que leur passé engage irrévocaUemenl à la défense du principe libéral.

Aussi, avec quelle hauteur de vues, quelle netteté et quelle vigueur de langage lord lohn nVtp-il pas revendiqué, pour les Italiens de Toscane et de l'Emilie, le dnât de dédulen souverainement dii leurs propres destinées ? En cela, notre puissante alliée, à laquelle Thistoire reprochera une froideur qui touchait à l'hostilité pendant notre campagne de 4^9, a du moins prêté â cette noble cause, pendant les négociations, un concours utile et quifoit honneur i s<mministredu foreing-ofifioe. Ce personnage, avec une grande justesse et une grande

Aévation d'esprit, a placé le droit des peuples au-dessus du dogme vieilli de la légilimité, la loi supérieure de la liberté humaine au-dessus des conventioDs diplomatiques.

Mais, dès que, le principe des nationalités se généra-

lisant dans son application, la question a été posée du retour à la Francededeux provinces d'mgine française, cet homme d*État, la veille si dédaigneux pour les traités, si empressé à les subordonner à la volonté des nations, a refusé aux Savoisiens et aux Niçois le droit de solliciter, eux aussi, lannexiou à leur patrie d'origine.

M. Thouvenel, dans des dépêches écrites avec un tact parfait, avait fort habilement évité d'invoquer le principe des nationalités et l'affinité desraces; il s'était constamment efforcé de rétrérir le champ delà discussion, en se bornant à réclamer, dans le cas spécial, au nom d*un intérêt de défense et de sécurité né de Taggrandissement du Piémont, les versants occidentaux des Alpes. Mais lord Xohn Russell a cherché dans les termes de ces dépêches, pour le combattre, ce qu'il envisage comme une tendance, et peut-être comme l'idée secrète du gouvernement flrançais. Voici un passage remarquable de l'une de ses missives à lord Gowiey : « M. Thouv^d ftit ressortir la similitude decaractère, » de langage et d'habitudes, la configuration géogra- » phique et les relations commmiales, comme ayant » préparé et disposé ces contrées à l'annexion à la

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» France, et il dit que les Alpes devraient être la ligne

9 de séparation entre la France et ritalic, et qu'ainsi » la nouvelle frontière qu'on propose d'établir entre la » Franee et le Piémont trouve sa sanction dans h m*- » tura des choses. Cette déclaration ouvre, en ettét, un » vaste champ aux conjectures pour Tavenir ; et, qudx> quelle soit immédiatement suivie de l'assurance, » quelque peu contradiotoire, que ce n'est pas en tfertu » é^idées de nationalités, ni du principe des frontières » naturelles que la cession de la Soumet de Nicei^t y> demandée^ ces arguments ne peut>ent nuinquer de » provoquer les plus sérieuses réflexions *. »

Il n'est pas besoin d'un grand effort d'esprit pour apercevoir le mobile qui porte le cabinet de Londres à soutenir avec. tant d'insistance, dans cette question, c'est-à-dire contre la France, l inviolabililo de ces mêmes traités de 1845, dont il avait fait si bon marché dans la question d'Italie, c'est-à-dire conlra l'Autriche^ au profit du Piémont, de ces traités si souvent violés avec l'adhésion de l'Angleterre elle*mèaie» et par ceux-là qui les invo(]uent aujourd'hui pour le besoin d'une cause qui se perd.

11 ne faut pas non plus de longues réflexions pour

s'expliquer la résistance du ministre anglais à ces idées généi^es de nationalité, auxquelles il fait allusion dans

sa dépêche. L'Angleterre, indépendamment des iles

« Mpâehe de lord John Rmaell, en daio dQ22 mai 1860.

d6 DO FRimm

Ioniennes^ qu'elle détient par iaforeesenlêy au nom d*an

protectorat qu'elle a stipulé dans les traites de 1815, comprend dans son domaine l'Irlande» nation celtique et calholique, sans affinité avec les populations anglosaxonnes et protestantes qui habitent TUe de Bretagne proprement dite..

Le peuple irlandais, dont les souffrances sont de notoriété dans tout Tunivere civilisé, qui n'a connu ses maîtres que par de cruelles rigueurs, et par une exploitation et^un accaparement égoïstei^ de son territoire, qui n!a rien de commun avec eux, ni les instincts naturels, ni les traditions historiques, ni la foi religieuse, n'est attaché à r Angleterre que par un lien purment artifidel. La haine contre l'Anglais se perpétue^ chez lui, avec la misère et toutes les douleurs qu'elle entraîiie : eila politique britannique n'a trouvé d'autre palliatif aux dangers résultant d'un tel état de détresse et de répulsions si vivaces, que Témigration organisée sur une vaste échelle et les facilités offertes aux habitants de la verte Érin, pour envoya leurs enfants ch^cha*, par delà les mers, dans les solitudes de l'Australie, les moyens d'^stence que leur refusent les dominateurs du sol natal*.

Aussi, à l'occasion des derniers événements et d'interpellations au sein du parlement, relatives à Fannexion de la Savoie à la France, une voix s'est élevée

«VoimoieD.

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du groupe des députés irlandaiSy qui a averti le gouvernement de la Reine que, le jour où le joug des Anglais leur serait intolérable, les Irlandais savaient, par l'exemple des Savoisiens et de ritalie, le droit qu'ils avaient de se séparer de leurs oppresseurs et de se choisir d'autres maîtres : avertissement sinistre, que raristocratie britannique fera sagement de méditer et de mettre à profit, avant qu'elle ne soit exposée à entendre le mot fatal que prononçaient naguère les peuples des Deux- Sieiles : (n 11 est trop tardl »

Mais là n'est point encore la cause réelle et, si je puis dire, pratique, de l'opposition de l'Angleterre au mouvement qui emporte les États modernes dans une voie de régénération. Ses hommes politiques pressentent peutêtre que Tapplication du principe des nationalités, en admettant même qu'il n'entraînât pas la diminution de son empire^ ne saurait, en aucun cas» lui profiter, sa position insulaire ne lui permettant aucun agrandissem^t territorial en Europe; qu'en amenant la formation de grands États sur le continent, ce principe b ferait descendre à une position d infériorité relative, à laquelle Torgu^l britannique ae résignerait difficile^ ment ; et qu'alors se réaliserait ce mot récent d'un publiciste anglais : « Notre rêve est fini» »

La question qui s'agite est donc, pour l'Angleterre, celle 4e ia conservation ou de la perte sans retour de son rang parmi les puissances de premier ordre, et l'on

DO miNcims

comprend, iès lors, qu'elle la discute avec tant de

chalejur et tant d'âpre té.

Mais, la logique lui fai( ici dé£iiut, et Ton ne peut s empêcher de remarquer rargumentation embarrassée, le niveau peu élevé et la diffusion de style, des dépêches de lord John Russell sur ce sujet, surtout si on les rap- . proche de l'énergique concision et de la netteté saisissante de ses lettres sur lltalie, où l'on sent la hbre expression d'une âme droite» sincère, et dédaigneuse des formes compassées en usage dans les chancelleries.

Comment justifier, en effet, le rejet, quant à la Savoie, du principe qu'on admettait hier à l'égard des duchés italiens? Il faut beaucoup de phrases et un grand nombre de faibles arguments pour répondre à cette simple mais péremptoure objection.

Le Piémont a été, lui, plus conséquent dans cette grave et décisive conjoncture. Quelques espritsà courte vue contestaient l'application au comté de Nice et à la Savoie du principe des nationahtés, qui fait seul aiyour* d*huî la force du gouvernement sarde en Italie, légitime ses hardiesses, et les couronne de succès. Mais, les hommes doués du s^s politique ne s'y sont pas trompés. M. de Gavour, dans ses éloquentes réponses aux interpellations sur le traité de cession, et M. Garutti, dans un remarquable discours prononcé pour justifier cet acte, ont montré nettement la soUdarité qui l'unit à la constitution du royaume itaËen.

Enfin, le roi Victor-Emmanuel, dans une proclamation aux habitants des deux provinces cédées, rappelle expressément les affinités qui les rattachent â Is famille française : « Je ne pouvais, dit le prince, méconnaître » que le développement du commerce, te rapidité et » la facilité des communications augmentaient^ chaque » jour davantage, Timportarice et le nombre des rap- » ports de la Savoie et de Nice avec la France. Je n'ai » pu oublier enfin que de grandes affinités de raees^ de » langage et de mœurs rendent ces rapports de plus en » plus intimes et naturels * . »

En résumé, dans cette grande lutte, dont FEurope est le théâtre, la France etrAutriche sont les deux antagonistes, la première soutenant à la fois le principe des nationalités et celui de la souveraineté populaire, l'autre les combattant au nom du droit de la conquête et de la légitimité.

La Russie et la Prusse, peu sympathiques, sinon

hostiles, â Tidée de la souveraineté populaire, sont,

d'après les calculs de leur ambition, favorables au principe de l'indépendance des races.

L'Angleterre, au contraire, favorable à l'idée du gouvernement des peuples par eux-mêmes, est, par . intérêt, hostile au principe des nationalités.

Tels sont les rôles départis à chacune des grandes individualités que Dien ftài mouvoir sur te scène poli-«

' Proclamation du l** avril 1860.

tique. En les caractérisant comme nous venons de le faire, on donne la clef de beaucoup d'actes et de diverses attitudes, qui, sans cela, s'expliqueraient difficilement et paraîtraient même contradictoires.

D nous a paru qu'il importait, à la veille de la lutte décisive qui doit s'engager prochainement peut-être, de montrer de quel côté sont les champions de chacun des principes opposés qui se disputent le monde européen.

GHAPITRË V.

Des conséquences prochaines de l'application du principe des nationalités, aa point de vue de ladistributioadesËtats de l'Europe. — Slaves et Nadgyares. ; — Races tarlare et finnoise; empire de Russie. — Hellènes ; royaume byianlin, avec C.onstantinoplo pour capitale. — Germains; em[»ire allemand. — Groiii»(' Scandinave : Danomarck, Suède ctNorwége. — Anglo-Saxons; Gaels d'Ecosse, du pays do Galles et d'Irlande. — Ibères ; Espagne et Portugal. — Italiens : la péninsule entière soumise au roi d'Italie; du pouvoir temporel du pape : perpùtuilé du Saint-Siège à Rome; devoir et intérêt de la France dans la ([uestion italienne. — Gaulois; l'empire français; anciennes limites de la Gaule : le Rhin, les Alpes, les Pyrénées et l'Océan ; témoignages de la nationalité gauloise au moment de la conquête romaine; dictature de Vereiogétorix; benunage de Céiar an patriotiime gaulois; persistance de cette oationallté aous les Eomains, et pendant le moyen âge; guerre oootre lea Anglaia. >- La commnnaoté d*ongine et d*inatinots, préférable à celle da langage. La Sniiee : eaQ868d*oppoBition8 paangèrea. — La France ne poursuivra points parla foro^ la réunion des provinces détachées de son antique patrimoine ; elle en subordonne le retour à la libre volonté des peuples. — Appel à la nation allemande.

Si nous avons démontré la puissance du principe dominant de la politique cimtemporaine, la teadanoe irrésistible des nations à se reconstituer; si Ton admet avee nous la situation précaire de certains États^

composés d'éléments hétérogènes et sans lien entre

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